Fatto 8 e 1/2, facciamo Nine

Nine, un film de Rob Marshall, États-Unis, 2008 (1h58) avec Daniel Day-Lewis, Marion Cotillard, Penelope Cruz, Nicole Kidman, Sofia Loren…

Nine è un coacervo di cattivo gusto e di stereotipi idioti. È un remake indegno della memoria di Fellini. Tutto ciò che in Otto e ½ è onirico e nostalgico, sublimato nella dimensione del ricordo e del desiderio, ironia commovente e introspezione nel personaggio del regista alter ego felliniano, manifesto della concezione felliniana del cinema – il suo rapporto con le donne, con il mondo della sua infanzia, con il cinema, con i propri fantasmi – il Nine hollywodiano lo digerisce e lo vomita sottoforma di un musical volgare e becero. Ogni nuance è cancellata sotto una vuota patina di pulsioni sessuali e edonismo pop, in una banalizzazione imbarazzante costruita attorno ad una ripetizione ossessiva di clichés. Il titolo Nine, per cominciare, non merita commenti. La scenografia delle scene musicali, richiamo alle arcate del Colosseo, nemmeno. Il recrutamento in massa di stelle del cinema americano e non, e di Sofia Loren non fa che aggiungere del patetismo. L’appiattimento a zero della molteplicità felliniana si riassume in due o tre ritornelli scemi che dipingono il cliché del maschio italiano e di una pseudo-cultura italiana della dolce vita: “Be italian”; “vivi oggi come se fosse il tuo ultimo giorno”; “stringimi ecc.ecc.” (come un vero “maschio” italiano); “I love the cinema italiano” “bianco e nero” (in italiano nell’originale), l’eleganza italiana. Non avevo nessuna aspettativa, al contrario, nessuna pretesa. Sono andata a vedere Nine apposta per irritarmi, mossa da puro masochismo, per vedere fino a che punto avrebbero potuto spingersi. Perché bisogna vedere, non risparmiarsi l’orrore, mantenere sveglia e allenata la propria vena polemica. Il risultato supera nel male anche la peggiore delle mie fantasie. Almeno Valerio Mastandrea, Ricky Tognazzi e Martina Stella hanno potuto farsi un giretto a Hollywood.

Nine est un ensemble incohérent de mauvais goût et stéréotypes idiots. C’est un remake indigne de la mémoire de Fellini. Tout ce qu’en Huit et ½ est onirique et nostalgique, sublimé dans la dimension du souvenir et du désir, ironie émouvante et introspection dans le personnage du réalisateur alter ego fellinien, manifeste de la conception fellinienne du cinéma – son rapport avec les femmes, avec le monde de son enfance, avec le cinéma, avec ses propres fantasmes – le Nine hollywoodien le digère et le vomit sous forme d’un musical vulgaire. Toute nuance est effacée sous une vide patine de pulsions sexuelles et hédonisme pop, en une banalisation embarrassante construite autour de la répétition obsessive de clichés. Le titre Nine, pour commencer, ne mérite pas de commentaires. La scénographie des scènes musicales, rappel aux arcades du Colisée, non plus. Le recrutement en masse des étoiles du cinéma américain et de Sofia Loren ne fait que rajouter du pathétisme. L’aplatissement à zéro de la multiplicité fellinienne se résume en deux ou trois refrains stupides qui peignent le cliché du « mâle » italien et une pseudo-culture italienne en style dolce vita : « Be italian », « vis aujourd’hui comme s’il devait être ton dernier jour » ; « embrasse-moi etc. etc. » (comme un vrai « mec» italien) ; « I love the cinema italiano », « bianco e nero », l’élégance italiana. Je n’avais aucune attente, au contraire, aucune prétention. Je suis allé voir Nine exprès pour m’irriter, poussée par pur masochisme, afin de voir jusqu’où ils auraient bien pu aller. Parce qu’il faut voir, ne pas s’épargner l’horreur, maintenir éveillée et entraînée sa propre veine polémique. Le résultat dépasse, dans le mal, même la plus noire de mes fantaisies. Au moins Valerio Mastandrea, Ricky Tognazzi et Martina Stella (acteurs italiens présents dans le film) ont pu jouir d’un petit tour à Hollywood.

