Women Are Heroes, un projet de JR qui couvre les quais de l’Île-de-Saint-Louis avec des photographies de femmes en taille monumentale prises entre l’Inde, le Brésil, la Cambodge, le Kenya… Des portraits de femmes en terre de conflits. La femme, dans la vie et entre la mort. Les ponts regardent les passants avec des yeux de femme, transmettent un héroïsme tranquille, silencieux, digne, loin du spectaculaire : contraste qui frappe avec le caractère délibérément imposant, tapageur et spectaculaire de l’installation. Un silence qui crie.
Women Are Heroes, un progetto di JR che copre i lungosenna dell’Île-de-Saint-Louis con delle fotografie di donne, di taglia monumentale, foto prese tra l’India, il Brasile, la Cambogia, il Kenya… Dei ritratti di donne in terre di conflitti. La donna, nella vita e attorno la morte. I ponti guardano i passanti con degli occhi di donna, trasmettono un eroismo tranquillo, silenzioso, degno, lontano dallo spettacolare : contrasto che colpisce con il carattere volutamente imposante, appariscente e spettacolare dell’installazione. Un silenzio che grida.
JR, Women Are Heroes, quais de l’Île-de-Saint-Louis, Paris jusqu’au 2 novembre 2009
La première de Shilpa Gupta à la galerie Yvon Lambert : exposition des œuvres récentes. Des installations hétéroclites. Et un subtil fil rouge, qui les lie. Jeu de contrastes et détournements des messages, entre le langage conventionnel des objets et sa transformation déroutante à travers du processus artistique. Et une menace subtile, fine inquiétude, une peur sous-jacente. Des micros qui ne captent plus les sons, mais qui les transmettent, en se transformant en des haut-parleurs, véhicules de messages. Un livre qui ne peut pas être feuilleté : le risque est de se brûler, le livre est incandescent, interdit. Le « danger » intellectuel, le potentiel caractère subversif du livre devient danger réel, physique. Des signaux qui n’indiquent plus des directions, mais donnent des avertissements, qui sonnent comme des menaces. Une œuvre composée par des savons qui portent dessous gravé un message explicite de « menace » (« THREAT »). Une installation qui joue aussi avec le supposé caractère intouchable (sacrée) de l’art : les visiteurs sont invités au contraire à s’approprier des savons : la menace s’efface ainsi peu à peu, l’œuvre disparaît, ainsi que le savon avec son utilisation.
La première di Shilpa Gupta alla galleria Yvon Lambert: esposizione delle opere recenti. Delle installazioni disparate. E un sottile filo rosso che le lega. Gioco di contrasti e dirottamenti dei messaggi, tra il linguaggio convenzionale degli oggetti e la sua trasformazione sorprendente tramite il procedimento artistico. E una minaccia sottile, una sottile inquietudine, una paura soggiacente. Dei microfoni che non captano più i suoni ma li trasmettono, trasformandosi in altoparlanti, veicoli di messaggi. Un libro che non può essere letto: il rischio è di bruciarsi, il libro è incandescente, vietato. Il “pericolo” intellettuale, il potenziale carattere eversivo del libro diventa pericolo reale, fisico. Dei signali che non indicano più la direzione ma danno degli avvertimenti che suonano come minacce. Un’opera composta di saponi che portano sopra esplicitamente inciso un messaggio di “minaccia” (“THREAT”). Installazione che gioca anche con la supposta intoccabilità (sacrale) dell’arte: i visitatori sono invitati al contrario ad appropriarsi dei saponi: la minaccia si cancella così poco a poco, l’opera sparisce così come il sapone attraverso l’utilizzo.
