Portbou, village-passage. Passages.

La quatrième image est un passage – le monument (Passages) de Dani Karavan à la mémoire de Walter Benjamin – une descente vertigineuse, un saut dans la mer. Et une phrase de Benjamin, sur l’histoire, la mémoire, les noms :

C’est bien plus difficile d’honorer la mémoire des anonymes que celle des personnes célèbres. La construction historique est consacrée à la mémoire de ceux qui n’ont pas de nom. W. Benjamin.

La quarta immagine è un passage – il monumento (Passages) di Dani Karavan alla memoria di Walter Benjamin – una discesa vertiginosa, un salto nel mare. E una frase di Benjamin, sulla storia, la memoria, i nomi:

È più difficile onorare la memoria delle persone anonime che quella delle persone celebri. La costruzione storica è consacrata alla memoria di coloro che non hanno nome. W. Benjamin.

Portbou, village-passage. La mer.

La troisième image est la mer. La mer qui s’ouvre aux yeux en descendant la Rambla de Catalunya, seul point de fugue possible.

La terza immagine è il mare. Il mare che si apre agli occhi, scendendo dalla Rambla de Catalunya, solo punto di fuga possibile.

Portbou, village-passage. Le village.

La seconda immagine sono le strade deserte, i fili dell’elettricità che corrono lungo il villaggio, si intrecciano sopra la testa, strisciano il cielo. Sono le case sventrate. Una scenografia carica di storia che mi riporta al secolo scorso.

La deuxième image ce sont les rues désertes, les fils de l’électricité qui courent par le village, se croisent sur la tête, tracent le ciel. Ce sont les bâtiments éventrés. Une scénographie chargée d’histoire qui me ramène au siècle dernier.

Portbou, village-passage. La gare.

Portbou est un village de frontière. D’une frontière qui n’en est plus une. Mais le village garde cette empreinte, néanmoins. On y respire la frontière. On y échoue, on y passe. On n’y reste pas. Portbou est un passage. Walter Benjamin y a échoué. Intriguée par l’histoire, je suis allée à Portbou. Portbou, étrange no man’s land, village-passage, comme tous les villages de frontière. Portbou garde l’empreinte, porte le fardeau de l’histoire, village-passage où la vie de Walter Benjamin s’est arrêtée. Un passage à travers lequel il a trépassé.

La première image est la gare. Et la gare est à l’image de Portbou. Dans sa voûte, elle pourrait accueillir (pas seulement métaphoriquement) tout le village. Dans un village-passage, la gare se dresse en monument. Une gare majestueuse – démesurée – et déserte.

Portbou è un villaggio di confine. Di un confine che non è più confine. Ma il villaggio conserva questa impronta, nonostante tutto. Ci si respira la frontiera. Ci si arriva, come naufraghi, si passa. Non ci si resta. Portbou è un passage. Walter Benjamin ci è naufragato. Intrigata dalla storia, sono andata a Portbou. A Portbou, strana terra di nessuno, village-passage come tutti i villaggi di frontiera. Portbou conserva l’impronta, porta il peso della storia, village-passage dove la vita di Walter Benjamin si è fermata. Un passage attraverso il quale è tra-passato.

La prima immagine è la stazione. E la stazione è all’immagine di Portbou. Sotto la sua volta potrebbe accogliere (e non solo metaforicamente) tutto il villaggio. In un villaggio-passage, la stazione svetta come un monumento. Una stazione maestuosa – smisurata – e deserta.

Impression, soleil tombé (j’irai pas voir Monet)

Je suis snob, extrêmement, insupportablement snob. J’ai une idée très (trop) haute de l’art et de sa fonction pour aimer sa marchandisation. Je ne peux donc que viscéralement ne pas aimer les opérations du genre expos blockbusters. Je n’irai donc pas voir l’exposition de Monet au Grand Palais – bien sûr, on ne peut pas juger sans avoir vu, oui, c’est snob (je viens de le dire, je suis snob), oui c’est superficiel (non, ce n’est pas superficiel c’est intransigeant et je suis intransigeante), oui c’est prétentieux, tout à fait, je suis tout ça, mais je n’irai quand même pas voir l’exposition de Monet. Je ne suis pas masochiste, d’ailleurs. Je ne peux pas songer sans effroi à aller me fourrer dans un espace clos avec des milliers de personnes pour voir une exposition, faire une queue interminable (encore que je trouverais certainement un escamotage élégant, quelque carte magique pour ne pas faire la queue, oui, je suis assez débrouillarde et avec raison, étant snob) pour après me retrouver serrée parmi des malheureux entassés comme des sardines à essayer de contempler (entrevoir en état extatique obligé) des bouts de bonne vieille peinture entre les têtes des visiteurs. Et ça je ne le pourrais pas éviter. J’ai une très haute considération de l’art et de sa fonction. Mais là ça virerait à l’autopunition. Et n’étant pas masochiste… Une moyenne de 6 300 personnes par jour. On pourrait atteindre le chiffre record de 800 000 visiteurs. C’est dément. Le plaisir, où est-il passé ? Je continue tout de même à demeurer surprise par la transformation de la consommation culturelle en industrie du loisir, par sa capacité de faire tourner l’art en un besoin répandu à consommer absolument, avidement, comme un Coca. Faire devenir une expo un événement incontournable. C’est un tour de force de la pensée extraordinaire. Je veux dire, c’est de la peinture, ça peut être ennuyeux, ça peut ne pas plaire ni intéresser à tout le monde, ce serait même légitime, ça touche à une sphère du plaisir très particulière. Et payer, supporter la queue, la foule, s’infliger du mal pour ça. C’est un peu comme si on arrivait à me convaincre de l’absolue nécessité, pour mon bonheur, de payer 10 euros pour aller visiter une exposition de crapauds australiens de compétition mais non sans avoir d’abord attendu débout des heures avant d’entrer et puis déambuler dans la foule au risque de ne rien voir. Ce serait aussi fou que cela. Je m’interroge sur le sens scientifique de l’exposition (y avait-t-il besoin d’une rétrospective de Monet ou pouvait-on passer outre ?), je m’interroge sur les querelles et les mesquineries qui font surface sur un fond de chocs d’égos, sur la confusion qui règne désormais entre art et commerce, culture, communication et buzz. Impression d’une drôle d’époque de l’art à l’époque de sa marchandisation.