La Joconde assiégée

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« La culture de masse apparaît quand la société de masse se saisit des objets culturels, et son danger est que le processus vital de la société (qui, comme tout processus biologique, attire insatiablement tout ce qui est accessible dans le cycle de son métabolisme) consommera littéralement les objets culturels, les engloutira et les détruira. [...] Cela ne veut pas dire que la culture se répande dans les masses, mais que la culture se trouve détruite pour engendrer le loisir. Le résultat n’est pas une désintégration, mais une pourriture [...]. »

« La cultura di massa appare quando la società di massa si appropria degli oggetti culturali, e il suo pericolo è che il processo vitale della società (che, come ogni processo biologico, attira insaziabilmente nel proprio ciclo metabolico tutto ciò che è accessibile) consumerà letteralmente gli oggetti culturali, li inghiottirà e li distruggerà. [...] Questo non vuol dire che la cultura si espanda tra le masse, ma che la cultura si trova distrutta per procurare il divertimento. Il risultato non è una disintegrazione ma una putrefazione [...]. »

Hannah Arendt, La crise de la culture [Between the Past and the Future, 1968], éd. française 1972

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Un muro di gente, un plotone d’esecuzione festivo armato di camere fotografiche, videocamere, telefonini. Raffica di flash. Di fronte Monna Lisa sorride laconica (gioconda), asserragliata nel suo bunker trasparente, protetta da un vetro antiproiettile ed antiultravioletti. Una tela, minuscola che pare un francobollo. Pubblico attonito inizialmente davanti a questa tela così piccola: tanta esaltazione per una cosa così piccola? fama inadatta alla taglia. Nessuno sguardo diretto alla tela, ognuno si nasconde dietro al proprio apparecchio per registrare il momento, per proteggersi dall’imbarazzo di non sapere realmente come avvicinare quell’oggetto ormai assunto alla sfera del mito, cosa e come sentire l’emozione che dovrebbe scaturire. Susan Sontag dixit. È forse più inquietante, ancor più di quest’armata che si accanisce su una tela così piccola trasformata in un’icona suo malgrado, la solitudine delle tele che decorano la sala, sontuosa. I capolavori dell’arte veneziana rinascimentale, sacrificati alla gloria della Gioconda. In una sala, la Sala della Gioconda (opera fiorentina), è racchiuso un tesoro composto dalle opere maggiori dei maggiori pittori veneziani del Cinquecento (Tiziano, Veronese, Tintoretto, Jacopo Bassano tra i tanti). Non indugerò sulla provenienza di una parte importante della collezione, per mancanza di oggettività. Sono veneziana, Napoleone mi irrita, fatalmente. Dopo la spoliazione, l’ironico destino: capolavori abbandonati all’oblio che ormai nessuno guarda più, fungono da decoro alla messa della cultura massificata. Mi lascerò trasportare invece dalla vertigine della lista (d’echiani echi), ad memoriam.

Un mur de gens, un peloton d’exécution festif armé d’appareils photographiques, caméras vidéo, portables. Rafale de flashs. En face Monna Lisa sourit laconique (joconde), barricadée derrière son bunker transparent, protégée par le verre blindé anti-balles et anti-ultraviolets. Une toile minuscule qui paraît un timbre. Public interloqué au début face à cette toile si petite : est-il possible autant d’engouement pour une chose si petite ? célébrité inappropriée à la taille. Pas un regard direct à la toile, chacun se cache derrière son appareil afin d’enregistrer le moment, pour se protéger de la gêne de ne pas savoir exactement comment s’approcher à cet objet monté à la sphère du mythe, que faut-il sentir et comment sentir l’émotion qui devrait en jaillir. Susan Sontag dixit. Peut-être plus inquiétant, plus inquiétant même que cette armada qui s’acharne sur une toile si petite transformée en une icône (malgré elle), est la solitude des toiles qui décorent cette salle, somptueuse. Les chefs-d’œuvre de l’art de la Renaissance vénitienne, sacrifiés à la gloire de la Joconde. Dans la Salle de la Joconde (œuvre florentine) est conservé un trésor composé par les œuvres majeures des peintres majeurs du Cinquecento vénitien (Titien, Véronèse, Tintoret, Jacopo Bassano entre autres). Je ne m’attarderai pas sur la provenance d’une partie importante de la collection, par manque d’objectivité. Je suis vénitienne, Napoléon m’énerve, fatalement. Après la spoliation, l’ironique destin : des chefs-d’œuvre abandonnés à l’oubli, que personne ne regarde plus, ils servent de décor à la messe de la culture massifiée. Je me laisserai toutefois emporter par le vertige de la liste (échos d’Eco), ad memoriam.

