Impression, soleil tombé (j’irai pas voir Monet)

Je suis snob, extrêmement, insupportablement snob. J’ai une idée très (trop) haute de l’art et de sa fonction pour aimer sa marchandisation. Je ne peux donc que viscéralement ne pas aimer les opérations du genre expos blockbusters. Je n’irai donc pas voir l’exposition de Monet au Grand Palais – bien sûr, on ne peut pas juger sans avoir vu, oui, c’est snob (je viens de le dire, je suis snob), oui c’est superficiel (non, ce n’est pas superficiel c’est intransigeant et je suis intransigeante), oui c’est prétentieux, tout à fait, je suis tout ça, mais je n’irai quand même pas voir l’exposition de Monet. Je ne suis pas masochiste, d’ailleurs. Je ne peux pas songer sans effroi à aller me fourrer dans un espace clos avec des milliers de personnes pour voir une exposition, faire une queue interminable (encore que je trouverais certainement un escamotage élégant, quelque carte magique pour ne pas faire la queue, oui, je suis assez débrouillarde et avec raison, étant snob) pour après me retrouver serrée parmi des malheureux entassés comme des sardines à essayer de contempler (entrevoir en état extatique obligé) des bouts de bonne vieille peinture entre les têtes des visiteurs. Et ça je ne le pourrais pas éviter. J’ai une très haute considération de l’art et de sa fonction. Mais là ça virerait à l’autopunition. Et n’étant pas masochiste… Une moyenne de 6 300 personnes par jour. On pourrait atteindre le chiffre record de 800 000 visiteurs. C’est dément. Le plaisir, où est-il passé ? Je continue tout de même à demeurer surprise par la transformation de la consommation culturelle en industrie du loisir, par sa capacité de faire tourner l’art en un besoin répandu à consommer absolument, avidement, comme un Coca. Faire devenir une expo un événement incontournable. C’est un tour de force de la pensée extraordinaire. Je veux dire, c’est de la peinture, ça peut être ennuyeux, ça peut ne pas plaire ni intéresser à tout le monde, ce serait même légitime, ça touche à une sphère du plaisir très particulière. Et payer, supporter la queue, la foule, s’infliger du mal pour ça. C’est un peu comme si on arrivait à me convaincre de l’absolue nécessité, pour mon bonheur, de payer 10 euros pour aller visiter une exposition de crapauds australiens de compétition mais non sans avoir d’abord attendu débout des heures avant d’entrer et puis déambuler dans la foule au risque de ne rien voir. Ce serait aussi fou que cela. Je m’interroge sur le sens scientifique de l’exposition (y avait-t-il besoin d’une rétrospective de Monet ou pouvait-on passer outre ?), je m’interroge sur les querelles et les mesquineries qui font surface sur un fond de chocs d’égos, sur la confusion qui règne désormais entre art et commerce, culture, communication et buzz. Impression d’une drôle d’époque de l’art à l’époque de sa marchandisation.

Sono snob, estremamente, insopportabilmente snob. Ho un’idea molto (troppo) alta dell’arte e della sua funzione per amare la sua mercificazione. Non posso che visceralmente non amare le operazioni genere mostre blockbuster. Non andrò quindi a vedere la mostra di Monet al Grand Palais – certo, non si può giudicare senza avere visto, sì, tutto ciò è snob (l’ho appena detto, sono snob), sì tutto ciò è superficiale (no, non è superficiale è intransigente ed io sono intransigente), sì tutto ciò è pretenzioso, esattamente, io sono tutto ciò ma non andrò comunque a vedere l’esposizione di Monet. Non sono masochista, tra l’altro. Non posso, senza un certo timore, pensare di andare ad infilarmi in uno spazio chiuso con altre migliaia di persone per vedere una mostra, fare una coda interminabile (anche se troverei certamente un escamotage elegante, qualche carta magica per non fare la coda, sì, sono abile nell’aggirare queste situazioni, e a ragione, essendo una snob) per poi ritrovarmi stretta in mezzo ad un mucchio di sventurati pressati come sardine a cercare di contemplare (intravedere in stato estatico obbligato) dei pezzi di buona vecchia pittura tra le teste dei visitatori. E questo non potrei evitarlo. Ho una considerazione molto alta dell’arte e della sua funzione. Ma qui volgerebbe all’autopunizione. E non essendo masochista… Una media di 6 300 persone al giorno. Si potrebbe raggiungere e oltrepassare la cifra record di 800 000 visitatori. È pazzesco. Il piacere dove è finito? Continuo a rimanere sorpresa dalla trasformazione della consumazione culturale in industria dell’intrattenimento, della sua capacità di far diventare l’arte un bisogno diffuso da consumare assolutamente, avidamente, come una Coca-Cola. Far diventare una mostra, un avvenimento imperdibile. È un tour de force straordinario del pensiero. Voglio dire, si tratta di pittura, può essere noioso, può non piacere né interessare a tutti, e sarebbe legittimo, tocca una sfera del piacere molto particolare. E per questo pagare, sopportare la coda, la folla, infliggersi del male. È un po’ come se riuscissero a convincermi dell’assoluta necessità, per la mia felicità, di pagare 10 euro per andare a visitare una mostra di rospi australiani da competizione ma non senza prima aver atteso in piedi per delle ore prima di entrare e poi deambulare nella folla col rischio di non vedere nulla. Sarebbe altrettanto folle. Mi interrogo sul senso scientifico della mostra (ce n’era veramente bisogno di una retrospettiva Monet o si poteva passare oltre?), mi interrogo sulle querelles e le meschinerie che affiorano in superficie sullo sfondo di scontri di ego, sulla confusione che regna ormai tra arte e commercio, cultura, comunicazione e buzz. Impressione di una strana epoca dell’arte all’epoca della sua mercificazione.

