Chelsea, Art Gallery District

El Peine del viento et la Victoire de Samothrace (Chillida et la sculpture grecque)

Une partie, un fragment (une mutilation) qui finit par incarner une totalité, devient un tout, œuvre à part entière. La main de la Victoire de Samothrace. Une hypothèse lyrique personnelle sur la genèse du Peine del viento (Peigne du vent) d’Eduardo Chillida, qui s’est dessinée dans mon esprit lors de la lecture d’une conversation entre l’artiste et Martin de Ugalde. Une main qui caresse le vent, comme un peigne, et effleure la mer.

EC. : (…) Un jour, soudainement, que j’arrivais au Louvre et je passais par les salles égyptiennes afin de monter ensuite à celles dédiées à la peinture par les escaliers où est la Victoire de Samothrace, je me trouvais vers les salles à droite où se trouvent les fresques de la Renaissance et, en passant, je suis tombé tout d’un coup sur une vitrine dans laquelle il y avait une main mutilée qui venait d’apparaître, que je n’avais jamais vu parce que c’était une pièce nouvelle, là-bas ils disaient qu’elle avait été découverte récemment et qu’on croyait qu’elle appartenait à la Victoire de Samothrace… Je suis resté paralysé, parce que ça c’était la Grèce, n’est-ce pas ? C’était une rencontre inattendue avec la Grèce et en plus les mains m’intéressent beaucoup, comme tu sais, je dessine beaucoup la main ; ainsi, je me rendis compte, en ce moment, que la Grèce n’était plus dangereuse, comme elle l’avait été pour moi, qu’elle n’avait plus ce pouvoir, dans le mauvais sens du terme, sur moi, de me dérouter, parce que j’étais très consolidé dans ma ligne fondamentale… Je me rendis compte de ça quand je vis cette main et j’eus en plus l’impression que le grec pouvait en cette étape, à la place de me soustraire, m’apporter des choses…

MdU : Seulement à travers de cette main.

EC : Seulement à travers de cette main. Ensuite, je retournais à l’hôtel, je rencontrais Pili (sa femme n.d.t) et je lui dis : hé, j’ai vu ça, viens voir cette merveille… (extrait de Hablando con Chillida de Martin de Ugalde, la traduction est la mienne).

Una parte, un frammento (una mutilazione) che finisce per incarnare una totalità, diventa un tutto, opera a sè. Un’ipotesi lirica personale sulla genesi del Peine del viento (Pettine del vento) di Eduardo Chillida che si è disegnata nella mia mente durante la lettura di una conversazione tra l’autore e Martin de Ugalde. Una mano che accarezza il vento, come un pettine, e sfiora il mare.

EC: (…) Un giorno, all’improvviso, arrivavo al Louvre e passavo per le sale egiziane per salire poi a quelle della pittura per le scale dove c’è la Vittoria di Samotracia, mi misi verso le sale a destra, dove si trovano gli affreschi del Rinascimento e, passando, mi sono imbattuto in una vetrina in cui c’era mano mutilata, appena apparsa, che non avevo mai visto perché era un reperto nuovo, lì dicevano che era stata scoperta recentemente e che credevano fosse della Vittoria di Samotracia… Rimasi paralizzato, perché questo era la Grecia, no? Era un incontro inatteso con la Grecia e, per di più, le mani mi interessano molto, come sai, disegno molto la mano; così, mi resi conto, in quel momento, che la Grecia non mi era più pericolosa, come lo era stata, che non aveva più potere su di me, nel senso cattivo della parola, di farmi deviare, perché ero consolidato sulla mia linea fondamentale… Mi resi conto di questo quando vidi questa mano ed ebbi l’impressione che il greco in questa tappa poteva non più sottrarmi ma apportarmi delle cose…

MdU: Solo attraverso questa mano.

EC: Solamente attraverso questa mano. In seguito, sono tornato all’hotel, vi incontrai Pili (sua moglie n.d.t) e le dissi: hey, ho visto questo, vieni a vedere questa meraviglia… (estratto da Hablando con Chillida di Martin de Ugalde, traduzione mia).

