Kapoor, le béton et les classiques

La Chapelle de l’Ecole des Beaux-Arts à Paris est un endroit en soi surréel : des copies à taille réelle des œuvres les plus remarquables de la Renaissance italienne et française y sont ressemblées. Le Jugement dernier de la Chapelle Sixtine de Michel-Ange, le Colleoni de Verrocchio, Niccolò Pisano et beaucoup d’autres. L’histoire de l’art réunie, comme dans une anthologie idéale, une galerie où des simulacres de chefs-d’œuvre se côtoient, échangent un dialogue muet de regards. L’impression est déroutante, dans cette espèce de foire aux copies, de Wunderkammer. L’émotion se partage entre amusement et étonnement, l’admiration pour l’objet n’étant pas permise par son statut de copie, il ne reste que l’observation de la forme. Face à l’informe des sculptures de Kapoor.

L’exposition de Kapoor s’installe dans cette feinte : sculptures créées par des appareils inventés par l’artiste, par une accumulation de matériel (béton), ce sont des créations où la main de l’artiste s’efface dans un procédé qui reproduit les processus naturels, en leur donnant une accélération. Des sculptures qui ressemblent à des agglomérats stratiformes, comme de pierres sédimentaires, des stalagmites, elle dégagent la force d’un totem. On peut pousser outre le dialogue entre Kapoor et la Renaissance, en insérant ces créations dans le discours théorique sur la sculpture élaboré pendant le Cinquecento, dans la perspective tracée par la formule de Michel-Ange, pour qui la sculpture se fait par forza di levare (en taillant dans la masse) et celle qui se fait par via di porre (en modelant) est plus proche de la peinture. Kapoor se rangerait donc plus du côté de la peinture ?

La Cappella dell’Ecole des Beaux-Arts di Parigi è un posto di per sé surreale: delle copie a taglia reale delle opere più notevoli del Rinascimento italiano e francese vi si trovano raccolte. Il Giudizio Universale della Cappella Sistina di Michelangelo, il Colleoni di Verrocchio, Niccolò Pisano e molti altri. La storia dell’arte riunita, come in un’antologia ideale, una galleria dove dei simulacri di capolavori si affiancano, si scambiano un dialogo muto di sguardi. L’impressione è divisa tra il divertimento e lo stupore, poiché l’ammirazione per l’oggetto non è consentita dal suo statuto di copia, non resta che l’osservazione della forma. Di fronte all’informe delle sculture di Kapoor.

La mostra di Kapoor si inserisce in questa fessura: sculture create attraverso l’accumulazione di materiale (cemento) da delle macchine inventate dall’artista, sono delle creazioni in cui la mano dell’artista si dilegua in un procedimento che riproduce i processi naturali, con un colpo di accelerazione. Delle sculture che assomigliano a degli agglomerati stratiformi, come delle pietre sedimentarie, delle stalagmiti, sprigionano la forza di un totem. Si può spingere oltre il dialogo tra Kapoor e il Rinascimento, inserendo queste creazioni nel discorso teorico sulla scultura elaborato durante il Cinquecento, nella prospettiva tracciata dalla formula di Michelangelo, per chi la scultura si fa “per forza di levare” e quella che si fa “per via di porre” è più vicina alla pittura. Kapoor si troverebbe quindi più dalla parte della pittura?

Anish Kapoor, Chapelle des Petits-Augustins de l’Ecole des Beaux-Arts, 14 rue Bonaparte, Paris 6e en collaboration avec la Galerie Kamel Mennour, du 23 mai au 16 juin 2011

Dans le ventre du Léviathan

Dans le ventre du Léviathan : un monstre informe, gigantesque, dont on dirait qu’il pourrait s’étendre à l’infini mais qui se trouve coincé, frustré par la voûte de la nef, bloqué dans son expansion. Comme un zeppelin échoué. À l’intérieur, la pression pèse sur la poitrine et empêche, contrebalance, l’élan contraire qui voudrait suivre le regard vers l’infini. La lumière rentre, illumine l’opacité de ces entrailles, en révélant la structure extérieure de la nef et les veines du ventre (les soudures) : on aperçoit le dehors, au-delà des parois étouffantes, mais la pression empêche tout élan vers le haut, vers la lumière.

La sculpture de Anish Kapoor est toute tension. Entre dehors et dedans. Entre un élan d’ouverture dans l’espace et la pression qui écrase au sol. Entre transparence et opacité. Vide et plein. Forme et informe.

Nella pancia del Leviatano: un mostro informe, gigantesco, che si direbbe che potrebbe espandersi all’infinito ma che si ritrova incastrato, frustrato dalla volta della navata, bloccato nella sua espansione. Come un dirigibile naufragato. All’interno, la pressione pesa sul petto e impedisce, controbilancia, lo slancio contrario che vorrebbe seguire lo sguardo verso l’infinito. La luce entra, illumina l’opacità di queste interiora, rivelando la struttura esteriore della navata e le vene (le saldature): si intravede l’al di fuori, oltre le pareti soffocanti, ma la pressione impedisce ogni slancio verso l’alto, verso la luce.

La scultura di Anish Kapoor è tutta tensione. Tra fuori e dentro. Tra lo slancio di apertura nello spazio e la pressione che schiaccia al suolo. Tra trasparenza e opacità. Vuoto e pieno. Forma e informe.

Anish Kapoor, Léviathan, Monumenta 2011, Grand Palais, Paris 8e jusqu’au 23 juin 2011

Le Café Bravo de Berlin, un espace en expansion by Dan Graham

Lors de mon récent passage à Berlin : le Café Bravo au Kunst Werke conçu par Dan Graham. Entre transparences et miroirs, un espace qui se multiplie, ouvert, en expansion.

KW Institute for Contemporary Art, Auguststraße 69, Berlin

L’Hamburger Bahnhof di Berlino: Joseph Beuys

Berlin, une ancienne gare transformée en musée et à son intérieur, Joseph Beuys, feutré, s’échappe de toute tentative de définition. Ses sculptures restent ouvertes comme autant de questions.

Hamburger Bahnhof, Invaliden Straße 50-51, Berlin

L’élan vertical (ou Manhattan)

Esempio di fusione tra antico e moderno: presa nello slancio verso la verticalità, la postura della Gradiva, flâneuse a Manhattan, è rigorosamente (quasi misticamente) occhi e naso verso l’alto.

Exemple de fusion entre antiquité et modernité : éprise par l’élan vers la verticalité, la posture de la Gradiva, flâneuse à Manhattan, est rigoureusement (presque mystiquement) les yeux et le nez dirigés vers le haut.

Portbou, village-passage. Le village.

La seconda immagine sono le strade deserte, i fili dell’elettricità che corrono lungo il villaggio, si intrecciano sopra la testa, strisciano il cielo. Sono le case sventrate. Una scenografia carica di storia che mi riporta al secolo scorso.

La deuxième image ce sont les rues désertes, les fils de l’électricité qui courent par le village, se croisent sur la tête, tracent le ciel. Ce sont les bâtiments éventrés. Une scénographie chargée d’histoire qui me ramène au siècle dernier.