Trous normands 3. Trouville

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Maree. Mare che fugge all’orizzonte, spiaggia, sabbia abbandonata. Tracce effimere di pneumatici e passi d’uomo disegnano percorsi sulla sabbia bagnata, terra riemersa alla luce. Fino alla prossima marea. Creazione e distruzione. Farsi e disfarsi di cammini. Farsi e disfarsi di linee, creazioni del caso. Tracce volubili della ciclicità della natura. Land art, con-fusione di segni dell’uomo e della natura.

Marées. Mer qui s’enfuit à l’horizon, plage, sable abandonné. Traces éphémères de pneus et de pas humains dessinant des parcours sur le sable mouillé, terre émergée à nouveau à la lumière. Jusqu’à la prochaine marée. Création et destruction. Faire et défaire de chemins. Faire et défaire de lignes, créations du hasard. Traces volubiles des cycles naturels. Land art, con-fusion de signes de l’homme et de la nature.

Trous normands 2. Villerville

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Villerville. Ruelle qui descend paisible vers la mer, au croisement je suis foudroyée par une espèce de vision, de madeleine proustienne : le Cabaret Normand. Je plonge dans l’atmosphère fumeuse et pluvieuse d’Un singe en hiver. Le français maché râleur de Jean Gabin et le flamenco de Jean-Paul Belmondo.

Villerville. Strada che scende verso il mare, all’incrocio vengo fulminata da una specie di visione, di madeleine proustiana : il Cabaret Normand. Mi immergo nell’atmosfera fumosa e piovosa di Un singe en hiver. Il francese masticato râleur di Jean Gabin e il flamenco di Jean-Paul Belmondo.

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extraits d’Un singe en hiver, un film de Henri Verneuil, 1962.

Trous normands * 1. Cricqueboeuf

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Cricquebœuf, commune française situé dans le département du Calvados et la région Basse-Normandie. De source scientifique (Wikipédia) : nom d’origine scandinave sans rapport avec « bœuf », devrait s’écrire Cri(c)quebeuf comme les lieux analogues de Seine-Maritime et de l’Eure. Du scandinave kirkja = église et du scandinave both/buth = baraque. Conflit inconciliable entre la science (étymologique dans ce cas) et les légendes populaires (mixte de bon sens et d’analyse et synthèse d’une expérience de la réalité). La narration change drastiquement de signe quand l’explication vient d’une indigène : sur la côte il y avait anciennement (« c’est les anciens qui nous racontent… ») une crique où l’on élevait des bœufs. La mer ayant emporté le pré, il n’y a plus ni de crique ni de bœufs. Ainsi, la mer est en train d’emporter avec soi, patiemment, les blocus nazis, présences lugubres d’un proche passé, aujourd’hui refuge de jeunes noctambules et fêtards locaux. Partagée entre cartésianisme et religiosité naïve, je reste du côté de l’imagination, c’est-à-dire des bœufs.

Cricquebœuf, comune francese situato nel dipartimento del Calvados e nella regione della Basse-Normandie. Da fonte scientifica (Wikipedia France): l’origine del nome è scandinava, senza nessun rapporto con « bœuf » (bue), dovrebbe scriversi Cri(c)quebeuf come le località analoghe della Seine-Maritime e dell’Eure. Dallo scandinavo Kirkja = chiesa et dallo scandinavo both/buth = baracca. Conflitto inconciliabile tra scienza (in questo caso etimologica) e leggende popolari (misto di buon senso, analisi e sintesi di un’esperienza della realtà). La narrazione cambia drasticamente di segno quando la spiegazione viene da un’indigena: sulla costa c’era anticamente (« sono gli avi che lo raccontano… « ) una cala (crique) dove si allevavano dei buoi (bœufs). Il mare ha portato via il prato e non ci sono più né la cala ne i buoi. Così, il mare sta portando via con sé, pazientemente, i blocchi (bunker) nazisti, presenze lugubri di un vicino passato, oggi rifugio di giovani nottambuli e di festaioli locali. Divisa tra cartesianismo e religiosità naïve, resto dalla parte dell’immaginazione, ovvero dalla parte dei buoi.

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Tapis de moules sur la plage de Cricquebœuf, un tableau à la Damien Hirst (Infanticide, 2006. Mouches et résine sur toile).

Tappeto di cozze sulla spiaggia di Cricquebœuf, un quadro alla Damien Hirst (Infanticide, 2006. Mosche e resina su tela).

