Le street art s’évade

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Le street art s’évade de la ville, suit la vague vacancière vers la verdoyante Puisaye, jusqu’ aux Rencontres Contemporaines à Treigny. Le Tour de Franck est une exposition qui réunit l’artiste FKDL (Franck Duval) et ses invités Artiste-Ouvrier (déjà-vu parisien) et Titi From Paris. Cocktail urbain, la rencontre provoque une explosion créative qui s’éparpille sur le site en s’appropriant de l’espace. L’exportation en pleine campagne du processus « envahisseur » d’origine urbaine du street art et de son language se mesure (et se heurte) avec la dense présence de la nature et de ses couleurs éclatantes (contre le gris et les murs qui encerclent et déshumanisent la ville). Le caractère instinctif et primitif du street art, la nécessité « animale » de marquer son propre territoire à travers la couleur et la ligne se révèlent ici encore plus frappants. Les artistes envahissent l’espace, de l’intérieur à l’extérieur, en le disséminant des signes qui les identifient, chacun différent de l’autre, chacun pourtant partageant la même expérience. Le contraste entre les signes urbains, prévaricateurs, et la nature luxurieuse, où l’architecture du centre d’art, enveloppée dans la végétation s’y trouve fusionnée en une confusion de signes humains et naturels, cause un court-circuit vertueux : décalé, subtil et amusant à la fois. La nature semble pourtant gagner, patiente souverraine.

La street art evade dalla città, segue l’onda vacanziera verso la verdeggiante Puisaye, fino alle Rencontres Contemporaines di Treigny. Le tour de Franck è un’esposizione che riunisce l’artista FKDL (Franck Duval) e i suoi invitati Artiste-Ouvrier (déjà-vu parigino) e Titi From Paris. Cocktail urbano, quest’incontro provoca un’esplosione creativa che si sparge sul sito, appropriandosi dello spazio. L’esportazione del processus « invasivo » d’origine urbana della street art in piena campagna si misura (e si scontra) con la presenza densa della natura e dei suoi colori eclatanti (contro il grigio e i muri che accerchiano e disumanizzano la città). Il carattere istintivo e primitivo della street art, la necessità « animale » di segnare il proprio territorio attraverso il colore e la linea, si rivelano qui in modo ancora più soprendente. Gli artisti invadono lo spazio, dall’interno all’esterno, disseminandolo dei segni che li identificano, ognuno diverso dall’altro, ognuno ciononostante condividendo la stessa esperienza. Il contrasto tra i segni urbani, prevaricatori, e la natura rigogliosa, dove l’architettura del centro artistico, avvolta nella vegetazione vi si trova « fusa » in una confusione di segni umani e naturali, causa un cortocircuito virtuoso: sfasato, sottile e divertente al tempo stesso. La natura sembra vincere ciononostante, paziente sovrana.

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Silhouette acrobate de FKDL. Silhouette acrobata di FKDL.

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Les stickers armés de Titi From Paris. Gli sticker armati di Titi From Paris.

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Les personnages jazzy d’Artiste-Ouvrier. I personaggi jazzy d’Artiste-Ouvrier.

Le Tour de Franck, Rencontres Contemporaines. La Cour Vieille, Treigny, jusqu’au 23 août 2009. Commissaire et créatrice des Rencontres Contemporaines Monik Etcheverry (que je remercie de son accueil et j’embrasse).

Été

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Cut (Nadja), 2009

Quand une envolée lyrique nous prend. Avec le désir de légèreté, de défier la loi biblique de Samson, de sentir la brise qui nous caresse la tête, de nous tourner punk. Et quand, il n’y a personne pour nous dissuader et nous le faisons vraiment.

Quando ci prende un’envolée lyrique. Insieme al desiderio di leggerezza, di sfidare la legge biblica di Sansone, di sentire la brezza carezzarci la testa, di sentirci punk. E quando, non c’è nessuno a dissuaderci e lo facciamo su serio.

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Honfleur, porto di mare. Volto le spalle al centro storico, esempio post-moderno di conservazione architettonica soprendente quanto artificiale, fragile perché di facciata, svuotata di senso (e di poesia) dal sur-consumo turistico. Anima del luogo smarrita nel flusso ininterrotto di gente. Voltate le spalle, voltato lo sguardo con l’aiuto miracoloso del Passocéan, rotta verso l’oceano: si offre agli occhi uno squarcio di poesia inaspettato. Paesaggio commovente nella sua semplicità, bellezza intaccata. Il faro, i riflessi sull’acqua, una piccola casa, gli alberi, le nuvole più pittoriche che reali: visione fuori dal tempo, come in un quadro olandese di Van Goyen. Impressione di vivere, con gli occhi del passato, un momento di tregua, come se il tempo si fosse fermato a Jongkind.

Honfleur, port de mer. Je tourne le dos au centre historique, exemple post-moderne de conservation architectonique aussi surprenante qu’artificielle, fragile parce que de façade, vidée de sens (et de poésie) par la surconsommation touristique. L’âme du lieu égarée dans le flux ininterrompu de gens. Tourné le dos, tourné le regard avec l’aide miraculeux du Passocéan, route vers l’océan : un moment de poésie inattendu s’offre aux yeux. Un paysage émouvant dans sa simplicité, beauté sans tache. Le phare, les réflexes sur l’eau, une petite maison, les arbres, les nuages plus picturales que réelles : vision hors du temps, comme dans un tableau hollandais de Van Goyen. Impression de vivre, avec les yeux du passé, un moment de trêve, comme si le temps s’était arrêté à Jongkind.

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