Francesco Bassano, La forge de Vulcain ; Francesco Bassano, La Montée au Calvaire ; Atelier de Jacopo Bassano (Leandro ?), L’Automne ou les Vendanges ; Atelier de Jacopo Bassano (Leandro ?), L’entrée des animaux dans l’arche de Noé ; Jacopo Bassano, La Déposition (vers 1580-1582) ; Leandro Bassano, Les Noces de Cana ; Paris Bordon, Couple mythologique ; Paris Bordon, Flore (vers 1540) ; Giovanni Calcar, Portrait de Melchior von Brauweiler ; Dosso Dossi, Portrait d’homme, dit autrefois Portrait de Cesare Borgia (vers 1518-1520) ; Palma il Giovane, Portrait de Vincenzo Cappello dit autrefois Portrait de Nicolò Cappello (vers 1610) ; Lambert Sustris, Vénus et l’Amour ; Jacopo Tintoretto, Autoportrait (vers 1588) ; Jacopo Tintoretto, Le Couronnement de la Vierge, dit Le Paradis ; Jacopo Tintoretto, Portrait d’homme âgé tenant un mouchoir (1570-1575) ; Jacopo Tintoretto, Suzanne au bain (1550) ; Jacopo Tintoretto (attribué à) Portrait d’un gentilhomme, la main sur l’épée ; Tiziano Vecellio, Il Concerto champêtre (vers 1509) ; Tiziano Vecellio, Le Couronnement d’épines (1542-1543) ; Tiziano Vecellio, Portrait de François Ier (1539) ; Tiziano Vecellio, La femme au miroir (vers 1515) ; Atelier de Tiziano Vecellio, Ecce Homo ; Atelier de Paolo Veronese, La Sainte Famille avec sainte Élisabeth, sainte Marie Madeleine et une bénédictine agenouillée ; Atelier de Paolo Veronese, Le Portement de la croix ; Paolo Veronese et atelier, Esther et Assuérus ; Paolo Veronese et atelier, La Fuite de Lot ; Paolo Veronese et atelier, Suzanne et les Vieillards ; Paolo Veronese, Jupiter punissant les vices ; Paolo Veronese, La Crucifixion (vers 1584) ; Paolo Veronese, La Résurrection de la fille de Jaïre ; Paolo Veronese, La Vierge à l’Enfant entre sainte Justine et saint Georges, avec un bénédictin agenouillé ; Paolo Veronese, Les Noces de Cana (1563) ; Paolo Veronese, Les Pèlerins d’Emmaüs (vers 1559) ; Paolo Veronese, Les Sept Divinités planétaires ; Paolo Veronese, Portrait de femme avec un enfant et un chien (vers 1546-1548) ; Paolo Veronese, Portrait d’une Vénitienne, dite La Belle Nani (vers 1560) ; Paolo Veronese, Saint Marc récompensant les vertus ; Anonyme, La Mort d’Adonis ; Polidoro Lanzani, Le Repos de la Sainte Famille avec le petit saint Jean ou le Retour d’Égypte ; Lorenzo Lotto, La Femme adultère ; Lorenzo Lotto, La Reconnaissance de la nature divine de l’Enfant Jésus ; Lorenzo Lotto, Le Portement de croix (1526) ; Palma il Vecchio, L’Adoration des berges avec une donatrice ; Giovanni Gerolamo Savoldo, Autoportrait (vers 1525) ; Sebastiano del Piombo, La Sainte Famille avec sainte Catherine, saint Sébastien et un donateur (1507-1508) ; Tiziano Vecellio, Allégorie d’Alphonse d’Avalos (vers 1530) ; Tiziano Vecellio, La Vierge à l’Enfant avec saint Étienne, saint Jérôme et saint Maurice ; Tiziano Vecellio, Le Transport du Christ au tombeau (vers 1520) ; Tiziano Vecellio, Les Pèlerins d’Emmaüs ; Tiziano Vecellio, Portrait d’homme, main à la ceinture (après 1520) ; Tiziano Vecellio, Saint Jérôme pénitent ; Bonifacio Veronese, La Sainte Famille avec les saints François, Antoine, Madeleine, Jean Baptiste et Élisabeth.