Sono snob, estremamente, insopportabilmente snob. Ho un’idea molto (troppo) alta dell’arte e della sua funzione per amare la sua mercificazione. Non posso che visceralmente non amare le operazioni genere mostre blockbuster. Non andrò quindi a vedere la mostra di Monet al Grand Palais – certo, non si può giudicare senza avere visto, sì, tutto ciò è snob (l’ho appena detto, sono snob), sì tutto ciò è superficiale (no, non è superficiale è intransigente ed io sono intransigente), sì tutto ciò è pretenzioso, esattamente, io sono tutto ciò ma non andrò comunque a vedere l’esposizione di Monet. Non sono masochista, tra l’altro. Non posso, senza un certo timore, pensare di andare ad infilarmi in uno spazio chiuso con altre migliaia di persone per vedere una mostra, fare una coda interminabile (anche se troverei certamente un escamotage elegante, qualche carta magica per non fare la coda, sì, sono abile nell’aggirare queste situazioni, e a ragione, essendo una snob) per poi ritrovarmi stretta in mezzo ad un mucchio di sventurati pressati come sardine a cercare di contemplare (intravedere in stato estatico obbligato) dei pezzi di buona vecchia pittura tra le teste dei visitatori. E questo non potrei evitarlo. Ho una considerazione molto alta dell’arte e della sua funzione. Ma qui volgerebbe all’autopunizione. E non essendo masochista… Una media di 6 300 persone al giorno. Si potrebbe raggiungere e oltrepassare la cifra record di 800 000 visitatori. È pazzesco. Il piacere dove è finito? Continuo a rimanere sorpresa dalla trasformazione della consumazione culturale in industria dell’intrattenimento, della sua capacità di far diventare l’arte un bisogno diffuso da consumare assolutamente, avidamente, come una Coca-Cola. Far diventare una mostra, un avvenimento imperdibile. È un tour de force straordinario del pensiero. Voglio dire, si tratta di pittura, può essere noioso, può non piacere né interessare a tutti, e sarebbe legittimo, tocca una sfera del piacere molto particolare. E per questo pagare, sopportare la coda, la folla, infliggersi del male. È un po’ come se riuscissero a convincermi dell’assoluta necessità, per la mia felicità, di pagare 10 euro per andare a visitare una mostra di rospi australiani da competizione ma non senza prima aver atteso in piedi per delle ore prima di entrare e poi deambulare nella folla col rischio di non vedere nulla. Sarebbe altrettanto folle. Mi interrogo sul senso scientifico della mostra (ce n’era veramente bisogno di una retrospettiva Monet o si poteva passare oltre?), mi interrogo sulle querelles e le meschinerie che affiorano in superficie sullo sfondo di scontri di ego, sulla confusione che regna ormai tra arte e commercio, cultura, comunicazione e buzz. Impressione di una strana epoca dell’arte all’epoca della sua mercificazione.

La photo : Impression, soleil tombé, ou bien Notre-Dame pendant la Nuit blanche (l’illumination est une installation de Thierry Dreyfus, Offrez-moi votre silence – n°5………..41398, 2010, parvis de Notre-Dame, Paris 1er, la nuit du 2 octobre 2010)

Monet, Grand Palais, Paris 8e du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011

Lucciole malgrado tutto (le lucciole non sono scomparse)

Le lucciole sono definitivamente scomparse, come lanciava il grido disperato di Pasolini nel 1975?  Le immagini possono essere lucciole (resistenze, sopravvivenze), flebili bagliori che illuminano il presente oscuro? L’immaginazione è politica? Partendo da Come le lucciole. Una politica delle sopravvivenze di Georges Didi-Huberman (Bollati Boringhieri, Torino, 2010), le mie riflessioni sulle Immagini come lucciole sono nel nuovo numero della rivista Engramma dedicato alle Lucciole malgrado tutto, in ottima compagnia con Monica Centanni, Daniele Pisani, Anna Banfi, Maria Bergamo, Guglielmo Bilancioni, Corrado Bologna, Alessandro Dal Lago, Claudio Franzoni, Stefano Bartezzaghi, Laura Waddington

Les lucioles ont-elles définitivement disparu, comme le cri désespéré de Pasolini en 1975 laissait entendre ? Les images peuvent-elles être lucioles (résistances, survivances), faibles lueurs qui illuminent un présent obscur ? L’imagination est-elle politique ? À partir de La survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman (Minuit, Paris, 2009), mes réflexions sur les Images comme des lucioles sont dans le nouveau numéro de la revue Engramma dédié aux Lucioles malgré tout.