Copie conforme, d’Abbas Kiarostami, Iran-Italie-France, 2009 (1h46) avec Juliette Binoche et William Shimell

Exemple emblématique de film à vocation à priori exempte de toute critique. Qu’on ne peut pas dire de ne pas avoir aimé, faute de passer pour un amateur de blockbusters de la pire espèce qui ne comprend pas ni aime le cinéma « trop intello ». Les ingrédients sont tous là pour l’adoration inconditionnée. Un grand réalisateur, irréprochable (Abbas Kiarostami), une icône du cinéma français (Juliette Binoche) et des thématiques très intello-philosophico, profondes et engageantes (l’art, l’amour, l’incompréhension homme-femme). Sauf que. Le résultat est un exercice de style et de rhétorique stérile, rébarbatif. Les dissertations de théorie de l’art, autour du rapport entre original et copie sont fumeuses, source de dialogues artificieux, sans aucune originalité ni théorique ni émotionnelle. Pour un film basée sur la théorie de l’importance prédominante de la copie sur l’original ça pourrait représenter paradoxalement une réussite, le manque d’originalité. L’actrice-icône - Juliette Binoche - a reçu la Palme d’or, bien évidemment, pour ce rôle de femme névrosée, polyglotte en quête d’amour, jongleuse sur le fil de différentes langues. Un exercice dans le même esprit du rôle de Christoph Waltz dans Inglorious Basterds pour lequel il avait reçu la Palme d’or ultraméritée l’année dernière. Sauf que les deux performances ne sont même pas comparables (et pas seulement pour des questions d’habileté strictement linguistique). Dommage. Pour la première fois de Kiarostami en déhors de l’Iran, pour ce tournage en Italie on a même osé l’analogie avec Voyage en Italie. J’observe que ce n’est pas parce qu’un film est tourné en Italie et parle d’amour en crise que ça rassemble forcement à Voyage en Italie. Ce n’en est pas le cas dans ce cas en tout cas (un exemple d’exercice de style ennuyeux et inutile, une allitération pour conclure in bellezza).

Esempio emblematico di un film dalla vocazione a priori esente da ogni critica. Che non si può dire di non amare per non passare per un amante di blockbusters della peggiore specie, incapace di capire né amare un cinema « troppo intellettuale ». Tutti gli ingredienti sono presenti per l’adorazione incondizionata. Un grande regista, irreprensibile (Abbas Kiarostami), un’icona del cinema francese (Juliette Binoche) e delle tematiche molto intellettual-filosofiche, profonde e impegnative (l’arte, l’amore, l’incomprensione uomo-donna). Tranne che. Il risultato è un esercizio di stile e di retorica sterile, noioso. Le dissertazioni di teoria dell’arte, attorno al rapporto tra copia e originale sono fumose, fonte di dialoghi artificiosi, senza alcuna originalità né teorica né emotiva. Per un film basato sulla teoria dell’importanza predominante della copia sull’originale, la mancanza di originalità potrebbe persino rappresentare paradossalmente un successo. L’attrice-icona - Juliette Binoche - ha ricevuto la Palma d’oro, certo che sì, per questo ruolo di donna nevrotica, poliglotta alla ricerca dell’amore, equilibrista pesantemente sul filo a cavallo tra diverse lingue. Un esercizio nello stesso spirito del ruolo per cui Christoph Waltz in Inglorious Basterds aveva ricevuto la Palma d’oro meritatissima l’anno scorso. Tranne che le due performance non sono nemmeno comparabili (e non solo per delle pure questioni di capacità linguistiche). Peccato. Per « la prima volta » di Kiarostami fuori dall’Iran, pour questo tournage in Italia, si è osato persino l’analogia con Viaggio in Italia. Osservo che non è perché un film è girato in Italia e parla di un amore in crisi che questo debba assomigliare per forza a Viaggio in Italia. Non è il caso in questo caso in ogni caso (un esempio di esercizio di stile noioso e inutile, un’allitterazione per concludere in bellezza).