Salle de la Joconde, Musée du Louvre, Paris 1er

Se non lo visiti, lo portiamo via

È un periodo orrendo per l’Italia e gli italiani, una deriva di barbarie e incultura che dall’alto delle istituzioni permea e avvelena ogni strato sociale, azzerando ogni buon senso, ogni cultura, ogni parvenza di civiltà. È uno spettacolo straziante, quello di una società morente. Straziante per chi ha scelto di vivere all’estero e si ritrova a provare la condizione di apatride spirituale, spettatore impotente del proprio paese paralizzato dal puzzo morale che respira giorno dopo giorno. Si sceglie di intraprendere la strada della storia dell’arte forse inconsciamente e lo dico per esperienza personale, anche per proteggersi, per ritagliarsi una dimensione privata fondata sul bello, una torre d’avorio, rifugio per chi teme di vibrare troppo forte alle scosse della storia, preservare la propria innocenza. Ma, pur nella sua torre d’avorio, nessuno storico dell’arte può dirsi innocente, oggi. Il livello di civiltà di un paese si misura dallo stato delle sue carceri e, aggiungo, dal ruolo che la cultura svolge nel suo programma di governo. Pur nel mio rifugio estetico, insorgo. Insorgerò senza invasioni di campo, limitandomi a parlare di cultura. Coglierò come esempio la campagna pubblicitaria del Ministero dei Beni e delle attività culturali che va in onda in questo periodo in Italia e il cui obiettivo dovrebbe essere quello di incentivare lo spettatore a visitare i monumenti e i musei del proprio paese. Lo slogan è “Se non lo visiti, lo portiamo via”. Il messaggio rimanda a vaghi ricordi dell’infanzia, alle minacce di genitori a corto di argomenti e senza fantasia, trucchetti usati per indurre a fare ciò che meno si aveva voglia di fare, del genere “Se non mangi, niente cartoni animati”. Con la differenza che mettere in atto la minaccia ministeriale e rimuovere fisicamente il Colosseo o il Cenacolo di Leonardo comporterebbe delle problematiche logistiche rilevanti. A differenza delle minacce materne, le minacce di un governo che parla ai propri cittadini come a dei “bambini di dieci anni neanche tanto intelligenti” (Berlusconi dixit), suonano vuote, hanno l’aria di un bluff evidente, non fanno paura. Perché quindi i cittadini dovrebbero recarsi nei musei, visto che, diciamocelo, nessuno può portarli via? Perché questo linguaggio, perché parlare ai cittadini come a dei bambini stupidi? Primo livello. Mi disturba la scelta falso-paternalistica del linguaggio, la mancanza di rispetto per l’intelligenza dello spettatore. Secondo livello. Mi disturba l’assenza di sviluppo del “perché” i cittadini dovrebbero andare al museo. Non conta il perché, conta che ci vadano. Conclusione. Conta solo che ci vadano. Contano il numero, le entrate. E allora, a questo punto, la minaccia cambia tono, alla luce di questa logica utilitaristica di risultati e numeri, spaventa persino. Mi chiedo se non sarebbero veramente capaci di trasferirli o venderseli quei monumenti. Se poi associo quest’idea al pensiero che il direttore italiano di una (della) multinazionale americana di hamburger sia stato nominato per dirigere i musei italiani, allora tremo di orrore e di spavento. Che paese è un paese in cui il patrimonio culturale è ridotto ormai a bene di consumo, niente di più e niente di meno che un panino untuoso, non una risorsa da conservare, tramandare e arricchire, su cui investire ma una ricchezza da spremere fino all’osso, da cui cavare fino all’ultimo centesimo fino a quando non resterà più nulla? È un paese barbaro. Un paese barbaro e fiero della propria barbarie, che ostenta con orgoglio, che non si nasconde più dietro a profondi discorsi filosofici e pedagogici di facciata, che disprezza le élite culturali – parassiti snob – e ci tiene a renderlo chiaro a tutti urlando i propri slogan. “Se non lo visiti, lo portiamo via”: quello che più fa paura, in fin dei conti, è che ne sarebbero capaci. Se un terremoto può diventare, per questa classe dirigente, un’occasione ghiotta, per cui gioire, su cui arricchirsi, figuriamoci che scrupoli si farebbero a passare sul corpo marmoreo senza vita del David di Michelangelo.

