Le sécessionisme prolétaire parisien

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Rue Broca, Paris 13ème

Seguendo le tracce del lento riversarsi del museo verso la strada, incontro un ritratto di Gustav Klimt rivisitato da Artiste-ouvrier (artista operaio). Mi colpisce il contrasto stridente fra l’eleganza ornamentale degli ori e delle stoffe, degli accostamenti cromatici di un preziosismo da mosaico bizantino dell’opera originale e la reinterpretazione da parte di un artista (autoproclamatosi proletario e quindi in aperto conflitto) su un muro di strada. Eseguito attraverso uno stampo, il graffito policromo ricrea l’atmosfera caleidoscopica originaria ma gli inserti armonici, l’accostamento sofisticato di zone di colore e di materia di Klimt sono qui sostuiti da dei tagli, gesti e movimento di una violenza alla Van Gogh con un risultato punk-gotico. Le immagini di stanca eleganza aristocratica sopravvivono come decoro urbano nella città del XXI secolo.

En suivant les traces du lent déversement du musée vers la rue, je rencontre un portrait par Gustav Klimt revu par Artiste-ouvrier. Je suis frappée par le contraste criard entre l’élégance ornementale des ors et des tissus, des associations chromatiques à la préciosité d’une mosaïque byzantine de l’œuvre originale et l’interprétation de la part de l’artiste (qui s’autoproclame prolétaire et qui est donc en conflit ouvert) sur un mur de rue. Pochoir polychrome, il recrée l’atmosphère  kaléidoscopique originaire mais les insertions harmoniques, le rapprochement sophistiqué de zones de couleurs et de matières de Klimt sont ici remplacés par des fissures, des gestes de coupure et mouvement d’une violence à la Van Gogh avec un résultat punk-gothique. Les images d’une élégance aristocratique désormais fatiguée survivent comme décor urbain dans la ville du XXI siècle.

PS.

Sullo stato della street art e dei graffiti in Italia: interessanti quanto sconfortanti aggiornamenti qui. Sur le statut du street art et des graffiti en Italie: une mise à jour intéressante et désespérante ici.

Il bimbo fenice

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Rue Colbert, Paris 2ème

Un bimbo sorge come un fantasma dal fondo di una nicchia della rue Colbert e fissa i passanti con uno sguardo triste. L’arco inquadrava una finestra su strada. La finestra è oramai chiusa con un pannello di legno, conserva le tracce di un incendio: la finestra murata è diventata nicchia, cornice in cui ci si aspetterebbe un’immagine votiva, tipo una Madonna con bambino, un qualsiasi santo, qualche fiore, forse un cero. E invece, questo bimbo benvestito di bianco, un bimbo di inizio secolo scorso, la posa classica da fotografia ufficiale, questa sagoma di carta, immagine pixelata, figura che potrebbe sparire da un momento all’altro. Il bimbo fenice, è una sorta di spirito che sembra risorgere dalle ceneri. Lo sguardo di rimprovero non smette di interrogare, non ci lascia tranquilli e insinua una sottile inquietudine. E una sensazione di déjà-vu, sono sicura di conoscere già quel bambino, di averlo già visto. Ma non so chi è. La street art e le immagini ossessive. Wanted, ditemi chi è.

Un enfant ressurgit comme un fantôme du fond d’une niche de la rue Colbert et fixe les passants avec un regard triste. L’arc encadrait une fenêtre sur rue. La fenêtre est désormais fermée par un panel en bois, elle garde les traces d’un incendie : la fenêtre condamnée est devenue une niche, un cadre où on s’attendrait d’y trouver une image sainte, genre une Madone avec l’enfant, un Saint quelconque, quelques fleurs, peut-être un cierge. Et non, on y voit cet enfant bien vêtu, en blanc, un enfant du début du siècle dernier, la pose classique de photographie officielle, cette silhouette de papier, image pixelée, figure qui pourrait s’évanouir d’un moment à l’autre. L’enfant-phœnix est une sorte d’esprit qui semble ressurgir des cendres. Le regard de reproche n’arrête pas d’interroger, il ne  nous laisse pas tranquilles et insinue une subtile inquiétude. Et une sensation de déjà-vu, je suis sûre de connaître déjà cet enfant, de l’avoir déjà vu. Mais je ne sais pas qui est-il. Le street art et les images de hantise. Wanted, dites-moi qui est-il.

