
L’artiste dans la représentation de soi : un martyr bouffon ou un bouffon martyr. L’artista nella rappresentazione di sé: un martire pagliaccio o un pagliaccio martire.
Mimi The Clown, Saint-Mimi-Martyr, sticker (rue Vieille-du-Temple, Paris 4ème)

L’artiste dans la représentation de soi : un martyr bouffon ou un bouffon martyr. L’artista nella rappresentazione di sé: un martire pagliaccio o un pagliaccio martire.
Mimi The Clown, Saint-Mimi-Martyr, sticker (rue Vieille-du-Temple, Paris 4ème)

L’esprit underground – à pouvoir le visualiser, le rendre en une image, en faire une métaphore visuelle – il serait comme un fleuve, un fléau spirituel, une vague noire comme de l’encre de Chine. Il s’enfuirait en sortant des égouts, comme d’une boîte de Pandore, fluide comme une masse fluctueuse, compacte et sinueuse en même temps. Il envahirait le monde au-dessus. Il se déploierait comme une vague composée par d’innombrables âmes noires qui se noient en lui et qui, en se détachant et retombant en mille gouttes sur terre, s’évaporeraient au soleil, en demeurant inertes au sol comme autant de flaques noires.
Lo spirito underground – a poterlo visualizzare, renderlo in un’immagine, farne una metafora visiva – sarebbe come un fiume, una pandemia spirituale, un’onda nera come l’inchiostro. Scapperebbe uscendo dalle fogne, come da un vaso di Pandora, fluido come una massa flottante, compatta e sinuosa al tempo stesso. Invaderebbe il mondo di sopra. Si estenderebbe come un’onda composta da tante anime nere che si disperdono in esso e che, staccandosi e ricadendo in mille gocce su terra, evaporerebbero al sole, rimanendo inerti al sole come tante pozzanghere nere.
Momentos que solo puede vivir… el dibujante, graffiti de ESCIF (anonime valencien) / graffiti di ESCIF (anonimo valenziano) . Interview, here.


Immagini paradossali. Un uomo con un salvagente a Parigi. Aspirante, o piuttosto fallito, nuotatore urbano di mari di cemento. Un uomo prigioniero di un salvagente. Un salvagente che diventa catena. Quando l’elemento rassicuratore, salvatore quasi, si rivela, in modo subdolo, una costrizione che impedisce di muoversi e rende schiavo. La paura rende schiavi. Priva della libertà di scegliere e, perché no, di rischiare di annegare. Invito alla libertà e al coraggio di lanciarsi senza rete.
Des images paradoxales. Un homme à la bouée dans Paris. Aspirant – ou plutôt raté – nageur urbain de mers de béton. Un homme prisonnier de sa bouée. Une bouée qui se transforme en chaîne. Quand l’élément rassurant – salvateur presque – se révèle, sournoisement, une contrainte qui empêche tout mouvement et nous rend esclaves. La peur nous rend esclaves. Enlève la liberté de choisir et, pourquoi pas, de risquer de se noyer. Une invitation à la liberté et au courage de se lancer sans protection.

Una carcassa gigante sanguinolenta, una smorfia, un grido di d’orrore firmato Bonom. Il realismo di una natura morta di Rembrandt e lo stile deconstruito (e vicino al grottesco) di una creatura di Picasso. Gli scalini metallici salgono verso il tetto dell’edificio e si offrono come ossatura, colonna vertebrale dell’animale, sulla quale si aggrappa la costruzione della figura. Ma sono al tempo stesso punte feroci infilate nel corpo del toro, martoriato. E l’antenna in cima, come una sorta di scarica elettrica, che fa vibrare l’immagine. Squarcio di cruda vanitas nel Marais, tra boutiques e gallerie chic d’arte contemporanea, irrompe nell’atmosfera irreale come un pugno nello stomaco.
Une carcasse géante sanguinolente, une grimace, un cri d’horreur signé Bonom. Le réalisme d’une nature morte de Rembrandt et le style déconstruit (proche du grotesque) d’une créature de Picasso. Les marches métalliques montent vers le toit de l’édifice et s’offrent en ossature, colonne vertébrale de l’animal, sur laquelle la construction de la figure s’appuie avec force. Mais elles sont en même temps des pointes féroces implantées dans le corps du taureau, souffrant. Et l’antenne au dessus, comme une sorte de secousse électrique, fait vibrer l’image. Un aperçu cru d’une vanitas dans le Marais, parmi des boutiques et de galeries chic d’art contemporain, perce l’atmosphère irréelle comme un coup de poing à l’estomac.