Dominique Blais : Trauma

träumen (all.) : rêver (fr), sognare (it).

La synthèse conceptuelle du court-métrage La Muette de Claude Chabrol. La sintesi concettuale del cortometraggio La Muette di Claude Chabrol.

Dominique Blais, Trauma, 2010 (bouchons d’oreilles en céramique, vitrine, diffusion sonore), Galerie Xippas, 108 rue Vieille-du-Temple, Paris 3e

Frida Kahlo. André Breton. Perspectives divergentes.

L’art de Frida Kahlo est un ruban autour d’une bombe ! André Breton, 1939

Je préférerais m’asseoir par terre pour vendre des tortillas au marché de Toluca plutôt que de devoir m’associer à ces putains d’ « artistes » parisiens. Ils passent des heures à réchauffer leurs précieuses fesses aux tables des cafés, parlent sans discontinuer de la culture, de l’art, de la Révolution, en se prenant pour les Dieux du monde et en infectant l’atmosphère avec des théories qui ne deviennent jamais réalité. Le lendemain, ils n’ont rien à manger, vu que pas un seul d’entre eux ne travaille. Ils vivent comme des parasites, aux crochets d’un tas de vieilles peaux pleines aux as qui admirent le « génie ». Ça valait le coup de venir, rien que pour voir pourquoi l’Europe est en train de pourrir sur pied et pourquoi ces gens sont la cause de tous les Hitler et Mussolini. Frida Kahlo dans une lettre, lors de son séjour à Paris en 1939

L’arte di Frida Kahlo è un nastro attorno a una bomba! André Breton, 1939

Preferirei stare seduta per terra a vendere delle tortillas al mercato di Toluca piuttosto che dover stare insieme con quei cazzo di ”artisti” parigini. Passano delle ore a scaldare i loro preziosi fondoschiena ai tavoli dei caffè, parlano senza interruzione della cultura, dell’arte, della Rivoluzione, prendendosi per gli dei del mondo e infettando l’atmosfera con delle teorie che non diventano mai realtà. Il giorno seguente, non hanno nulla da mangiare, visto che nemmeno uno di loro lavora. Vivono come dei parassiti, alle spalle di un mucchio di vecchie decrepite piene di soldi che ammirano il “genio”. Valeva la pena venire, non fosse che per vedere perché l’Europa sta marcendo e perché questa gente è la causa di tutti gli Hitler e Mussolini. Frida Kahlo, in una lettera in occasione del suo soggiorno a Parigi nel 1939 (la traduzione dal francese è mia).

via Libération. Le Mag, « Frida Kahlo, le temps retrouvé », samedi 11 et dimanche 12 septembre 2010

Lady Gaga en chair (sous une robe de viande crue)

Couverture de Vogue Hommes Japan, septembre 2010 : Lady Gaga photographiée par Terry Richardson nue sous une robe-bikini en viande crue. The Naked Truth. Mise en scène inspirée à l’art contemporain ? Clin d’oeil (involontaire?) à Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique, 1987 de Jana Sterbak, dans les collections du Centre Pompidou (ci-dessus). En ces temps de polémiques autour de l’art et du plagiat. Une suggestion. L’art est l’art de voler (appropriation savante). Et du plaisir d’être volé, pourquoi pas.

Copertina di Vogue Hommes Japan, settembre 2010: Lady Gaga fotografata da Terry Richardson nuda sotto un vestito-bikini di carne cruda. The Naked Truth. Mise en scène ispirata all’arte contemporanea? Strizzatina d’occhio (involontaria?) à Vanitas: Flesh Dress for an Albino Anorectic, 1987 di Jana Sterbak, nelle collezioni del Centre Pompidou (quassù). In questi tempi di polemiche in Francia sull’arte e il plagio. Una suggestione. L’arte è l’arte di rubare (appropriazione sapiente). E del piacere di farsi rubare, perché no.

Frammenti