La photo : Impression, soleil tombé, ou bien Notre-Dame pendant la Nuit blanche (l’illumination est une installation de Thierry Dreyfus, Offrez-moi votre silence – n°5………..41398, 2010, parvis de Notre-Dame, Paris 1er, la nuit du 2 octobre 2010)

Monet, Grand Palais, Paris 8e du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011

Pane e cultura

Me l’ero persa. Recupero.

Nei periodi di crisi la gente non si mangia mica la cultura. Giulio Tremonti, Ministro dell’Economia, ottobre 2010

J’avais raté celle-là. Je récupère.

En période de crise, les gens ne vont quand même pas manger de la culture. Giulio Tremonti, Ministre de l’Economie, octobre 2010

Lucciole malgrado tutto (le lucciole non sono scomparse)

Le lucciole sono definitivamente scomparse, come lanciava il grido disperato di Pasolini nel 1975?  Le immagini possono essere lucciole (resistenze, sopravvivenze), flebili bagliori che illuminano il presente oscuro? L’immaginazione è politica? Partendo da Come le lucciole. Una politica delle sopravvivenze di Georges Didi-Huberman (Bollati Boringhieri, Torino, 2010), le mie riflessioni sulle Immagini come lucciole sono nel nuovo numero della rivista Engramma dedicato alle Lucciole malgrado tutto, in ottima compagnia con Monica Centanni, Daniele Pisani, Anna Banfi, Maria Bergamo, Guglielmo Bilancioni, Corrado Bologna, Alessandro Dal Lago, Claudio Franzoni, Stefano Bartezzaghi, Laura Waddington

Les lucioles ont-elles définitivement disparu, comme le cri désespéré de Pasolini en 1975 laissait entendre ? Les images peuvent-elles être lucioles (résistances, survivances), faibles lueurs qui illuminent un présent obscur ? L’imagination est-elle politique ? À partir de La survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman (Minuit, Paris, 2009), mes réflexions sur les Images comme des lucioles sont dans le nouveau numéro de la revue Engramma dédié aux Lucioles malgré tout.

L’art contemporain, c’est creux, c’est cool?

Limousines (interviews à l’intérieur d’une limousine), projet dans le cadre de la Biennale de Belleville 2010, sur une idée d’Abdellah Karroum.

Performance ou creux, vide pneumatique de la pensée sur l’art ?

Je ne supporte pas les généralisations, quand j’entends prononcer la phrase fatidique « l’art contemporain c’est n’importe quoi » j’enrage, pareil quand j’entends « mon fils de deux ans aussi serait capable de faire ça » ou, pire, « moi aussi je pourrais faire ça ». Néanmoins, j’assume avec amertume que l’inconsistance et le vide guettent l’art contemporain : il est toujours plus difficile de se retrouver dans l’immense sur-production d’œuvres et la sur-population d’artistes ou supposés tels. L’art, ce petit milieu, ressemble (très, trop souvent) à un jeu de société où les protagonistes (marchands, curators, critiques, amateurs, artistes et tous les wanna be) actent comme sur le plateau d’un glam-coolo-show, protagonistes (conscients, inconscients) d’une performance collective où tout le petit monde se met en scène. L’art devient une attitude. Une cool attitude. Tout le monde est (a la sensation ?) d’être une star (Warhol docet). Être ou ne pas y être, this is the question. La performance emporte le contenu. Elle dégage un creux flou, comme un brouillard épais où il est difficile de tracer le confine entre fiction et réalité (c’est une performance ou c’est la réalité ?) où l’esprit critique se noie, désemparé. Je vis dans la contradiction.

Performance o vuoto pneumatico del pensiero sull’arte?

