
Rue des Martyrs, Paris 18ème
« Il y a des fleuves métaphysiques, mais c’est elle qui les nage comme cette hirondelle nage en l’air, tournant fascinée autour du clocher, se laissant tomber pour mieux rebondir avec l’élan. Je décris, je définis et je désire ces fleuves, elle les nage. Je les cherche, je les trouve, je les regarde du haut du pont, elle les nage.» Julio Cortazar, Marelle (Rayuela)
« Ci sono fiumi metafisici, lei vi nuota come quella rondine nuota nell’aria, girando allucinata intorno al campanile, lasciandosi cadere per poi alzarsi più alta di slancio. Io descrivo e definisco e desidero quei fiumi, lei vi nuota. » Julio Cortazar, Il gioco del mondo (Rayuela)

Au Pavillon Carré Baudoin, la mairie du 20ème arrondissement de Paris rend hommage à ses artistes de rue et leur consacre une expo : Nemo, Jérôme Mesnager (déjà rencontré ici au Canal Saint-Martin), Mosko et associés (Michel Allemand et Gérard Laux) et Gérard Faure, photographe de leurs errances. Témoignage touchant, exemple d’intégration entre les artistes, le quartier et ses habitants. Réelle affection, tendre gratitude envers une forme de street art certes très lyrique. Poésie visuelle qui s’empare des quartiers afin de surmonter la grisaille, les bâtiments délabrés, les murs crevés. En une opération quasi filantro-humanitaire. Artistes comme anges gardiens qui sèment de grains de poésie sur les murs, pour rendre moins pénible, plus humain le quotidien. Arracher un sourire dans le passant, activer l’imagination. Jusqu’à devenir une présence amicale, créer un rapport de muette complicité avec le publique. Nemo, Chagall parisien au pochoir, avec sa silhouette noire énigmatique du Monsieur au chapeau, voyageur onirique qui arpente les murs, prêt à s’envoler au premier souffle de vent avec son parapluie et sa valise. Jérôme Mesnager avec ses corps blancs, purs squelettes acrobates, peintre métaphysique descendu à la rue. Mosko et associés avec leurs animaux d’une savane multicolore. Quand l’art contemporain peut encore être politique et populaire.
Al Pavillon Carré Baudoin, il comune del ventesimo arrondissement di Parigi rende omaggio ai suoi artisti di strada e consacra loro una mostra: Nemo, Jérome Mesnager (già incontrato qui, sulle rive del Canal Saint-Martin), Mosko et associés (Michel Allemand et Gérard Laux) e Gérard Faure, fotografo delle loro erranze. Testimonianza toccante, esempio di integrazione tra gli artisti, il quartiere e i suoi abitanti. Reale affetto, tenera gratitudine verso una forma di street art certo particolarmente “lirica”. Poesia visiva che s’impossessa dei quartieri per sormontare il grigio, gli edifici devastati, i muri cadenti. In un’operazione quasi filantropico-umanitaria. Artisti come angeli custodi che seminano granelli di poesia sui muri, per rendere meno penoso, più umano il quotidiano. Strappare un sorriso ai passanti, attivare l’immaginazione. Fino a diventare una presenza amica, a creare un rapporto di tacita complicità con il pubblico. Nemo, Chagall parigino, con la silhouette nera enigmatica dell’Uomo col cappello, viaggiatore onirico che percorre i muri, pronto a spiccare il volo col suo ombrello e la valigia. Jérôme Mesnager con i suoi corpi bianchi, puri scheletri acrobati, pittore metafisico sceso per strada. Mosko et associés con i loro animali di una savana multicolore. Quando l’arte contemporanea può ancora essere politica e popolare.






