

© Robert Doisneau, Les petits pains de Picasso, 1952
Rester assise à une terrasse, par un jour de grand soleil, et observer les gens passer, discuter, lire, passer ainsi le temps, c’est une des activités que je préfère. J’aime regarder les gens autour de moi et déceler des signes, des particularités : un sourire, un regard, une façon de marcher, de se tenir à table, de garder un livre entre les mains. Dénicher dans le quotidien des détails rayonnants de beauté. Bribes de beauté dans le banal. Hier, attelée à la tâche, confortablement assise au soleil à côté de la rue Mouffetard, j’ai sursauté de joie en découvrant, deux tables plus loin, une main quasi géante, une forme si puissante, un volume si rare. On aurait dit une main de ces personnages de Picasso. En faire la correspondance avec le portrait du peintre pris par Doisneau où ses doigts sont ironiquement suggérés par des petits pains était bien trop tentant.
Restare seduta ad una terrazza, in un giorno di sole e osservare la gente passare, chiacchierare, leggere, passare il tempo, è una delle attività che preferisco. Mi piace guardare la gente attorno a me e raccogliere dei segni, delle particolarità : un sorriso, uno sguardo, un modo di camminare, di stare a tavola, di tenere un libro tra le mani. Scovare nel quotidiano dei dettagli raggianti di bellezza. Frammenti di bellezza nel banale. Ieri, intenta in questa occupazione, confortevolmente seduta al sole vicino alla rue Mouffetard, ho sussultato di gioia scoprendo a due tavolini da me una mano quasi gigante, une forma così potente, un volume così raro. Sembrava una mano di quei personaggi di Picasso. Farne la corrispondenza con il ritratto del pittore preso da Doisneau in cui le dita sono ironicamente suggerite da dei piccoli pani era fin troppo invitante.
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