Jim Hodges, Love etc.

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L’art surprend quand il sait transfomer et recréer poétiquement des formes et des concepts à l’apparence « faciles », naïfs. Traiter des sujets simples, en faisant jaillir la poésie. Ainsi l’art de Jim Hodges. La délicatesse du geste artistique – découpage, dessin, collage – face à des formes fragiles – la nature, l’amour, les fleurs, les toiles d’araignées. L’artiste, comme une araignée, tisse des formes délicates, avec une élégance du geste, simple et complexe à la fois, comme celui d’un enfant. La poésie de la simplicité. Moment rare que celui de reconnaître la profondeur de l’âme et sa poésie dans un « humble » dessin de fleurs au pastel ou un papier froissé qui reflète la géographie d’une toile d’araignée ou d’un miroir brisé. Un parcours vers la pureté de la forme, qui revenant à la sensibilité enfantine, transforme la complexité du monde, de ses formes et de la pensée, jusqu’à la comprendre et à la façonner dans une forme essentielle, dépouillée.

L’arte sorprende quando sa trasformare e ricreare poeticamente delle forme e dei concetti dall’apparenza facili, naïf. Trattare dei soggetti semplici, facendone scaturire la poesia. Così l’arte di Jim Hodges. La delicatezza del gesto artistico – découpage, disegno, collage – confrontato a delle forme fragili – la natura, l’amore, i fiori, le ragnatele. L’artista, come un ragno, tesse delle forme delicate, con un’eleganza del gesto, semplice e complesso al tempo stesso, come quello di un bambino. La poesia della semplicità. Momento raro quello del riconoscere la profondità dell’anima e la sua poesia in un « umile » disegno di fiori al pastello o in una carta spiegazzata che riflette la geografia di una ragnatela o di uno specchio in frantumi. Un percorso verso la purezza della forma, che ritornando alla sensibilità dell’infanzia, trasforma la complessità del mondo, delle sue forme e del pensiero, fino a comprenderla e a modellarla in una forma essenziale, spoglia.

Jim Hodges, Love etc., Centre Pompidou du 14 octobre 2009 au 18 janvier 2010

No limits, no control: Jim Jarmusch

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Jim Jarmusch, serata di presentazione in anteprima del suo nuovo film The Limits of Control, entra nella sala accolto da un’ovazione. La sua introduzione al film è un invito a cancellare ogni aspettativa e a vivere il film come in un sogno o come in preda a un fungo allucinogeno. Il film termina e l’impressione viva è quella di avere preso parte ad un’allucinazione: un elegante sciamano africano dalla tenuta sempre impeccabile, dall’espressività contenuta e rigida di una maschera, guida il film attraverso un periplo dai toni dell’intrigo di spie e traffici internazionali, tra personaggi onirici, frasi e gesti ripetuti come ritornelli ossessivi, come arcane parole d’ordine, gesti criptici, sospende lo spettatore nella ricerca di un senso per quel viaggio, nella sensazione sempre presente di essere ad un passo dalla verità, dalla scoperta di quel senso che tuttavia rimane celato. Concatenazioni improbabili, coincidenze, impressioni di déjà-vu. Elementi legati uno all’altro, in un’apparente percezione di logicità. Ogni passo e ogni gesto sono necessari al successivo. Ogni gesto sembra rivelatore di un disegno più grande, tra predizioni che si avverano e giochi di specchi. Ma nulla è logico. Come in un sogno. Un film strano. Il film che non ti aspetteresti mai da Jim Jarmusch. Un film surrealista, un film europeo. Un film astratto, concettualmente. Ma un film profondamente visivo. Con immagini forti, di una grande potenza evocativa. Un omaggio alla spiritualità e alla creazione nella sua accezione più astratta e immateriale. Non una vendetta ma una rivincita che si consuma, attraverso le mani assassine dello sciamano, sacerdote celebrante di questa allucinazione, dello spirito sopra il potere e il cinismo della necessità materiale.

Jim Jarmusch, soirée de présentation de l’avant-première de son nouveau film The Limits of Control, rentre dans la salle, accueilli par une ovation. En introduisant le film, il invite à effacer toute attente et à vivre le film comme s’il se passait dans un rêve ou sous les effets d’un champignon hallucinogène. Le film termine et la vive impression est celle d’avoir pris part à une hallucination : un élégant chaman africain à la tenue toujours impeccable, à l’expressivité contrôlée et figée comme un masque, guide le film à travers un périple aux tonalités de l’intrigue d’espions et de trafiques internationales, entre des personnages oniriques, des phrases et des gestes répétés comme des refrains obsessifs, comme des mots d’ordre arcanes, des gestes cryptiques. Il suspend le spectateur en une quête du sens de ce voyage, dans la sensation toujours présente d’être près de la vérité, de la découverte de sens qui demeure malgré tout caché. Des concaténations improbables, des coïncidences, des impressions de déjà-vu. Des éléments liés les uns aux autres, dans une apparente perception de logicité. Chaque pas et chaque geste est nécessaire au successif. Chaque geste semble une révélation d’un dessein plus grand, entre des prédictions qui s’avèrent et des jeux de miroirs. Mais rien n’est logique. Comme dans un rêve. Un film étrange. Le film qu’on ne s’attendrait pas de Jim Jarmusch. Un film surréaliste, un film européen. Un film abstrait, conceptuellement. Mais un film profondément visuel. Avec des images puissantes, d’une grande force évocatrice. Un hommage à la spiritualité et à la création dans son aspect le plus abstrait et immatériel. Pas de vengeance, mais une revanche à travers les mains assassines du chaman, prêtre officiant de cette hallucination, de l’esprit sur le pouvoir et le cynisme de la nécessité matérielle.