Au Pavillon Carré Baudoin, la mairie du 20ème arrondissement de Paris rend hommage à ses artistes de rue et leur consacre une expo : Nemo, Jérôme Mesnager (déjà rencontré ici au Canal Saint-Martin), Mosko et associés (Michel Allemand et Gérard Laux) et Gérard Faure, photographe de leurs errances. Témoignage touchant, exemple d’intégration entre les artistes, le quartier et ses habitants. Réelle affection, tendre gratitude envers une forme de street art certes très lyrique. Poésie visuelle qui s’empare des quartiers afin de surmonter la grisaille, les bâtiments délabrés, les murs crevés. En une opération quasi filantro-humanitaire. Artistes comme anges gardiens qui sèment de grains de poésie sur les murs, pour rendre moins pénible, plus humain le quotidien. Arracher un sourire dans le passant, activer l’imagination. Jusqu’à devenir une présence amicale, créer un rapport de muette complicité avec le publique. Nemo, Chagall parisien au pochoir, avec sa silhouette noire énigmatique du Monsieur au chapeau, voyageur onirique qui arpente les murs, prêt à s’envoler au premier souffle de vent avec son parapluie et sa valise. Jérôme Mesnager avec ses corps blancs, purs squelettes acrobates, peintre métaphysique descendu à la rue. Mosko et associés avec leurs animaux d’une savane multicolore. Quand l’art contemporain peut encore être politique et populaire.
Al Pavillon Carré Baudoin, il comune del ventesimo arrondissement di Parigi rende omaggio ai suoi artisti di strada e consacra loro una mostra: Nemo, Jérome Mesnager (già incontrato qui, sulle rive del Canal Saint-Martin), Mosko et associés (Michel Allemand et Gérard Laux) e Gérard Faure, fotografo delle loro erranze. Testimonianza toccante, esempio di integrazione tra gli artisti, il quartiere e i suoi abitanti. Reale affetto, tenera gratitudine verso una forma di street art certo particolarmente “lirica”. Poesia visiva che s’impossessa dei quartieri per sormontare il grigio, gli edifici devastati, i muri cadenti. In un’operazione quasi filantropico-umanitaria. Artisti come angeli custodi che seminano granelli di poesia sui muri, per rendere meno penoso, più umano il quotidiano. Strappare un sorriso ai passanti, attivare l’immaginazione. Fino a diventare una presenza amica, a creare un rapporto di tacita complicità con il pubblico. Nemo, Chagall parigino, con la silhouette nera enigmatica dell’Uomo col cappello, viaggiatore onirico che percorre i muri, pronto a spiccare il volo col suo ombrello e la valigia. Jérôme Mesnager con i suoi corpi bianchi, puri scheletri acrobati, pittore metafisico sceso per strada. Mosko et associés con i loro animali di una savana multicolore. Quando l’arte contemporanea può ancora essere politica e popolare.






Art urbain. Mesnager, Mosko et associés, Nemo et Gérard Faure photographe, Pavillon Carré de Baudoin du 15 mai au 29 août 2009, 121 rue de Ménilmontant, Paris, 20ème

Rue Charlot, Paris 4ème
Figé à l’entrée, statuaire, insaisissable, il garde le seuil, un sphinx moderne pop, bobo chic. Il regarde le nouveau venu de son œil voilé parmi les plis de sa peau poilue, questionnement muet. L’énigme (pop) c’est du non-dit, la réponse (pop) est sur le seuil. Amour.
Amour, tag dispersé dans tout Paris dont l’auteur est Jean-Luc Duez, certains en sont intrigués, d’autres l’ont interviewé.
Immobile all’entrata, statuaria, imperscrutabile, custode della soglia, una sfinge moderna pop, bobo chic. Scruta il nuovo venuto con l’occhio velato tra le pieghe della sua pelle pelosa, muto questionare. L’enigma (pop) è nel non-detto, la risposta (pop) è sulla soglia. Amour.
Amour, tag sparso in tutta Parigi, il cui autore è Jean-Luc Duez, alcuni ne sono intrigati, altri lo hanno intervistato.
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