J’apprends, par le blog d’Élisabeth Lebovici, de la décision de Yvon Lambert de « prendre plus de distance avec la vie de galeriste ». C’est ainsi qu’en juin la galerie de New York fermera ses portes. Je profite pour la célébrer avec des photos prises au mois de janvier, lors de mon séjour new-yorkais, au moment de l’exposition L’insoutenable légèreté de l’être.
Vengo a sapere, attraverso il blog di Élisabeth Lebovici, della decisione di Yvon Lambert di “prendere della distanza dalla mia vita di gallerista”. Chiuderà così all’inizio del mese di giugno la galleria di New York. Ne approfitto per celebrarla, con delle fotografie scattate a gennaio, durante il mio soggiorno newyorkese, al momento dell’esposizione L’insostenibile leggerezza dell’essere.
L’art est dans le changement, l’évolution, l’art n’est pas dogmatique. Approche non dogmatique : utiliser un médium nouveau, snobé par la critique, plutôt associé à des produits culturels considérés par convention de « bas niveau », et en prouver la résistance, le charger de sens, en exploiter les possibilités. On se retrouve ainsi avec des lunettes 3D sur le nez – posture pop – émerveillés, plongés dans la beauté déchirante des mouvements, des lignes, de corps en mouvement, dessinés par Pina Bausch.
L’art plie et apprivoise le médium.
L’arte è nel cambiamento, l’evoluzione, l’arte non è dogmatica. Approccio non dogmatico: utilizzare un medium nuovo, snobbato dalla critica, piuttosto associato a dei prodotti culturali considerati per convenzione di “basso livello” e provarne la resistenza, caricarlo di senso, sfruttarne le possibilità. Ci si ritrova così con degli occhiali 3D sul naso – postura pop – meravigliati, immersi nella bellezza straziante dei movimenti, delle linee, di corpi in movimento, disegnati da Pina Bausch.
La partie la plus sexy du corps humain, selon Jan Fabre. Cerveaux métamorphiques en plein goût flamand (grotesque, monstrueux, macabre, hyperréaliste et fantastique).
(Il cervello) la parte più sexy del corpo umano, secondo Jan Fabre. Cervelli metamorfici in pieno gusto fiammingo (grottesco, mostruoso, macabro, iperrealista e fantastico).
Jan Fabre, Chimères, du 14 avril au 21 mai 2011 à la Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, Paris, 3e arr.
Waste Land, un film de Lucy Walker, 2010 (Grande Brétagne-Brésil) avec Vik Muniz, les catadores du Jardim Gramacho de Rio de Janeiro et la musique de Moby
Waste Land est un documentaire : Lucy Walker a suivi l’artiste brésilien Vik Muniz pendant trois ans, au cours de son projet dans le Jardim Gramacho, la décharge de Rio de Janeiro, sa ville natale, avec les catadores, les travailleurs qui trient les matériaux recyclables en fouillant dans les montagnes d’ordures. Vik Muniz, l’artiste qui incorpore des matériaux viles aux œuvres d’art et les transforme en art (en or), part dans la décharge de Jardim Gramacho avec le but de partager avec sa ville la chance qu’il a eu en tant qu’artiste.
Le documentaire montre une réalité dérangeante, la face cachée, malodorante, insane, de la société de la consommation, société de la surproduction d’ordures. Les catadores, sorte de voyants-archéologues, fouilleurs de l’intimité la plus dégoutante de la société, qui savent faire parler les ordures, les interpréter, reconnaître les êtres humains (leur travail, leur vie, leur goûts) par leurs déchets. Dans une société où le trafique de drogue ou la prostitution sont les moyens les plus répandus pour vivre, les catadores font le choix le plus courageux, celui d’un travail digne.
