Il y a d’abord cette atmosphère raréfiée, pure – comme dans un tableau flamand – à travers laquelle les détails se détachent, les physionomies, les couleurs émergent avec force, dans les œuvres de Rineke Dijkstra. Deux installations vidéo nous plongent dans son univers d’êtres « hybrides », êtres en devenir : les enfants, les adolescents. Les deux installations mettent au centre le concept d’interprétation : les deux œuvres sont un enregistrement vidéo d’une « interprétation » de la part de spectateurs (d’une œuvre d’art, un tableau, une musique) qui, par ce détournement, se retrouvent à être les sujets (protagonistes) d’une nouvelle œuvre. L’œuvre interprétée est connue à travers le filtre subjectif de l’interprétation. Le spectateur la voit uniquement se refléter métaphoriquement sur le visage, les yeux, les paroles, les mouvements de ses interprètes. Notre connaissance de l’œuvre est filtrée. L’opera aperta (œuvre ouverte théorisée par Umberto Eco) fait de l’interprétation même son centre, son sujet, se fait enregistrement d’une performance interprétative. Dans The Weeping Woman l’artiste enregistre les explications, les hypothèses avancées par des écoliers sur le tableau de Picasso de 1937 conservé à la Tate Liverpool. Une fille en train de dessiner le même tableau. Le tableau n’est pas montré. Le nom de Picasso y est évoqué en passant. Dans The Krazyhouse, Liverpool, UK (Megan, Simon, Nicky, Philip, Dee) l’artiste a demandé à des adolescents qui fréquentent une boîte de nuit de choisir leur morceau de musique préféré et de le danser, dans un plateau aseptique au fond blanc installé au sein de la même boîte en des jours de fermeture. Réflexion complexe. Sur la perception de l’art comme opera aperta, sur la capacité de l’art d’évoquer des images, des états d’âme pour chacun différents, de se faire miroir où se refléter. Sur la musique vue comme phénomène sociale « jeune » où les personnalités fusionnent et deviennent « masse » : en isolant les adolescents sur le plateau en une sorte de « solitude innaturelle » l’artiste fait émerger la personnalité de chacun, les doutes, les peurs face au désir d’expression et d’affirmation de soi, en un moment de solipsisme.
C’è innanzitutto questa atmosfera rarefatta, pura – come in un quadro fiammingo – attraverso la quale i dettagli si distaccano, le fisionomie, i colori emergono con forza, nelle opere di Rineke Dijkstra. Due installazioni video ci immergono nel suo universo di esseri “ibridi”, esseri in divenire: i bambini, gli adolescenti. Le due installazioni mettono al centro il concetto d’interpretazione: le due opere sono la registrazione in video di una “interpretazione” da parte di spettatori (di un’opera d’arte, un quadro, una musica) che, in questo ribaltamento, si ritrovano ad essere i soggetti (protagonisti) di una nuova opera. La nostra conoscenza dell’opera è filtrata. L’opera aperta (teorizzata da Umberto Eco) fa dell’interpretazione il suo centro, il suo soggetto, si fa registrazione di una performance interpretativa. In The Weeping Woman l’artista registra le spiegazioni, le ipotesi avanzate da un gruppo di scolari sul quadro di Picasso del 1937 conservato alla Tate Liverpool. Una ragazza mentre sta disegnando lo stesso quadro. Il quadro non è mostrato. Il nome di Picasso è nominato en passant. In The Krazyhouse, Liverpool, UK (Megan, Simon, Nicky, Philip, Dee), l’artista ha chiesto a degli adolescenti che frequentano una discoteca di scegliere il loro pezzo musicale preferito e ballarlo, in una scena asettica su fondo bianco installata all’interno della stessa discoteca, nei giorni di chiusura. Riflessione complessa. Sulla percezione dell’arte come opera aperta, sulla capacità dell’arte di evocare delle immagini, degli stati d’animo diversi per ognuno, di farsi specchio in cui riflettersi. Sulla musica vista come fenomeno sociale giovanile in cui le personalità si fondono e diventano massa: isolando gli adolescenti sulla scena in una specie di “solitudine innaturale” l’artista fa emergere la personalità di ognuno, i dubbi, le paure di fronte al desiderio di espressione e dell’autoaffermazione, in un momento di solipsismo.
Rineke Dijkstra, Galerie Marian Goodman, 79 rue du Temple, Paris 3e du 29 avril au 5 juin 2010.
Actuellement Rineke Dijkstra expose The Weeping Woman et Ruth Drawing Picasso à la Tate Gallery Liverpool >> I See a Woman Crying du 27 avril au 30 août 2010.









subscribe
2 Commentaires
je suis passé par hazard et j’ai découvert un travail magnifique, malgré l’enferment du lieu, surtout en sous sol, je propose d’y installer une boule disco , pour s’imprégner encore plus dans la réalité de l’oeuvre…..en cachant avec un système qui permet à l’écran de ne pas être obstruer par les reflets de la boule , alors le spectateur pourrait danser avec eux … ce que j’ai quand même fait merci pour ce beau travail
J’ai particulièrement aimé le solipsisme et le regard indiscret sur ce moment d’ »autisme » adolescent et intime: je n’ai pas dansé avec eux! (Merci de votre passage!) M.
Laissez un commentaire