La vie des formes

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Si j’étais Picasso. Cups 4 me (Hommage à Jasper Johns), 2009

Une image peut en cacher une autre ou la vie des formes. Les images sont des formes vivantes, complexes. Elles abritent la complexité de la réalité tout en la problématisant, en l’enrichissant de nouvelles problématiques (Escher, Hockney). Les images s’inspirent de la nature et la fusion entre éléments naturels et humains est tellement dense que la frontière entre les deux univers demeure difficile à tracer, les objets nous confondent : les veines d’un marbre rassemblent à des corps humains mettant en scène des représentations, les œuvres des hommes recréent les formes de la nature. Pas rassurantes, leur sens n’est jamais univoque, souvent équivoque. Des formes peuvent en abriter des autres. Les formes naturelles prennent des apparences humaines dans les tableaux et des visages humains peuvent être composés par des éléments végétales (Arcimboldo). Les images peuvent être tout et leur contraire. Elles ne sont jamais ce que l’on croit voir. Peuvent cacher leurs intentions entre les plis, elles nous demandent un effort. Elles nous bouleversent, en nous permettant de regarder aux choses d’un point de vue inédit. Un changement de perspective suffit à en bouleverser la vision et la signification (Dalì, Raetz). Les images sont un jeu, demandent à être découvertes et décodées. Jean-Hubert Martin invite le spectateur à jouer et à se laisser ensorceler, les yeux bien ouverts.

Un’immagine ne può nascondere un’altra ovvero la vita delle forme. Le immagini sono delle forme viventi, complesse. Esse custodiscono la complessità della realtà problematizzandola al tempo stesso, arricchendola di nuove problematiche (Escher, Hockney). Le immagini si ispirano alla natura e la fusione tra gli elementi naturali e umani è talmente densa che il confine tra i due universi rimane difficile da tracciare, gli oggetti ci confondono: le vene del marmo assomigliano a dei corpi umani mettendo in scena delle rappresentazioni, le opere degli uomini ricreano le forme della natura. Per nulla rassicuranti, il loro senso non è mai univoco e spesso equivoco. Delle forme possono custodirne delle altre. Le forme naturali prendono delle sembianze umane nelle pitture e i volti umani possono essere composti di elementi vegetali (Arcimboldo). Le immagini possono essere tutto e il suo contrario. Non sono mai quello che sembrano. Possono nascondere le loro intenzioni tra les pieghe, ci chiedono uno sforzo. Ci sconvolgono, permettendoci di guardare alle cose da un punto di vista inedito. Un cambiamento di prospettiva è sufficiente per rivoluzionare la visione e il suo significato (Dalì, Raetz). Le immagini sono un gioco, chiedono di essere scoperte e decodificate. Jean-Hubert Martin invita lo spettatore a giocare e a lasciarsi ammaliare, ad occhi ben aperti.

Une image peut en cacher une autre, Grand Palais, Paris 8ème du 8 avril au 6 juillet 2009

Louvre underground

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Rue de Lancry, Paris 10ème

Quand l’art urbain défie l’art officiel, quand le musée débarque dans la rue, une galerie du Louvre peut s’improviser sur un pan de mur du Canal Saint-Martin. Le jeu du street art entre l’artiste, le support et le temps, se complique ultérieurement : la confrontation avec le modèle est obligatoire (et quasi toujours sanglante) et l’environnement rentre avec force dans l’œuvre. L’approche avec les maîtres officiels de l’histoire de l’art est souvent irrévérencieuse, l’esprit est celui de la dérision et de l’ironie : sorte de tentative d’assassinat de l’aura de ces œuvres-icônes masquée en hommage artistique. L’environnement complique ensuite la signification et la perception de l’image. Ainsi, Le Radeau de la Méduse de Géricault re-vu par par Jérôme Mesnager glisse doucement sur la rive du canal, transporté par les eaux placides et son drame touche à sa fin. À ses côtés la Joconde siège, imperturbable comme d’habitude, insaisissable mais équipée à toute éventualité, même à l’exondation : l’artiste l’hommageant élégamment d’un tube pour respirer dans l’eau et l’échelle étant à portée de main pour s’envoler soudainement.

Quando l’arte urbana sfida l’arte ufficiale, quando il museo approda sulla strada, una galleria del Louvre può essere improvvisata su un pezzo di muro del Canal Saint-Martin. Il gioco della street art tra l’artista, il supporto e il tempo, si complica ulteriormente: il confronto con il modello è obbligatorio (e quasi sempre sanguinoso) e l’environnement entra con forza nell’opera. L’approccio con i maestri ufficiali della storia dell’arte è spesso irriverente, lo spirito è quello della derisione e dell’ironia: sorta di tentativo di omicidio dell’aura di opere-icone mascherata da omaggio artistico. L’environnement complica in seguito il significato e la percezione dell’immagine. Così, La zattera della Medusa di Géricault rivista da Jérôme Mesnager scivola dolcemente sulla riva del canale, trasportata dalle acque placide e il suo dramma giunge così alla fine. Accanto, la Gioconda campeggia, imperturbabile come al solito, misteriosa ma equipaggiata per ogni eventualità, anche all’esondazione: l’artista omaggiandola elegantemente di un boccaglio per respirare sott’acqua e la scala a portata di mano per fuggire improvvisamente.

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