The Limits of Control, 2009, un film de Jim Jarmusch, avec Isaac de Bankolé, Tilda Swinton, Bill Murray, Paz de la Huerta… Sortie le 3 décembre 2009

Sud

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Il mercato a Valencia, morte e vita si affiancano nel parossismo di vitalità, i colori caldi delle spezie, variazioni delle textures, abbondanza disordinata, esuberanza mediterranea. Aria a pieni polmoni, calore ritrovato, odori e suoni dal ventre della madre. Sud.

Le marché à Valencia, mort et vie se cotoyent dans le paroxisme de la vitalité, les couleurs chaudes des épices, les variations des textures, l’abondance désordonnée, exubérance méditerranéenne. De l’air à pleins poumons, une chaleur retrouvée, odeurs et sons du ventre de la mère. Sud.

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Gore Goya (Nature morte)

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Al mercato di Valencia, luogo della materia : la vita, la terra, la carne. Nature morte, realismo materico di Goya. Quando arte, percezione e realtà si confondono.

Au marché de Valencia, lieu de la matière : la vie, la terre, la chair. Natures mortes, réalisme matérique de Goya. Quand art, perception et réalité se confondent.

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Sur les ailes du désir, il y a vingt ans


Les ailes du désir (Der Himmel über Berlin), 1987, par Wim Wenders, avec Bruno Ganz, Peter Falk…

Un ange désirant être humain, une chute désirée de la liberté volatile, sans poids, d’un être en esprit, en noir et blanc, à la condition humaine, corporelle, en couleurs. Sentir. Berlin, le mur, image symbolique et physique de toutes les séparations et de tous les « murs » idéologiques. Ville emblématique de la condition humaine. Une vision qui glisse de l’esprit au corps, des anges à l’homme, du noir et blanc aux couleurs : de la légèreté des anges – esprits qui survolent librement la ville avec la grâce d’un souffle depuis le commencement de l’histoire et écoutent l’âme des hommes – à la tombée sur terre. À côté du mur. Parmi les hommes. Au poids d’un corps, encré par terre, un corps qui sent, qui souffre, encerclé. Un corps qui aime avec force. Un amour fusionnel dans la ville de la séparation, de toutes les séparations, un élan du désir et un appel à la liberté, intemporel.

Un angelo che desidera essere umano, una caduta desiderata dalla libertà volatile, senza peso, di un essere-spirito, in bianco e nero, alla condizione umana, corporea, a colori. Sentire. Berlino, il muro, immagine simbolica e fisica di tutte le separazioni e di tutti i “muri” ideologici. Città emblematica della condizione umana. Una visione che scivola dallo spirito al corpo, dagli angeli all’uomo, dal bianco e nero ai colori: dalla leggerezza degli angeli – spiriti che sorvolano liberamente la città con la grazia di un soffio, dal principio della storia, che ascoltano l’anima degli uomini – alla caduta su terra. Affianco del muro. Tra gli uomini. Al peso di un corpo, ancorato a terra, un corpo che sente, che soffre, ingabbiato. Un corpo che ama con forza. Un amore fusionale nella città della separazione, di tutte le separazioni, uno slancio del desidero e un richiamo alla libertà, senza tempo.

Reprise à la Filmothèque du Quartier Latin, 9 rue Champollion, Paris 5ème

L’uomo e il salvagente

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Immagini paradossali. Un uomo con un salvagente a Parigi. Aspirante, o piuttosto fallito, nuotatore urbano di mari di cemento. Un uomo prigioniero di un salvagente. Un salvagente che diventa catena. Quando l’elemento rassicuratore, salvatore quasi, si rivela, in modo subdolo, una costrizione che impedisce di muoversi e rende schiavo. La paura rende schiavi. Priva della libertà di scegliere e, perché no, di rischiare di annegare. Invito alla libertà e al coraggio di lanciarsi senza rete.

Des images paradoxales. Un homme à la bouée dans Paris. Aspirant ou plutôt raté nageur urbain de mers de béton. Un homme prisonnier de sa bouée. Une bouée qui se transforme en chaîne. Quand l’élément rassurant – salvateur presque – se révèle, sournoisement, une contrainte qui empêche tout mouvement et nous rend esclaves. La peur nous rend esclaves. Enlève la liberté de choisir et, pourquoi pas, de risquer de se noyer. Une invitation à la liberté et au courage de se lancer sans protection.