C’est une période affreuse pour l’Italie et les Italiens, celle que nous traversons en ce moment, une dérive de barbarie et inculture qui, du haut des institutions, imprègne et empoisonne toutes les couches sociales, en annihilant le bon sens, la culture et tout semblant de civilité. C’est un spectacle déchirant, que celui d’une société qui se meurt. Déchirant pour qui a choisi de vivre à l’étranger et se retrouve à éprouver la condition d’apatride spirituel, spectateur impuissant de son propre pays paralysé par la puanteur morale qu’il respire jour après jour. On choisit d’entreprendre le chemin de l’histoire de l’art, peut-être inconsciemment (je le dis par expérience personnelle), pour se bâtir une dimension privée faite de beauté, une tour d’ivoire, refuge pour qui craint de vibrer trop fort aux secousses de l’histoire, préserver sa propre innocence. Mais, même dans une tour d’ivoire, aucun historien de l’art peut se dire innocent, aujourd’hui. Le niveau de civilité d’un pays se mesure par l’état de ses prisons et, j’ajoute, par le rôle que la culture a dans le programme de son gouvernement. Même enfermée dans mon refuge esthétique, j’insurge. Je le ferai sans invasions de champ, je me bornerai à parler de culture. Je saisirai comme exemple la campagne publicitaire du Ministère de la Culture qui passe dernièrement à la télévision et dont l’objectif devrait être celui d’inciter le spectateur à aller visiter les monuments et les musées de son propre pays, l’Italie. Le slogan est « Si tu ne le visites pas, nous l’enlèverons ». Le message rappelle des vagues souvenirs d’enfance, les menaces de parents à court d’arguments et d’imagination, des astuces inventées afin de convaincre le petit à faire ce dont il avait le moins envie, genre « Si tu ne manges pas, pas de dessins animés ». Avec la différence que mettre en pratique la menace ministérielle et transférer physiquement le Colisée ou le Dernier Souper de Léonard de Vinci (une fresque) impliquerait des problématiques logistiques assez importantes. Différemment des menaces maternelles, les menaces d’un gouvernement qui parle à ses propres citoyens comme à des « enfants de dix ans pas très intelligents » (Berlusconi dixit) sonnent comme creuses, elles ont l’air d’un bluff évident, ne font pas peur. Mais pourquoi donc les citoyens devraient-ils aller au musée ? pourquoi ce langage, pourquoi parler aux citoyens comme à des gamins idiots ? Premier degré. Je suis outrée par le choix faussement paternaliste du langage, par le manque de respect de l’intelligence du spectateur. Deuxième degré. Je suis outré par l’absence de développement du « pourquoi » les citoyens devraient-ils aller au musée. Le pourquoi ne compte pas, ce qui compte c’est qu’ils y aillent. Conclusion. Ce qui compte est exclusivement qu’ils y aillent. Ce qui compte est le nombre, les entrées. Et alors, à ce point-ci, la menace change de ton, à la lumière de cette logique utilitariste de résultats et numéros, elle fait presque peur. Je me demande s’ils ne seraient pas vraiment capables de les transférer ou de les vendre, ces monuments-là. Si j’associe cette idée à la pensée que le directeur italien d’une (de la) multinationale américaine d’hamburgers ait été nommé à diriger les musées nationaux italiens, alors je tremble d’horreur et de panique. Quel pays est-il, celui où le patrimoine culturel est réduit à un produit de consommation, rien de plus qu’un sandwich suintant l’huile, non pas une ressource à conserver, transmettre et à enrichir, sur laquelle investir mais une richesse à presser jusqu’à la dernière goutte, d’où arracher tout jusqu’au dernier centime jusqu’à quand il ne restera plus rien ? C’est un pays barbare. Un pays barbare et fier de sa propre barbarie, affichée avec orgueil, qui ne se cache plus derrière des profonds discours philosophico pédagogiques de façade, qui méprise les élites culturelles – parasites snobs – et qui y tient à que ce soit clair pour tous, en criant ses propre slogans. « Si tu ne le visites pas, nous l’enlèverons » : ce qui me fait le plus peur, en fin de compte, c’est qu’ils en seraient capables. Si un tremblement de terre peut devenir pour cette classe dirigeante une occasion gourmande, de laquelle se réjouir, sur laquelle s’enrichir, figurons-nous s’ils se feraient des scrupules à passer sur le corps en marbre sans vie du David de Michel-Ange.

« Tetro » de Francis Ford Coppola | #cine, #brutto, #laid |

Tetro, de Francis Ford Coppola, États-Unis/Argentine 2009 (2h07) avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu, Klaus Maria Brandauer, Carmen Maura.

