Sur-reality Show

Un chien andalou, un film de Luis Bunuel, scénario Luis Bunuel et Salvador Dali, Espagne,1929

Spellbound (La maison du Docteur Edwardes), un film de Alfred Hitchcock, États-Unis, 1945 (séquence du rêve dessinée par Salvador Dali)

Occhi, occhi ma per non vedere, una nuvola rasoio su questa vista, sulle immagini che si accavvallano impazzite. L’imperatore, le ancelle vergini date in pasto al drago-imperatore, nani ministro, mignottocrazia, l’imperatrice sovversiva esposta al pubblico ludibrio prima pagina seno nudo, l’imperatore nudo in lifting-tacchi-abbronzatura-toupet, i deputati giullari unghie e denti affilati difendono il loro sacro imperatore, le ministro zinne e sorrisi, deputate veline senza veli. Il pubblico anestetizzato. È il Satyricon, è un film di Fellini. No, è un incubo, è un delirio onirico disegnato da Dali. È un film di Hitchcock. È il più sur-realista dei reality show. Voglio svegliarmi.

Des yeux, des yeux mais pour ne pas voir, un nuage rasoir sur cette vue, sur les images qui se chevauchent. L’empereur, les vierges sacrifiées au dragon-empereur, les ministres nains, mignottocrazia, l’emperatrice subversive exposée en première page les seins nus, l’empereur nu en lifting-talons-bronzage-postiche sur la tête, les députés bouffons ongles et dents tranchants en défense de leur empereur sacré, les ministres nichons et sourires, les députées veline sans voiles. Le public anesthésié. C’est le Satyricon, c’est un film de Fellini. Non, c’est un cauchemar, un délire onyrique dessiné par Dali. C’est un film d’Hitchcock. C’est le plus sur-réaliste des reality shows. Je veux me reveiller.

Fenêtre sur cour (2ème épisode)

voisinReflexe

Un’altra storia alla Hitchcock. Nelle mattine di sole, quando la luce entra di soppiatto fino ad inondare il salotto, di solito mi trovo seduta al tavolo, mezz’addormentata. Gusto lentamente la mia colazione, sorseggiando il tè, ascoltando le notizie alla radio e guardando fuori il cielo.

E mi accade spesso di intravvedere una presenza familiare lì, al di là della finestra. Inizialmente con imbarazzo e oramai con un sorriso, posso scorgere in un vetro del palazzo di fronte il riflesso di un uomo disteso al sole. D’abitudine è senza veli, da cui il mio primo, giustificato forse, imbarazzo. Spettatrice mio malgrado, complice di un intricato gioco di riflessi. Condividiamo, a sua insaputa e a distanza, questi momenti – ahimé sì rari a Parigi – di sole mattutino, ognuno intento nel suo rito. Mentre io mi godo il sole, seduta sorseggiando il mio tè, lui si gode il sole leggendo il giornale con un tè o un caffè (?). Ma io, al suo confronto, devo ammettere con umiltà, di essere solo un’edonista dilettante. Il mio vicino sconosciuto e inconsapevole, è un vero professionista dei piccoli piaceri. Spalancate le finestre, accosta il letto il più possibile, per immergersi completamente e comodamente nella luce e ricevere al meglio il suo bagno di sole. Quel sole mattutino che scalda timidamente la pelle, quel calore piacevole accentuato dall’aria frizzante del mattino.

Une autre histoire à la Hitchcock. Dans les matins ensoleillés, quand la lumière rentre à la sauvette jusqu’à inonder le salon, d’habitude je suis assise à table, moitié endormie. Je goûte lentement mon petit-déjeuner, sirote mon thé en écoutant les infos à la radio, regardant le ciel, dehors.

Et il m’arrive souvent d’entrevoir une présence familière là-bas, au-delà de la fenêtre. Initialement avec embarras et désormais avec un sourire, je puis apercevoir dans une vitre de l’édifice d’en face le reflex d’un homme allongé au soleil. D’habitude il est sans voiles, d’où mon premier, peut-être justifié, embarras. Spectatrice malgré moi, complice d’un jeux embrouillé de réflexes. Nous partageons, à son insu et à distance, ces moments – ô combien rares à Paris – de soleil matinal, chacun occupé dans son rite. Alors que moi je profite du soleil, assise, buvant mon thé, lui il profite du soleil en lisant le journal avec un thé ou un café (?). Mais moi, par rapport à lui, j’avoue avec humilité, je ne suis qu’une hédoniste dilettante. Mon inconnu et inconscient voisin, lui, il est un vrai professionnel des petits plaisirs. Les fenêtres grandes ouvertes, il approche son lit le plus possible, afin de plonger complètement et confortablement dans la lumière et recevoir le mieux possible son bain de soleil. Ce soleil matinal qui réchauffe timidement la peau, cette agréable chaleur accentuée par l’air pétillant du matin.

