
Un’opera insolita ha avuto la forza di strapparmi dallo stato letargico e costringermi a rimettere in moto la macchina fotografica e il cervello, e mettermi a sedere a scrivere. Un’opera insolita e inattesa. Nella « abituale » tournée delle gallerie parigine, in cui i nomi noti e gli artisti di moda si succedono senza soluzione di continuità e senza sorpresa (ovvero in una falsa e continua impressione carnevalesca di sorprese), l’originalità di James Castle, di cui la galleria Karsten Greve presenta la prima retrospettiva in Francia, salta agli occhi, regalo inatteso nella sua semplicità, e apre lo spazio alla riflessione.
James Castle è un artista americano, nato e vissuto a Garden Valley nell’Idaho, morto nel 1977. Sordo dalla nascita, non ha mai imparato a leggere e scrivere. Per tutta la vita ha disegnato ciò che aveva davanti agli occhi, usando supporti e strumenti che gli capitavano tra le mani, quello che c’era. Ma è solo un dettaglio questo, un dettaglio biografico, quello che conta è l’opera. Si tratta di un’opera grafica, di disegni e collage. Il dato biografico si rivela essenziale solo in un secondo momento, come uno svelamento epifanico, dopo il primo contatto con le sue opere: un’iniziale diffidenza dovuta in parte al contrasto stridente tra l’opera (disegni di piccole dimensioni, semplici, spogli, anti-commerciali) e la cornice (una galleria d’arte contemporanea, white cube del Marais), seguita da un interesse progressivo, naturale verso la grazia non affettata dei suoi disegni, di una semplicità autentica. Non un segno di troppo. Ogni disegno cattura l’essenza – di un paesaggio, delle cose, dei personaggi: economia di segni e tratti e economia della tecnica (mezzi di fortuna) spinta al limite dell’astratto. Ogni segno come una lettera dell’alfabeto, di un alfabeto proprio solo all’artista. Colpisce la sensazione di urgenza trasmessa da quei fogli minuscoli, che ricostruiscono l’universo e la vita di James Castle, la « necessità » che sta dietro ogni disegno. Disegnare per vedere meglio, capire, stabilire un rapporto col mondo. Il dato biografico conferma, testimonia la particolare e effettiva, drammatica situazione di urgenza vissuta dall’artista, chiuso in un mondo a sé senza nessun altro mezzo per comunicare con l’esterno. L’opera di James Castle viene solitamente etichettata come art brut, l’arte di chi è ai margini, creazione allo stato grezzo non mediata dalla riflessione. L’opera di James Castle mi fa pensare invece a una riflessione di Deleuze, il quale identifica ogni creazione (filosofica, artistica) come il prodotto di uno stato di necessità. L’arte « autentica » è necessaria, nata da un eccezionale stato di necessità. Non si può dire lo stesso per la gran parte della creazione contemporanea.
Une oeuvre « étrange » a eu la force de me dérober de mon état léthargique et me contraindre à redémarrer mon appareil photographique et mon cerveau et me poser à écrire. Une oeuvre étrange et inattendue. Dans l’habituelle tournée des galeries parisiennes, où les noms célébrés et les artistes à la mode se succèdent ad infinitum et sans surprise (c’est à dire dans une fausse et perpétuelle impression carnavalesque de surprise), l’originalité de James Castle, dont la galerie Karsten Greve présente la première rétrospective en France, saute aux yeux – cadeau inattendu dans sa simplicité – et ouvre un espace à la réflexion.
James Castle est un artiste américain, né à Garden Valley dans l’Idaho où il a vécu toute sa vie et où il est mort en 1977. Sourd de naissance, il n’a jamais appris à lire et écrire. Pendant toute sa vie, il a dessiné ce qu’il avait devant ses yeux, en utilisant les supports et les instruments qu’il avait sous la main, ce qu’il trouvait. Mais ce n’est qu’un détail, un détail biographique, ce qui compte est l’oeuvre. Il s’agit d’une oeuvre graphique, de dessins et collages. La donnée biographique se révèle essentielle dans un deuxième moment, comme un dévoilement, une épiphanie, après le premier contact avec les oeuvres: au début il y a une sorte de méfiance, dû en partie au contraste strident entre l’oeuvre (des dessins de petite taille, simples, dépouillés, anti-commerciaux) et le cadre (une galerie d’art contemporain, white cube du Marais), suivie par un intérêt progressif, naturel envers la grâce non affectée de ces dessins, d’une simplicité authentique. Il n’y a pas un signe de trop. Chaque dessin capte l’essence – d’un paysage, des choses, des personnages: économie des signes et des traits et économie technique (moyens du bord) poussée à la limite de l’abstrait. Chaque signe est comme une lettre d’un alphabet propre seulement à l’artiste. Frappante est la sensation d’urgence transmise par ces feuillets minuscules, qui reconstruisent l’univers et la vie de James Castle, la « nécessité » qui est derrière chaque dessin. Dessiner pour mieux voir, comprendre, établir un lien avec le monde. La donnée biographique confirme, témoigne la particulière et effective, dramatique situation d’urgence vécue par l’artiste, enfermé dans un monde à soi sans aucun autre moyen de communication avec l’extérieur. L’oeuvre de James Castle est souvent étiqueté comme « art brut« , l’art de ceux qui sont en marge de la société, création à l’état brut non filtré par la réflexion. L’oeuvre de James Castle me fait plutôt penser à une réflexion de Deleuze, qui identifie toute création (philosophique, artistique) comme le produit d’un état de nécessité. L’art « authentique » est un art nécessaire, né d’un état exceptionnel de nécessité. On ne peut pas dire la même chose de la grande partie de la création contemporaine.




James Castle, du 14 janvier au 17 mars 2012, Galerie Karsten Greve, 5 rue Debelleyme, Paris 3e
commenti