* trous normands: gioco di parole tra trou normand (digestivo a base di calvados) e trou (buco, a indicare anche delle piccole località) normands (in Normandia, per l’appunto)…

Sticker rupestre

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Rue Saint-Martin, Paris 4ème

Graffiti entre préhistoire et modernité, de la grotte à la rue : une silhouette d’animal de construction vaguement cubiste, le ventre fleuri : des branches et des feuilles y poussent. Graffiti urbain qui retourne à ses sources primitives, les traits secs et le sujet anciens de milliers d’années prenant la forme moderne de l’affichage. Expression primordiale qui renaît dans la ville.

Graffiti tra preistoria e modernità, dalla grotta alla strada: una silhouette d’animale dalla costruzione vagamente cubista, la pancia fiorita: ci crescono dei rami e delle foglie. Graffiti urbano che ritorna alle sue origini primitive, i tratti secchi e il soggetto vecchi di millenni, prendendo la forma moderna dell’affichage. Espressione primordiale che rinasce nella città.

Délires esthétiques d’été

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Rue Saint-Martin, Paris 4ème

Il limite tra l’arte e la realtà si assottiglia paurosamente, da quando l’arte ha abbandonato il suo white cube. Nasce la difficoltà della scelta interpretativa sul mondo verso uno dei due sensi, dalla parte del reale o dell’arte, una scelta sempre più difficile per l’occhio addomesticato esteticamente. Perversità dello « sguardo estetico » (che interpreta esteticamente il mondo) o ambiguità del reale? La scelta è ambigua e necessaria al tempo stesso e l’interpretazione fondamentale per il senso delle cose: perché lo sguardo estetico sul mondo ne stravolge il senso e ne sconvolge i rapporti. L’arte riproduce gli schemi e i meccanismi del mondo contemporaneo o il mondo contemporaneo ha assunto modelli e schemi delle arti e dello spettacolo? Per l’occhio estetico tutte le immagini si presentano come costruzioni problematiche da analizzare e le situazioni vissute (con distacco) come performances.

Queste riflessioni sorgono di fronte all’affichage ripetuto e ossessivo di una foto (fotocopia? sticker?), il volto di un ragazzo, nelle strade del Marais. La prima reazione, d’istinto, è quella di una spettatrice di fronte ad un gesto dalla volontà artistica. Ma il dubbio s’insinua l’attimo dopo. Il medium e la forma scelti sono ambigui. Potrebbe benissimo trattarsi di una persona scomparsa che qualcuno sta cercando o di una qualsiasi altra situazione drammatica o di uno scherzo tra amici. O è un’artista o è un gesto inconsapevolmente artistico. O è il segno di una tragedia in atto. Forse il mio sguardo esageratamente estetico è ormai giunto a livelli di perversità massima. Tutto sta nell’interpretazione. Duro challenge della contemporaneità.

La limite entre l’art et la realité s’effile terriblement, depuis que l’art a quitté son white cube. La conséquence est la naissance d’une difficulté du choix interprétatif sur le monde entre un des deux sens, du côté du réel ou de l’art, un choix encore plus difficile pour l’œil esthétiquement apprivoisé. Perversité du « regard esthétique » (qui interprète esthétiquement le monde) ou ambiguïté du réel ? Le choix est ambigu et nécessaire en même temps et interprétation fondamentale dans le sens des choses : parce que le regard esthétique du monde en bouleverse le sens et les rapports. L’art reproduit les schémas et les mécanismes du monde contemporain ou le monde contemporain a assumé les modèles et les schémas des arts et du spectacle ? Selon l’œil esthétique, toutes les images se présentent comme des constructions problématiques à analyser et les situations vécues (de façon détachée) comme performances.

Ces réflexions surgissent face à l’affichage répété et obsessif d’une photo (photocopie ? sticker ?), le visage d’un jeune, dans les rues du Marais. La première réaction, instinctive, est celle d’une spectatrice face à un geste d’une volonté artistique. Mais le doute s’insinue un instant après. Le médium et la forme choisis sont ambigus. Il pourrait s’agir parfaitement d’une personne disparue que quelqu’un est un train de chercher ou de n’importe quelle autre situation dramatique ou d’une blague entre amis. Sois c’est un artiste, sois c’est un geste inconsciemment artistique. Sois c’est le signe d’une tragédie en acte. Peut-être mon regard excessivement esthétique a atteint désormais le summum de la perversité. Tout est dans l’interprétation. Le dure challenge de la contemporanéité.

Bleu blanc rouge

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14 juillet. Liberté égalité fraternité. Bleu blanc rouge.

Anna Karina dans Une femme est une femme de Jean-Luc Godard, 1961