Art urbain. Mesnager, Mosko et associés, Nemo et Gérard Faure photographe, Pavillon Carré de Baudoin du 15 mai au 29 août 2009, 121 rue de Ménilmontant, Paris, 20ème

La vie romantique, objet volatile de musée, au Musée de la Vie Romantique : les objets, les tableaux sont le décor, le vrai objet conservé est ce je-ne-sais-quoi de « romantique ». Romantisme dans sa version édulcorée, moins sublime et plus lyrique. C’est l’air qu’on y respire. L’intime et le recueilli. C’est l’air de Chopin qui flotte sur les souvenirs de George Sand, un clin d’œil aux sentimentaux. Ce sont les velours colorés, de ces couleurs chaudes, les papiers peints aux murs – très british, ce genre bien précis de kitsch qui rappelle universellement maison. Les tapis qui adoucissent chaque pas. C’est la citronnade au salon de thé dans le jardin. Ce sont moins les verres en plastique où la citronnade est servie. Encore moins la paille en plastique avec laquelle on sirote nonchalamment la citronnade. Ce sont plus les chaises et les tables en fer battu, à l’ombre des feuillages. C’est un saut dans le temps, presque parfait.
La vita romantica, oggetto volatile da museo, al Musée de la Vie Romantique: gli oggetti, i dipinti sono il decoro, il vero oggetto che vi si conserva è quel “non so che” di “romantico”. Romanticismo nella sua versione più edulcorata, meno sublime e più lirico. È nell’aria che si respira. L’intimo e il raccoglimento. È l’aria di Chopin che aleggia sui ricordi di George Sand, una strizzatina d’occhio ai sentimentali. Sono i velluti colorati, i colori caldi, la carta da parati sui muri, molto british, quel genere speciale di kitsch che ricorda universalmente casa. I tappeti che ammorbidiscono ogni passo. È la limonata nel salone da tè nel giardino. Lo sono meno i bicchieri di plastica in cui la limonata è servita. Ancora meno la cannuccia in plastica con cui si sorseggia con nonchalance la limonata. Lo sono di più le sedie e i tavoli in ferro battuto, all’ombra delle foglie. È un salto nel tempo quasi perfetto.





Musée de la Vie Romantique, 16 rue Chaptal, Paris 9ème arrondissement

Ci sono persone che sembrano portare dentro di sé più tempi, più epoche. Come la signora alla stazione di Trouville, l’attesa nello sguardo, fisso e in viaggio al tempo stesso, proiettato verso il futuro, il viso immobile. La stessa attesa, lo stesso tempo sospeso del quadro di Carpaccio conservato al Museo Correr di Venezia, dipinto verso il 1490: due dame attendono gli sposi a caccia (secondo la lettura di Augusto Gentili). Stesso profilo, stessa capigliatura. Stessa solitudine. Ma. Un’altra epoca. Un’altra moda. Un’altra dimensione, la modernità: lo spazio dell’attesa non è più uno spazio interiore, intimo, la casa, ma uno spazio pubblico, impersonale e transitorio. Un nonluogo: la stazione. Nello sguardo la stessa noia, la stessa attesa immota.
Il y a des personnes qui semblent porter en elles plusieurs temps, plusieurs époques. Comme la dame de la gare de Trouville, l’attente dans le regard, figé et en route en même temps, projeté vers l’avenir, le visage immobile. La même attente, le même temps suspendu du tableau de Carpaccio conservé au Musée Correr de Venise, peint vers 1490 : deux dames, assises, attendent leurs époux partis à la chasse (selon la lecture qui nous donne Augusto Gentili). Le même profil, la même coiffure. La même solitude. Mais. Une autre époque. Une autre mode. Une autre dimension, la modernité : l’espace de l’attente n’est plus l’espace intérieur, intime de la maison, mais l’espace public, impersonnel et transitoire. Un non-lieu : la gare. Dans le regard, le même ennui, la même attente immobile.

Rue Charlot, Paris 4ème
Figé à l’entrée, statuaire, insaisissable, il garde le seuil, un sphinx moderne pop, bobo chic. Il regarde le nouveau venu de son œil voilé parmi les plis de sa peau poilue, questionnement muet. L’énigme (pop) c’est du non-dit, la réponse (pop) est sur le seuil. Amour.
Amour, tag dispersé dans tout Paris dont l’auteur est Jean-Luc Duez, certains en sont intrigués, d’autres l’ont interviewé.
Immobile all’entrata, statuaria, imperscrutabile, custode della soglia, una sfinge moderna pop, bobo chic. Scruta il nuovo venuto con l’occhio velato tra le pieghe della sua pelle pelosa, muto questionare. L’enigma (pop) è nel non-detto, la risposta (pop) è sulla soglia. Amour.
Amour, tag sparso in tutta Parigi, il cui autore è Jean-Luc Duez, alcuni ne sono intrigati, altri lo hanno intervistato.
commenti