L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot, documentaire français de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea (2009) avec Henri-Georges Clouzot, Romy Schneider, Serge Reggiani. Sorti le 11 novembre 2009
L’Enfer di Henri-Georges Clouzot occupa un posto eminente della storia (non scritta) delle opere non-finite e perdute. Di quelle opere di cui solo si può immaginare l’impatto sulla storia (del cinema, delle immagini). Che se avessero visto la luce o non fossero perdute avrebbero potuto, forse, cambiare il suo corso. Studiare quelle opere equivale ad esplorare dei mondi paralleli, delle realtà possibili ad un dato momento storico ma rimaste irrealizzate, ad aprire delle sliding doors sulla storia dei vinti. 1963. L’Enfer di Clouzot è la storia di un film con un budget illimitato che, fatto inedito nella storia del cinema, non fu utilizzato per decori monumentali ed effetti speciali ma per la ricerca artistica, nella sperimentazione, per dare il più ampio respiro al regista. Film sulla gelosia, il lavoro di Clouzot si concentrò nell’esplorazione dell’inconscio patologico, alla ricerca delle immagini e dei suoni che potessero tradurre l’allucinazione e i percorsi disturbati di una mente maniacale, di una malattia in un crescendo schizofrenico. Visualmente ispirato dall’Op Art, con sequenze di arte cinetica; sonoricamente dalla musica elettronica di moda negli anni sessanta. Attraverso un’elaborata tecnica del suono, i dialoghi e le frasi sono studiati per essere deformati con tagli e ripetizioni e capovolgimenti schizofrenici. Le prove del film fanno presagire un nuovo modo di concepire il cinema. Delle sequenze oniriche di grande forza visiva immergono lo spettatore nell’angoscia del protagonista. Sono messi in scena i sogni e gli incubi della mente, i cortocircuiti del pensiero tra sensazioni e sospetti. La realtà deformata è ripresa attraverso il riflesso nello sguardo allucinato del protagonista. Una libertà massima. Dei mezzi illimitati ed un regista produttore di se stesso. I migliori tecnici dell’epoca. Dei grandi attori (Romy Schneider e Serge Reggiani). Nessuna costrizione. Ma il regista, in questa libertà assoluta, è come se fosse caduto, vittima dello stesso vortice ossessivo della trama, trascinando con sé le sorti del film, incapace di uscire da una sperimentazione senza fine e procedere verso la sua realizzazione, prigioniero di una ricerca maniacale di perfezione e di nuove immagini. Il tournage si trasformò rapidamente in un incubo da cui Serge Reggiani scappò (malato, si dice, o vittima di una depressione) e che fu definitivamente interrotto dall’infarto che colse Clouzot sul set, mentre girava una scena d’amore saffico in una barca. Rimangono quattordici ore di prove registrate. Il rimpianto più grande di Clouzot. Una prova (e un pensiero) sulla libertà assoluta come condizione insostenibile per la creazione e sulla necessità, al contrario, della costrizione come fattore imprescindibile alla creazione?
L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot occupe une place éminente au sein de l’histoire (non écrite) des œuvres inachevées et perdues. Une de ces œuvres dont on peut seulement imaginer l’impact qu’elles auraient eu sur l’histoire (du cinéma, des images). Des œuvres qui, si elles avaient été achevées, elles auraient pu, peut-être, changer le cours de cette histoire. Étudier ces œuvres équivaut à explorer des mondes parallèles, des réalités probables à un certain moment historique mais demeurées irréalisées ; à ouvrir des sliding doors sur l’histoire des vaincus. 1963. L’Enfer de Clouzot est l’histoire d’un film à budget illimité qui, fait inédit dans l’histoire du cinéma, ne fut pas utilisé pour des décors monumentaux et des effets spéciaux mais pour la recherche artistique, dans l’expérimentation, pour donner la liberté maximale au réalisateur de déployer ses idées. Film autour de la jalousie, le travail de Clouzot s’est concentré sur l’exploration de l’inconscient pathologique, dans la recherche des images et des sons qui auraient pu traduire l’hallucination et les parcours dérangés d’un cerveau maniaque, d’une maladie dans un crescendo schizophrénique. Visuellement inspiré à l’Op Art, avec des séquences d’art cinétique ; du point de vue de la sonorité, à la musique électronique en vogue dans les années soixante. À travers une technique élaborée du son, les dialogues et les phrases sont étudiés et déformés avec des coupures et des répétitions, des renversements schizophréniques. Les essais du film font présager une nouvelle façon de concevoir le cinéma. Des séquences oniriques d’une grande puissance visuelle plongent le spectateur dans l’angoisse du protagoniste. Les rêves et les cauchemars de l’esprit sont mis en scène, dans les court-circuits de la pensée entre sensations et suspects. La réalité est filmée, déformée, à travers son reflet dans le regard halluciné du protagoniste. Une liberté absolue. Des moyens illimités et un réalisateur producteur de soi-même. Les meilleurs techniciens de l’époque. Des grands acteurs (Romy Schneider et Serge Reggiani). Aucune contrainte. Mais le réalisateur, dans cette liberté absolue, tombe comme victime du même vertige obsessif du récit, entraînant avec lui les sorts du film, incapable de sortir d’une expérimentation sans limites, afin d’avancer vers sa réalisation, prisonnier d’une recherche maniaque de perfection et de nouvelles images. Le tournage se transforma rapidement en un cauchemar d’où Serge Reggiani s’enfuît (malade, on dit, ou victime d’une dépression) et fut définitivement interrompu par l’infarctus qui frappa Clouzot, lors du tournage d’une scène d’amour saphique sur une barque. Il reste quatorze heures d’essais enregistrées. Le regret le plus grand de Clouzot. Une preuve (et une pensée) de la liberté absolue comme condition insoutenable pour la création et sur la nécessité, au contraire, de la contrainte comme facteur essentiel à la création ?







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