Surviving Life (Theory and Practice), de Jan Svankmajer, 2010, Tchécoslovaquie (1h45m) avec Václav Helsus, Klára Issová, Zuzana Kronerova…
Quand vie et rêves, rêves et vie se brouillent en une confusion inextricable… qu’on ne sait plus si vivre dans la vie ou vivre dans les rêves, renoncer à vivre pour rester dans ses propres rêves. Freud et Jung se chamaillent. Un univers gribouillant, impressionnant dans sa puissance imaginative, la beauté de ses images, faussement naïves, d’une férocité grinçante. Envie de plonger dans l’intégrale Svankmajer.
Quando vita e sogni, sogni e vita si mescolano in una confusione inestricabile… che non si sa più se vivere nella vita o vivere nei sogni, rinunciare a vivere per restare nei propri sogni. Freud e Jung bisticciano. Un universo formicolante, impressionante nella sua potenza immaginativa, la bellezza delle sue immagini falsamente naïves, di una ferocità acida. Voglia di immergermi nell’opera integrale di Svankmajer.
Le monde sur le fil (Welt am Draht), de Rainer Werner Fassbinder, Allemagne, 1973 (3h25) avec Klaus Löwitsch, Barbara Valentin, Margit Carstensen…
L’art est visionnaire. Il l’est. Fassbinder était un visionnaire. Ses séquences se composent d’images d’une beauté (convulsive) déconcertante. Extrême, théâtral, anti-naturaliste. Ses personnages sont comme des poupées dans ses mains, se meuvent dans une scénographie somptueuse. Des humains déshumanisés dont l’esprit s’est envolé. La fascination hybride, glaciale, de la cyber-esthétique. Questionnement de l’identité de l’humain, entre le miroir, son reflet, la réalité, sur la frontière trouble entre le réel et la sphère di virtuel. En 1973.
L’arte è visionaria. Lo è. Fassbinder era un visionario. Le sue sequenze si compongono di immagini di una bellezza (convulsiva) sconcertante. Estremo, teatrale, antinaturalista. I suo personaggi sono come burattini nelle sue mani, si muovono in una scenografia sontuosa. Degli umani disumanizzati il cui spirito ha preso il volo. Il fascino ibrido, glaciale, della cyber-estetica. Questionamento dell’identità dell’umano, tra lo specchio, il suo riflesso, la realtà, sulla frontiera ambigua tra il reale e la sfera del virtuale. Nel 1973.
Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, un film d’Apichatpong Weerasethakul, Thaïlande, 2010 (1 h 54) avec Thanapat Saisaymar, Jenjira Pongpas, Sakda Kaewbuadee. Palme d’or au Festival de Cannes 2010.
Il y parfois des beautés qui nous laissent muets. Il n’y pas forcément des raisons pour les aimer, pas d’espace pour la raison. Davantage de l’art vidéo que du cinéma. Se laisser emporter par la beauté des images. C’est juste beau.
Ci sono a volte bellezze che lasciano muti. Non ci sono per forza delle ragioni per amarle, uno spazio per la ragione. Più video art che cinema. Lasciarsi trasportare dalla bellezza delle immagini. È semplicemente bello.
Scorgo un’ironia quasi insolente nella presenza alla Mostra del cinema di Venezia del film Se hai una montagna di neve, tienila all’ombra. Viaggio nella cultura in Italia di Elisabetta Sgarbi, sorella di Vittorio, multi-tasker man per eccellenza, onnipresente e onnipotente signore dell’arte in Italia, recentemente nominato Soprintendente del polo museale di Venezia. Il film, e qui è l’ironia, è un documentario che indaga lo stato e il ruolo della cultura e delle arti in Italia. Sono l’unica a trovarlo inopportuno, a rilevarvi una nota contraddittoria al limite del ridicolo se non fosse invece tragica? La cultura in Italia è ormai concepita come bene personale, circolo privato. E, come nelle migliori famiglie, i panni sporchi si lavano in casa.
J’aperçois une ironie quasi insolente dans la présence au Festival du cinéma de Venise du film Se hai una montagna di neve, tienila all’ombra. Viaggio nella cultura in Italia d’Elisabetta Sgarbi, sœur de Vittorio, multi-tasker manpar excellence, omniprésent et tout-puissant maître de l’art en Italie, récemment nommé Surintendant du pôle muséal à Venise. Le film, là est l’ironie, est un documentaire qui relate de l’état et du rôle de la culture et des arts en Italie. Suis-je la seule à le trouver inopportun, à y trouver une note contradictoire à la limite du ridicule, si ce n’était au contraire tragique ? La culture en Italie est désormais conçue comme bien personnel, cercle privé. Et, dans les meilleures des maisons,on lave son linge sale en famille.
L’Hôtel des Bains du Lido de Venise (décor de Mort à Venise, le roman et le film après) a fermé dans le silence, il reviendra à nouveau transformé en appartements de luxe. Le 67e Festival du Cinéma de Venise débute, passerelle fatiguée d’une grandeur évanouie, vendue, évaporée, désormais vide. Il se meurt, et Venise avec lui.
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