dametrouville_carpaccio

Ci sono persone che sembrano portare dentro di sé più tempi, più epoche. Come la signora alla stazione di Trouville, l’attesa nello sguardo, fisso e in viaggio al tempo stesso, proiettato verso il futuro, il viso immobile. La stessa attesa, lo stesso tempo sospeso del quadro di Carpaccio conservato al Museo Correr di Venezia, dipinto verso il 1490: due dame attendono gli sposi a caccia (secondo la lettura di Augusto Gentili). Stesso profilo, stessa capigliatura. Stessa solitudine. Ma. Un’altra epoca. Un’altra moda. Un’altra dimensione, la modernità: lo spazio dell’attesa non è più uno spazio interiore, intimo, la casa, ma uno spazio pubblico, impersonale e transitorio. Un nonluogo: la stazione. Nello sguardo la stessa noia, la stessa attesa immota.

Il y a des personnes qui semblent porter en elles plusieurs temps, plusieurs époques. Comme la dame de la gare de Trouville, l’attente dans le regard, figé et en route en même temps, projeté vers l’avenir, le visage immobile. La même attente, le même temps suspendu du tableau de Carpaccio conservé au Musée Correr de Venise, peint vers 1490 : deux dames, assises, attendent leurs époux partis à la chasse (selon la lecture qui nous donne Augusto Gentili). Le même profil, la même coiffure. La même solitude. Mais. Une autre époque. Une autre mode. Une autre dimension, la modernité : l’espace de l’attente n’est plus l’espace intérieur, intime de la maison, mais l’espace public, impersonnel et transitoire. Un non-lieu : la gare. Dans le regard, le même ennui, la même attente immobile.