Shilpa Gupta, Recent Works. Galerie Yvon Lambert, 108 rue Vieille du Temple, Paris 3ème jusqu’au 15 octobre 2009
Ci sono cose che si vorrebbero dimenticare, cancellare con un colpo di straccio. Ma ritornano. La mente ritorna col pensiero e il ricordo, con insistenza, proprio a quelle cose che fanno male. E così, pur avendo cercato di rimuovere, di non parlarne, la mia mente ritorna a Collaudi. Al Padiglione italiano della Biennale. L’attualità politica e le notizie d’oltralpe, ora dopo ora, provocano un cortocircuito continuo che mi impedisce di dimenticare o, semplicemente, di sorvolare. Società e arte. Perché l’arte è il prodotto della società che la crea, anche se spesso la precede. Perché l’arte è politica, anche quando non lo è. L’arte fa politica, anche quando non la fa. E succede che la politica utilizzi l’arte, per plasmarla, e veicolare l’idea del mondo così come lo vorrebbe. E allora si può entrare, come è successo a me, nel Padiglione italiano, nel 2009. E succede di trovarsi di colpo in un universo parallelo, fuori dal mondo e dalla storia. Un inno alla nazione e all’italianità « contemporanea ». Un padiglione italiano al cento per cento. Italianissimo. A partire dai due curatori. I due Beatrice, Luca Beatrice e Beatrice Buscaroli, un nome che rimanda in modo subliminale ad un’italianità lontana, poetica, a delle radici, dantesche. Nel 2009, un omaggio a Tommaso Marinetti. Al futurismo, « unica avanguardia italiana del ’900 » come si annuncia nell’opuscolo illustrativo del Padiglione (e l’arte povera, per esempio?). Come se il tempo non fosse passato. Una reazione rispetto al mondo e alle rivoluzioni occorse in un secolo di storia, di società, di cultura. Sui muri del Padiglione italiano si mostrano pitture figurative, della « bella », classica pittura di « una volta ». Anche se il futurismo e il figurativismo non avevano avuto in comune finora che la rima. Pitture decorative. Confortanti. Il mondo è fuori. La storia è fuori. L’omaggio è all’italianità. E l’Italia di oggi rifugge i cambiamenti e la modernità. L’italianità di oggi è figurativista. Non cavalca i cambiamenti e le rivoluzioni. Così come la società, così l’arte ufficiale. È chiusa in se stessa in un’involuzione che non conosce limiti. Italianissima è la brochure, il tricolore è esposto con fierezza. È un’italianità banalizzata, impoverita, un’immagine stereotipata, sbiadita e grottesca come il menu di una pizzeria pseudo-italiana in giro per il mondo, con una grande bandiera tricolore, qualche foto sbiadita di monumenti e qualche errore di ortografia qua e là. Il Ministro dei beni culturali Sandro Bondi sostiene di non capire l’arte contemporanea. Non facevo fatica a crederci prima, ne ho la certezza ora. Scrivere, per esorcizzare. E ricordare, anche se fa male.
Il y a des choses qu’on voudrait oublier, effacer d’un coup de balai. Mais elles reviennent. L’esprit revient toujours avec insistance, dans le souvenir et la pensée, à ces choses là, celles qui font mal. Ainsi, tout en ayant essayé de le refouler, de ne pas en parler, l’esprit revient à Collaudi. Au Pavillon italien de la Biennale. L’actualité politique et les nouvelles transalpines, heure après heure, provoquent un court-circuit continu qui m’empêche d’oublier, ou tout simplement, de passer outre. La société et l’art. Parce que l’art est le produit de la société qui le crée, même si souvent l’anticipe. Parce que l’art est politique, même quand il ne l’est pas. L’art fait de la politique, même quand il ne le fait pas. Et il arrive que la politique utilise l’art, le façonne, afin de véhiculer l’idée du monde ainsi comme elle le rêve. Et alors il peut arriver de rentrer, comme il m’est arrivé à moi, dans le Pavillon italien, en 2009. Et se retrouver soudainement dans un univers parallèle, en dehors du monde et de l’histoire. Un hymne à la nation et à l’italianité contemporaine. Un pavillon italiano au cent pour cent. Italianissimo. À partir des curators. Les deux Beatrice, Luca Beatrice et Beatrice Buscaroli, un nom qui renvoie de façon subliminale à une italianité lointaine, poétique, à des racines, dantesques. En 2009, un hommage à Tommaso Marinetti. Au futurisme, « la seule avant-garde italienne du XXème siècle », comme il est annoncé dans la brochure illustrative du pavillon (et l’arte povera, par exemple?). Comme si le temps n’était pas passé. Une réaction envers le monde et les révolutions d’un siècle d’histoire, de société, de culture. Sur les murs du Pavillon italien on montre des peinture figuratives. De la « belle », classique peinture « d’auparavant ». Même si le futurisme et le figurativisme n’avaient eu jusqu’à là en commun que la rime. Des peintures décoratives. Paisibles. Le monde est dehors. L’histoire est dehors. L’hommage est pour l’italianité. Et l’Italie d’aujourd’hui refoule les changements et les révolutions. Comme la société, ainsi l’art officiel. Elle est enfermée en soi-même dans une involution qui ne connaît pas de limites. Italianissima est la brochure, le tricolore s’y trouve exposé avec fierté. Il s’agit d’une italianité banalisée, appauvrie, une image stéréotypée, décolorée et grotesque comme un menu d’une pizzéria pseudo-italienne n’importe où dans le monde, avec un grand drapeau tricolore, quelques photos décolorées de monuments et des erreurs d’orthographe ici là. Le Ministre de la culture Sandro Bondi affirme de ne rien comprendre à l’art contemporain. Je pouvais arriver à le croire, avant. Maintenant, j’en suis certaine. Écrire, afin d’exorciser. Et se souvenir, même si ça fait mal.
