Sculture di filo spinato e sale. Sigalit Landau.

Un avant-goût de Biennale, avant-goût salé de la lagune : les sculptures de Sigalit Landau, qui investit le Pavillon Israélien cette année à Venise, sont exposées à la galerie Kamel Mennour.  Des structures en fil barbelé qui ont été immergées dans la Mer Morte et séchées dans le désert : le sel les a recouvertes. Le fil barbelé – symbole de séparation, constriction, frontière – transformé en matière précieuse, ornée par les cristaux blancs. Forme terriblement attirante, sorte de luminaires dont la subtile et élégante ambivalence se concrétise en des perles au goût salé de larmes et affleure dans le rouge de la rouille qui tache le blanc immaculé du sel. Jamais je n’oublierai la performance filmée de Sigalit Landau où, sur une plage de Tel-Aviv, elle faisait tourner un hula hoop de fil barbelé autour de son corps nu, meurtri, image féroce de frontière (Barbed Hula, 2000).

Un assaggio di Biennale, assaggio salato della laguna: le sculture di Sigalit Landau, che occupa quest’anno il Padiglione israeliano a Venezia, sono esposte alla galleria Kamel Mennour. Delle strutture di filo spinato che sono state immerse nel Mar Morto e seccate nel deserto: il sale le ha ricoperte. Il filo spinato – simbolo di separazione, costrizione, frontiera – trasformato in materia preziosa, ornata di cristalli bianchi. Forma terribilmente attraente, sorta di lampadari la cui sottile e elegante ambivalenza si concretizza in perle dal gusto salato delle lacrime e affiora nel rosso della ruggine che macchia il bianco immacolato del sale. Non potrò mai dimenticare la performance filmata di Sigalit Landau in cui, su una spiaggia di Tel Aviv, faceva ruotare un hula hoop di filo spinato attorno al suo corpo nudo, ferito, immagine feroce di frontiera (Barbed Hula, 2000).

Galerie Kamel Mennour, 60 rue Mazarine, Paris 6e

Kapoor, le béton et les classiques

La Chapelle de l’Ecole des Beaux-Arts à Paris est un endroit en soi surréel : des copies à taille réelle des œuvres les plus remarquables de la Renaissance italienne et française y sont ressemblées. Le Jugement dernier de la Chapelle Sixtine de Michel-Ange, le Colleoni de Verrocchio, Niccolò Pisano et beaucoup d’autres. L’histoire de l’art réunie, comme dans une anthologie idéale, une galerie où des simulacres de chefs-d’œuvre se côtoient, échangent un dialogue muet de regards. L’impression est déroutante, dans cette espèce de foire aux copies, de Wunderkammer. L’émotion se partage entre amusement et étonnement, l’admiration pour l’objet n’étant pas permise par son statut de copie, il ne reste que l’observation de la forme. Face à l’informe des sculptures de Kapoor.

L’exposition de Kapoor s’installe dans cette feinte : sculptures créées par des appareils inventés par l’artiste, par une accumulation de matériel (béton), ce sont des créations où la main de l’artiste s’efface dans un procédé qui reproduit les processus naturels, en leur donnant une accélération. Des sculptures qui ressemblent à des agglomérats stratiformes, comme de pierres sédimentaires, des stalagmites, elle dégagent la force d’un totem. On peut pousser outre le dialogue entre Kapoor et la Renaissance, en insérant ces créations dans le discours théorique sur la sculpture élaboré pendant le Cinquecento, dans la perspective tracée par la formule de Michel-Ange, pour qui la sculpture se fait par forza di levare (en taillant dans la masse) et celle qui se fait par via di porre (en modelant) est plus proche de la peinture. Kapoor se rangerait donc plus du côté de la peinture ?

La Cappella dell’Ecole des Beaux-Arts di Parigi è un posto di per sé surreale: delle copie a taglia reale delle opere più notevoli del Rinascimento italiano e francese vi si trovano raccolte. Il Giudizio Universale della Cappella Sistina di Michelangelo, il Colleoni di Verrocchio, Niccolò Pisano e molti altri. La storia dell’arte riunita, come in un’antologia ideale, una galleria dove dei simulacri di capolavori si affiancano, si scambiano un dialogo muto di sguardi. L’impressione è divisa tra il divertimento e lo stupore, poiché l’ammirazione per l’oggetto non è consentita dal suo statuto di copia, non resta che l’osservazione della forma. Di fronte all’informe delle sculture di Kapoor.

La mostra di Kapoor si inserisce in questa fessura: sculture create attraverso l’accumulazione di materiale (cemento) da delle macchine inventate dall’artista, sono delle creazioni in cui la mano dell’artista si dilegua in un procedimento che riproduce i processi naturali, con un colpo di accelerazione. Delle sculture che assomigliano a degli agglomerati stratiformi, come delle pietre sedimentarie, delle stalagmiti, sprigionano la forza di un totem. Si può spingere oltre il dialogo tra Kapoor e il Rinascimento, inserendo queste creazioni nel discorso teorico sulla scultura elaborato durante il Cinquecento, nella prospettiva tracciata dalla formula di Michelangelo, per chi la scultura si fa “per forza di levare” e quella che si fa “per via di porre” è più vicina alla pittura. Kapoor si troverebbe quindi più dalla parte della pittura?

Anish Kapoor, Chapelle des Petits-Augustins de l’Ecole des Beaux-Arts, 14 rue Bonaparte, Paris 6e en collaboration avec la Galerie Kamel Mennour, du 23 mai au 16 juin 2011