Fenêtre sur cour (1er épisode)

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« La finestra sul cortile » di Hitchcock è un classico, una fonte d’ispirazione. Voyeurismo, ricerca sociologica, o semplice passatempo? Adoro osservare e dai dettagli ricostruire una storia. Un insieme di tutto questo e molta immaginazione. L’erba del vicino è sempre più verde. L’occhio mi cade oltre la finestra, sul vicino di fronte, lo osservo e mi ritrovo a cercare d’immaginare la sua vita. Rapidamente una punta di invidia si insinua. Perché dopo una rapida e superficiale analisi, mi appare chiaro che l’idillio urbano sia lì, al di là della strada, proprio di fronte. In un appartamento con un balcone soleggiato, dove un uomo, piacente, i capelli brizzolati, si gode il sole pomeridiano sulla sua sdraio. Ha l’aria visibilmente soddisfatta, è probabilmente architetto, ingegnere, un libero professionista, attività che gli consente questi momenti di relax « chez soi ». Rilassato ma non troppo, non perde tempo, non « sconnette », approfitta di questo stacco per parlare al cellulare. Il balcone, una ragazza bella e giovane e un gatto ultra-peloso, che la giovane donzella pettina sul balcone. È troppo per me e il mio ego già sofferente di pseudo-intellettual-precaria. È uno di quei tipici parisiens che a qualsiasi festa eviterei come la peste. Perché non si può reggere il confronto con loro, in questa città in cui la soddisfazione deve essere sempre stellare, l’entusiasmo esagerato : come farei alla fatidica domanda « Qu’est-ce que vous faites dans la vie »?. È troppo perfettino.
Devo dunque cedere ? L’erba del vicino è sempre veramente più verde?
Un dubbio mi sfiora, c’è ancora una possibilità di salvarmi: e se avesse l’alito pesante? E se fosse di una noia soporifera? E se non sapesse ballare? E se la leggiadra donzella lo tradisse?
Tutto è questione di apparenza e di sostanza.

« Fenêtre sur cour » d’Hitchcock est un classique, source d’inspiration. Voyeurisme, recherche sociologique ou simple passe-temps? J’adore observer et à partir des détails reconstruire des histoires. C’est un peu tout ça et beaucoup d’imagination. L’herbe du voisin est toujours verte. L’oeil tombe au-delà de la fenêtre, sur le voisin d’en face, je l’observe et me retrouve à essayer d’imaginer sa vie. Rapidement, une pointe d’envie s’installe. Parce qu’après une analyse rapide et superficielle, il me semble clair que l’idylle urbaine se trouve là, au-delà de la rue, juste en face. Dans un appartement avec un balcon ensoleillé où un homme, plaisant, les cheveux grisonnants, jouit du soleil de l’après-midi sur sa chaise longue. Il a l’air visiblement satisfait, avec ses lunettes de soleil, il est probablement architecte, ingénieur, un travailleur indépendant, ce qu’il lui permet ces moments de relax chez soi. Relaxé « ma non troppo », il ne perd pas son temps, il ne déconnecte pas, il profit de ce break pour parler à son portable. Le balcon, une amie belle et jeune et un chat ultra poilu que la jeune beauté brosse sur le balcon. C’est trop pour moi et mon ego déjà souffrant de pseudo-intello-précaire. Il est un de ces parisiens typiques qu’à n’importe quelle fête je fuirais comme la peste. Parce qu’on ne peut pas soutenir une confrontation avec, dans cette ville où la satisfaction doit être toujours exceptionnelle et l’enthousiasme exagéré : comment ferais-je à la question fatidique « Qu’est-ce que vous faites dans la vie? ». Il est trop « perfettino ».
Dois-je céder donc? L’herbe du voisin est-elle toujours vraiment verte?
Un doute m’effleure, il y a encore une possibilité de me sauver : et si son haleine est insupportable? Et s’il est un ennuyeux soporifique? Et s’il ne sait pas danser? Et si la jeune beauté le trahit?
Tout est question d’apparence et de substance.