Il y a un aspect subtilement dérangeant dans la mégalomanie de l’artiste qui s’improvise dans le rôle du « sauveur » ; une certaine perplexité vers une démarche artistique qui fait irruption dans une réalité très délicate, rentre dans la vie de gens qui vivent dans un enfer et la bouleverse, en ouvrant une perspective inconnue, inespérée, pour après – une fois le projet terminé et les lumières éteintes – les laisser replonger dans l’horreur de tous les jours. Arrogance ou nécessité de l’action ?
Malgré mes doutes et perplexités envers le « comte à la Cendrillon » de catadores qui deviennent stars d’un jour, le film ouvre un questionnement qui me hante, sur l’art et sa capacité de changer le monde, sur la possibilité d’un art utile. Sur la nécessité de l’art. De l’art comme transformation, transformation dans la matière : la recherche ancestrale de l’homme, toujours actuelle, de transformer la matière en or – l’homme alchimiste – de l’homme Roi Mida, de l’homme créateur, de l’homme comme dieu. Les ordures deviennent art et l’art argent, or. Et l’argent, vile matière, se transforme en une bibliothèque au sein d’une décharge à Rio de Janeiro. L’art peut changer le monde ? De l’art comme transformation dans les esprits : ouvrir les âmes, un art qui apprend à regarder et à se regarder autour. L’art ouvre à une nouvelle vision qui peut se révéler insupportable à certains, insoutenable, ou peut aider à mieux voir pour tracer un nouveau chemin.
Waste Land è un documentario: Lucy Walker ha seguito l’artista brasiliano Vik Muniz durante tre anni, nel corso del suo progetto nel Jardim Gramacho, la discarica di Rio de Janeiro, la sua città natale, con i catadores, i lavoratori che raccolgono i materiali riciclabili scavando tra le montagne di spazzatura. Vik Muniz, l’artista che incorpora i materiali vili alle opere d’arte e li trasforma in arte (in oro), parte per la discarica di Jardim Gramacho con l’obiettivo di condividere con la sua città un po’ della fortuna che ha avuto in quanto artista.
Il documentario mostra una realtà scomoda, il lato nascosto, maleodorante, insano della società del consumo, società della sovrapproduzione di rifiuti. I catadores, sorta di aruspici-archeologi, scavatori dell’intimità più disgustosa della società, che sanno far parlare la spazzatura, interpretarla, riconoscere gli esseri umani (il loro lavoro, la loro vita, i loro gusti) attraverso i loro rifiuti. In una società in cui il traffico di droga o la prostituzione sono i mezzi più diffusi per vivere, i catadores fanno la scelta più coraggiosa, quella di un lavoro degno.
C’è un aspetto sottilmente incomodo nella megalomania dell’artista che si improvvisa nel ruolo del “salvatore”; una certa perplessità verso un procedimento artistico che fa irruzione in una realtà molto delicata, entra nella vita di persone che vivono all’inferno e la sconvolge, aprendo una prospettiva sconosciuta, insperata, per dopo – una volta il progetto terminato e le luci spente – lasciarli ricadere nell’orrore di tutti i giorni. Arroganza o necessità dell’azione?
Malgrado i miei dubbi e le perplessità verso il “racconto alla Cenerentola” di catadores che diventano stars per un giorno, il film apre una questione che mi ossessiona, sull’arte e la sua capacità di cambiare il mondo, sulla possibilità di un’arte utile. Sulla necessità dell’arte. Dell’arte come trasformazione, trasformazione nella materia: la ricerca ancestrale dell’uomo, sempre attuale, di trasformare la materia in oro – l’uomo alchimista – l’uomo Re Mida, l’uomo creatore, l’uomo come dio. I rifiuti diventano arte e l’arte soldi, oro. E i soldi, vile materia, si trasformano in una biblioteca all’interno di una discarica a Rio de Janeiro. L’arte può cambiare il mondo? Dell’arte come trasformazione nelle menti: aprire l’anima, un’arte che impara a guardare e a guardarsi intorno. L’arte apre verso una nuova visione, che può rivelarsi insopportabile per alcuni, insostenibile, o può aiutare a vedere meglio per tracciare un nuovo percorso.
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