Collaudi, spiegata da Luca Beatrice, curator. Collaudi, expliquée par Luca Beatrice, curator.
Hystérie collective. État de transe extatique, sans contrôle, sans freins. Des mouvements saccadés, la musique au ralenti. Hystérie nue, privée de son environnement sonore. Il ne reste que le spectateur. Sur l’écran et dans la salle. Le spectateur qui se reflète dans la vidéo, miroir déformant.
Shots de la vidéo Hysteria (1998) de Doug Aitken, projetée pendant la Nuit Blanche au Théâtre de la Ville de Paris.
Isteria collettiva. Stato di transe estatica, senza controllo, senza freni. Dei movimenti a scatti, la musica al ralenti. Isteria nuda, privata del suo ambiente sonoro. Non resta che lo spettatore. Sullo schermo e nella sala. Lo spettatore che si riflette nel video, specchio deformante.
Scatti del video Hysteria (1998) di Doug Aitken, proiettata durante la Nuit Blanche al Théâtre de la Ville di Parigi.
Il vaso di terracotta, oggetto del quotidiano, è al centro dell’arte di Jean-Pierre Raynaud. Trasformandolo in oggetto artistico lo ha poi innalzato ad oggetto sacro, simulacro, reliquia, sublimazione eroica, sceneggiandone la mitografia, ritmandola secondo i canoni del racconto leggendario. La leggenda del vaso di terracotta, come l’epopea dell’eroe alla conquista di nuovi limiti, come Alessandro Magno, come Orlando, come Gilgamesh: i viaggi, le metamorfosi ad ogni volta secondo proporzioni e colori diversi, la proliferazione in vari luoghi del pianeta, attraverso i continenti. Viaggi in luoghi mitici, altamente simbolici. Discese sotto i mari. Sotto l’aspetto dorato e di taglia monumentale era stato creato e custodito in una serra alla Fondation Cartier di Jouy-en-Josas. Aveva in seguito raggiunto Berlino al momento della caduta del muro e poi Pechino, varcando le porte della Città proibita. Per poi concludere il suo periplo a Parigi sulla piazza del Pompidou, adorato sul suo piedistallo.
Durante la Nuit Blanche, il vaso dorato, con un epilogo degno della sua vicenda mitica, è asceso al cielo – seppur senza l’aiuto di grifoni ma di una banale gru – per atterrare sul tetto del Pompidou, dove potrà dilettare gli occhi privilegiati dei clienti del ristorante e dei visitatori delle mostre temporanee ma per sempre nascosto dalla vista della pubblica piazza.
Le pot de terre, objet du quotidien, est au centre de l’art de Jean-Pierre Raynaud. En le transformant en objet artistique, il l’a ensuite élevé à objet sacré, simulacre, relique, sublimation héroïque et il a mis en scène sa mythographie, en la rythmant selon les lois du conte légendaire. La légende du pot de terre, comme l’épopée du héros à la conquête de nouvelles limites, comme Alexandre le Grand, Roland, Gilgamesh : les voyages, les métamorphoses à chaque fois selon des proportions et des couleurs différentes, la prolifération en des différents endroits de la planète, à travers les continents. Des voyages dans des lieux mythiques, hautement symboliques. Des descentes sous la mer. Sous l’aspect doré et de taille monumentale, il avait été crée et conservé initialement dans une serre de la Fondation Cartier à Jouy-en-Josas. Il était ensuite passé à Berlin lors de la chute du mur et puis à Pékin, en traversant les portes de la Cité interdite. Il avait finalement conclu son périple à Paris, sur la piazza du Pompidou, adoré sur son socle.
Pendant la Nuit Blanche, le pot doré, avec un épilogue digne de son existence mythique, est monté au ciel – sans l’aide de griffons mais d’une banale grue – pour être posé sur le toit du Pompidou, où il pourra délecter la vue privilégiée des clients du restaurant et des visiteurs des expositions temporaires mais sera caché pour toujours de la vue de la place publique.
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