Il nuovo film di Francis Ford Coppola ovvero la goccia che ha fatto traboccare il vaso. Leggo di critiche “mitigate” alla sua presentazione al Festival di Cannes ma i giornali in Francia non risparmiano gli apprezzamenti a Tetro. Il film è sinceramente brutto, imbarazzante per lunghezza (inspiegabilmente lungo), inconsistenza e mancanza di ispirazione e autenticità. Sfiora finanche la presunzione per la ricercatezza estetica vuota e artificiale, specie di magniloquenza espressiva e di artificio senza grazia (quel dono raro che fa apparire naturale, semplice, lo sforzo richiesto dalle opere più complicate). La scelta del bianco e nero è, di primo acchito, pretestuosa. Dà l’idea di voler ricreare un’atmosfera bianco e nero arty/intimista o per lo meno evocativa ma finisce per dipingere paradossalmente un bianco e nero “a colori”: come guardare un film a colori con una televisione in bianco e nero di una volta. Un bianco e nero piatto, esteticamente immotivato e asettico. Il film si trascina per due ore, senza sussulti, senza motivi particolari, senza nessuno slancio: la trama famigliare non ha alcun interesse, il dramma psicologico del figlio artista oppresso dalla personalità del padre è senza sapore. Il titolo è già in sé grottesco: cliché vuoto del personaggio in crisi che decide di rompere col passato e farsi chiamare “Tetro”, dall’abbreviazione del suo vero cognome Tetrocini. “Tetro” il tenebroso come un antieroe da spaghetti western scaduto. Le vicissitudini e le rivalità interne di una famiglia italiana di immigrati con vocazioni artistiche e operistiche ripropongono ancora un cliché ritrito (nonostante i riferimenti autobiografici del regista) e non riescono a elevarsi a mito come nelle precedenti saghe famigliari – il Padrino sovrano – di Coppola. Le scene spagnoleggianti decadenti (il film si svolge a Buonos Aires) di movida, trasformismo, sesso ed eccentricità da Almodovar sono di un eccesso senza grazia. Carmen Maura nei panni di una feroce critica teatrale è inverosimile. Dettagli degni di nota: gli occhi tenebrosi, quelli sì a dispetto del grottesco soprannome di “Tetro”, di Vincent Gallo e la bellezza giovane, sfrontata e insolente di Alden Ehrenreich, un misto tra Leonardo di Caprio e James Dean. Il film è “sorprendente”, come ripetono in molti, ma non in senso positivo e lascia una vena di tristezza, al ricordo del grande maestro Francis Ford Coppola.

Le nouveau film de Francis Ford Coppola ou bien la goutte qui a fait déborder le vase. Je lis de critiques « mitigées » lors de sa présentation au Festival de Cannes mais les journaux en France n’économisent pas leurs louanges à propos de Tetro. Le film est sincèrement mauvais, embarrassant dans sa longueur (inexplicablement long), son inconsistance et son manque d’inspiration et d’authenticité. Il effleure presque la prétention dans sa recherche esthétique vide et artificielle, sorte de grandiloquence expressive et d’artifice sans grâce (ce don rare qui fait paraître naturel et simple, l’effort qui coûte les œuvres les plus compliquées). Le choix du noir et blanc est, d’emblée, insensé. Il est supposé recréer une atmosphère arty/intimiste en noir et blanc ou tout au moins une émotion du souvenir, mais il finit par peindre paradoxalement un noir et blanc « en couleurs » : comme regarder un film en couleurs dans une télé en noir au blanc d’y il a cinquante ans. Un noir et blanc plat, esthétiquement immotivé et aseptique. Le film se traîne pendant deux heures, sans sursauts, sans des motivations particulières, sans aucun élan : l’histoire familiale est sans intérêt, le drame psychologique du fils artiste opprimé par la personnalité du père est sans saveur. Le titre est déjà grotesque en soi : cliché vide du personnage en crise qui décide de rompre avec le passé et de s’appeler « Tetro », de l’abréviation de son vrai nom Tetrocini. « Tetro » le ténébreux, comme un anti-héro d’un spaghetti western périmé. Les histoires et les rivalités internes d’une famille italienne d’émigrés aux vocations artistiques et musicales reprennent encore un cliché remâché (nonobstant les références biographiques du réalisateur) et n’arrivent pas à s’élever au rang de mythe comme dans les précédentes sagas familiales – le Parrain souverain – de Coppola. Les scènes « hispaniques » décadentes (le film se déroule à Buenos Aires) de movida, transformisme, sexe et excentricités à l’Almodovar sont d’un excès sans grâce. Carmen Maura dans le rôle de la feroce critique théâtrale est invraisemblable. Détails dignes de note : les yeux ténébreux – ceux-là oui, malgré le grotesque surnom de « Tetro » – de Vincent Gallo et la beauté jeune, effrontée et insolente de Alden Ehrenreich, entre Leonardo di Caprio et James Dean. Le film est surprenant, comme ils disent, mais pas en sens positif et laisse un brin de tristesse au souvenir du grand maître Francis Ford Coppola.