Non sopporto le generalizzazioni, quando sento pronunciare la fatidica frase “l’arte contemporanea è assurda, nulla” mi arrabbio, uguale quando sento “mio figlio di due anni saprebbe fare questo” o, peggio, “anche io sono capace di fare quello”. Ciononostante, constato con amarezza che l’inconsistenza e il vuoto minacciano l’arte contemporanea: è sempre più difficile ritrovarsi nell’immensa sovrapproduzione di opere ed il sovrappopolamento di artisti o supposti tali. L’arte, questo piccolo milieu, assomiglia (molto, troppo spesso) a un gioco di società in cui i protagonisti (mercanti, curatori, critici, amatori, artisti e tutti i wanna be) recitano come sul set di un glam-cool-show, protagonisti (coscienti, incoscienti) di una performance collettiva dove tutto il piccolo mondo si mette in scena. L’arte diventa un’attitudine. Ognuno è (si sente?) una star (Warhol docet). Esserci o non esserci, this is the question. La performance porta via con sé il contenuto. Diffonde un vuoto sfumato, come una spessa nebbia in cui è difficile tracciare il confine tra finzione e realtà (è una performance o è la realtà?), in cui lo spirito critico annega, spaesato. Vivo nella contraddizione.

Art et fécondation assistée

Une pensée sur les liens étroits – souvent invisibles et impénétrables – entre l’art et la société. L’art et la science. L’art comme espace de compréhension et de connaissance dans la transfiguration du monde, sa réélaboration en un monde de symboles. L’art comme prophétie. Réflexion née du court-circuit déclenché par le souvenir fécond de l’exposition « fertilisante » de Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger Comment rester fertile ? et l’annonce d’aujourd’hui du prix Nobel de la médecine décerné à Robert G. Edwards, pionnier de la fécondation in vitro.

Un pensiero sui legami stretti – spesso invisibili o impenetrabili – tra l’arte e la società. L’arte e la scienza. L’arte come spazio di comprensione e conoscenza nella trasfigurazione del mondo, nella sua rielaborazione in un mondo di simboli. L’arte come profezia. Riflessione nata dal cortocircuito scattato dal ricordo fecondo dell’esposizione “fertilizzante” di Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger Come rimanere fertili? e l’annuncio di oggi del premio Nobel per la medicina attribuito a Robert G. Edwards, pioniere della fecondazione assistita.

Questo non è un vaffanculo (omnia munda mundis): Maurizio Cattelan

Maurizio Cattelan, L.O.V.E, Piazza Affari, Milano dal 24 settembre al 3 ottobre 2010

Quando l’arte sembra aver esaurito il suo potere impattante, quando gli sguardi sembrano assuefatti e acritici, felice è l’occasione di vedere che ancora un’opera d’arte riesce sorprendentemente a creare polemica, imbarazzare le istituzioni, indignare il pubblico. Sarebbe un’occasione felice se, invece, il movimento di reazione scatenato non si muovesse nel senso sbagliato (non verso la luna ma all’indice che la punta) ovvero contro l’arte, rivelandosi – purtroppo e ancora – un’occasione per svelare l’ipocrisia e l’analfabetismo visivo imperante. Maurizio Cattelan, L.O.V.E, Piazza Affari, Milano. L’indignazione scatenata dalla scultura è mossa principalmente da ragioni di decoro, buon costume, buon gusto. Una crociata contro la volgarità. La volgarità viene accettata supinamente (o, positivamente, di buon grado la si elegge come stile di vita) nella comunicazione privata e pubblica, nel discorso politico. Ma non nell’arte. L’idea comunemente diffusa sull’arte è che l’arte debba essere bella, accondiscendente e muta. Cioè tutto il contrario della realtà. L’arte non sarebbe fatta quindi per aprire interrogativi e spiragli di inquietudini, farsi apertura sul mondo, sarebbe fatta per pacificare gli spiriti, diffondere davanti agli occhi una tranquillizzante, vaporosa e profumata coltre di fumo fatta di una presupposta (falsa?) bellezza, che impedisca veramente di vedere il mondo e la sua bruttezza e di sentirne il fetore (se possibile). Maurizio Cattelan è accusato di essere volgare e/o inutilmente e facilmente provocatorio. Mi permetto di non essere d’accordo. Innanzitutto per una questione puramente formale. Pare che si voglia identificare univocamente la scultura con il gesto volgarmente noto (in Italia e in occidente) anche come vaffaculo. Ai miei occhi, questa facile lettura non è per nulla certa né veritiera, ma è piuttosto influenzata da uno sguardo abitato e indirizzato da un certo codice linguistico e visivo, da una certa visione del mondo. Da uno sguardo ‘non puro’. Il fatto di riconoscere nella scultura il rinomato gesto è possibile solo perché lo si vuole vedere come tale o perché non lo si può vedere altrimenti. Perché i propri occhi – semianalfabeti ovvero che non sanno o non prendono il tempo di leggere l’immagine per vederla veramente – non ci permettono di vedere che, tanto per cominciare, non si tratta proprio di un gesto.

… continue