À rebours : carte blanche à Jean-Christophe Ammann au Centre Culturel Suisse. À rebours, titre d’après Huysmans et lu, selon les intentions du commissaire, dans le sens d’un rappel aux fondamentaux de l’individu : le corps. Le corps comme élément fondateur de l’art occidental. Quatre artistes, quatre nationalités différentes, tous se concentrant sur le corps, le nu, la sexualité. Je trouve aussi des assonances « atmosphériques » entre l’À rebours d’Huysmans et l’exposition, une même « aire décadente » tendant au baroque. Les œuvres exposées ont en commun une poétique de l’excès – décliné sous les différents aspects de la forme, le sujet, la taille – et des liens subtiles tissés avec l’histoire de l’art européenne, une descendance revendiquée. Les photographies de Martin Eder : portraits de femmes nues aux postures maniéristes, serpentinato dans le style de Bronzino, suivant la tradition de la peinture italienne du Cinquecento. Des corps marqués par des signes de l’excès, de la beauté éversive frôlant la laideur : des piercings, du maquillage éclatant, des signes de blessures sur la peau, des corps éternisés dans des photographies excessivement grandes. Elles posent en « anti-Madone » entourées par une aura de sacralité, icônes en temps suspendu : intimidantes, dominatrices, inquiétantes. Les sculptures de Caro Suerkemper puisent leur inspiration dans l’esthétique rococo de la céramique de tradition allemande en la tournant en dérision par son association à des sujets grotesques : le contraste entre la surface polie, soave, « vieux style » de la céramique et son « contenu », des mises en scène provocatrices où le corps est protagoniste, déclenche un court-circuit, une schizophrénie qui effleure le kitsch.

À rebours (Controcorrente) : carte blanche a Jean-Christophe Ammann al Centre Culturel Suisse. À rebours, titolo tratto da Huysmans e letto, secondo le intenzioni del curator, nel senso di un richiamo ai fondamentali dell’individuo: il corpo. Il corpo come elemento fondatore dell’arte occidentale. Quattro artisti, quattro nazionalità diverse, tutti concentrati sul corpo, il nudo, la sessualità. Ritrovo anche delle assonanze “atmosferiche” tra l’À rebours di Huysmans e la mostra, la stessa “aria decadente” tendente al barocco. Le opere esposte hanno in comune una poetica dell’eccesso – declinato secondo diversi aspetti, della forma, del soggetto, delle dimensioni – e dei legami sottili intessuti con la storia dell’arte europea, una discendenza revendicata. Le fotografie di Martin Eder: ritratti di donne nude dalle posture manieriste, un serpentinato nello stile di Bronzino, secondo la tradizione pittorica italiana del tardo Cinquecento. Dei corpi marcati da segni dell’eccesso, una bellezza eversiva che sfiora il brutto: dei piercings, del trucco eclatante, dei segni di ferite sulla pelle, dei corpi immortalati in fotografie eccessivamente grandi. Posano come delle “anti-Madonne” attorniate da un’aura di sacralità, icone in un tempo sospeso: intimidanti, dominatrici, inquietanti. Le sculture di Caro Suerkemper prendono ispirazione dall’estetica rococò della ceramica di tradizione tedesca per roversciarla in modo derisorio per l’associazione a dei soggetti grotteschi: il contrasto tra la superficie lucida, soave, “vecchio stile” della ceramica e il suo “contenuto”, delle mises en scène provocatrici in cui il corpo è protagonista, fa scattare un cortocircuito, una schizofrenia che accarezza il kitsch.

À rebours, œuvres de Martin Eder, Elly Strik, Caro Suerkemper et Christophe Wachter. Commissariat : Jean-Cristophe Ammann. Centre Culturel Suisse, 32 rue des Francs-Bourgeois, Paris 3e du 8 mai au 18 juillet 2010