Il formaggio e le pere. Il brutto e il bello.

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Il brutto sta al bello come il formaggio alle pere. Ho deciso di lasciare in futuro spazio alla bruttezza. Perché la bruttezza fa parte integrante della bellezza. Perché è una categoria spirituale sottovalutata, bistrattata, che si suole spazzare diligentemente sotto il tappeto, per nasconderla agli occhi. Perché la bruttezza è entrata, di fatto, a far parte dell’estetica artistica contemporanea. Perché, di conseguenza, bellezza e bruttezza sono due categorie reciprocamente necessarie, a volte intercambiabili, spesso confuse, il più delle volte inconciliabili. “È bello il brutto e brutto il bello” scriveva Shakespeare. Il brutto può essere il bello. “Dal letame nascon fiori”, diceva Fabrizio De André. Per lo più, tautologicamente, il brutto rimane il brutto. Con sottile ma crassa ipocrisia e con certo pudore, in un atteggiamento tra il frivolo, l’indulgente, l’ignorante e il supino, si nega spesso la qualificazione di “brutto” (brutto per dire brutto) ad opere, oggetti, creazioni, progetti che lo meriterebbero con grande prestigio e persino un certo entusiasmo. Leggendo recensioni e critiche – di film, di mostre, di artisti ignobili a mio parere, e secondo certi canoni oggettivi – succede di incupirmi a causa di questa “leggerezza” di giudizio e poi, non trovando risposte alla vacuità dei propositi, di mettermi a congetturare di presunti complotti orditi da una fantomatica “lobby critica”, manovrante nel buio, organizzando il coro di lodi e le acclamazioni degli orrori. Rivendico l’imperativo del giudizio estetico, necessario metro di conoscenza del mondo. Classificherò tutto, nelle umane creazioni, secondo una visione esteticamente manichea: il brutto e il bello. Senza pietà.

Le laid est au beau ce qui est le fromage à la poire. J’ai décidé de laisser dans l’avenir place à la laideur. Parce que la laideur fait partie à part entière de la beauté. Parce qu’il s’agit d’une catégorie spirituelle sous-estimée, boudée, qu’on a coutume de balayer sagement sous le tapis afin de la cacher aux yeux. Parce que la laideur est rentrée, de facto, au sein de l’esthétique artistique contemporaine. Parce que, par conséquent, beauté et laideur sont deux catégories réciproquement nécessaires, parfois interchangeables, souvent confondues et la plupart du temps inconciliables. « Horrible est le beau, beau est l’horrible » écrivait Shakespeare. Le laid peut être le beau. « Sur le fumier naissent les fleurs » disait Fabrizio De André. Le plus souvent, tautologiquement, le laid demeure le laid. Avec une subtile mais crasse hypocrisie et une certaine pudeur, avec une attitude entre le frivole, l’indulgent, l’ignorant et le soumis, on nie souvent la qualification de « laid » (laid pour dire laid) aux œuvres, objets, créations, projets qui le mériteraient avec grand prestige et jusqu’à un certain enthousiasme. En lisant les critiques – de films, d’expositions, d’artistes ignobles, en mon opinion, mais aussi selon des critères objectifs – il m’arrive de sombrer à cause de cette « légèreté » de jugement et puis, ne trouvant pas de réponses à la vacuité des propos, de me voir supposer des présumés complots dessinés dans l’ombre par une fantomatique « lobby critique », oeuvrant dans l’obscurité, organisant le chœur des louanges et les acclamations des horreurs. Je revendique l’impératif du jugement esthétique, mètre nécessaire de connaissance du monde. Je classifierai tout dorénavant, toutes les humaines créations, selon une vision esthétiquement manichéenne : le laid et le beau. Sans pitié.