Adieu Falkberg, de Jesper Ganslandt, Suède, 2006 (1h31) avec Holger Eriksson, David Johnson…
Je parlais, hier, de sprezzatura, de grazia : vertus que j’ai retrouvées dans le premier long-métrage de Jesper Ganslandt. La dimension du souvenir est centrale : « le souvenir est traître » parce qu’il efface peu à peu les évènements tristes, désagréables laissant une image polie du passé. Le réalisateur (qui a aujourd’hui 32 ans) revient alors à sa ville d’origine, Falkenberg, avant que ses souvenirs ne s’effacent définitivement. Il retrace le dernier été passé ensemble par un groupe d’amis unis depuis l’enfance – ses amis dans la réalité, acteurs dans le film –, désormais au seuil de l’âge adulte. Désemparés, dans un état de fibrillation permanente et d’insouciance qui cache un mal de vivre et un sentiment d’inaptitude face à la vie, l’incapacité de regarder à l’avant, se projeter dans l’avenir, savourer le bonheur ou, simplement, découvrir qu’est-ce que c’est le bonheur. Un « âge d’or », une phase passagère qu’on voudrait prolonger pour l’éternité mais le sentiment que tout est destiné à se terminer demeure, souterrain. Partir, quitter Falkenberg ou rester ? Accent sur la dimension hédonistique, des images édéniques, sensuelles, un regard amoureux de la volupté des corps et la beauté de la nature. Film « hybride » entre fiction et documentaire autobiographique, ce conte est drôle, tendre, mélancolique et en même temps impitoyable, sans concessions.
Parlavo, ieri, di sprezzatura, di grazia: virtù che ho ritrovato nel primo lungometraggio di Jesper Ganslandt. La dimensione del ricordo è centrale: « il ricordo è traditore » perché a poco a poco cancella gli eventi tristi, sgradevoli lasciando del passato un’immagine levigata. Il regista (che ha oggi 32 anni) ritorna allora alla sua città d’origine, Falkenberg, prima che i suoi ricordi si cancellino definitivamente. Ripercorre l’ultima estate passata insieme da un gruppo di amici, uniti fin dall’infanzia - i suoi amici nella realtà, attori nel film -, ormai alla soglia dell’età adulta. Disorientati, in uno stato di fibrillazione permanente e di incoscienza che nasconde un mal de vivre et un sentimento di inadeguatezza di fronte alla vita, l’incapacità di guardare in avanti, di proiettarsi nel futuro, gustare la felicità o, semplicemente, scoprire cos’è la felicità. Una « età d’oro », una fase passeggera che si vorrebbe prolungare per l’eternità ma il sentimento che tutto è destinato a finire rimane, sotterraneo. Partire, lasciare Falkenberg o rimanere? Accento sulla dimensione edonistica, delle immagini edeniche, sensuali, uno sguardo innamorato della voluttà dei corpi e della bellezza della natura. Film « ibrido » tra fiction e documentario autobiografico, questo racconto è divertente, tenero, melanconico e al tempo stesso spietato, senza concessioni.





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