Frida Kahlo. André Breton. Perspectives divergentes.

L’art de Frida Kahlo est un ruban autour d’une bombe ! André Breton, 1939

Je préférerais m’asseoir par terre pour vendre des tortillas au marché de Toluca plutôt que de devoir m’associer à ces putains d’ « artistes » parisiens. Ils passent des heures à réchauffer leurs précieuses fesses aux tables des cafés, parlent sans discontinuer de la culture, de l’art, de la Révolution, en se prenant pour les Dieux du monde et en infectant l’atmosphère avec des théories qui ne deviennent jamais réalité. Le lendemain, ils n’ont rien à manger, vu que pas un seul d’entre eux ne travaille. Ils vivent comme des parasites, aux crochets d’un tas de vieilles peaux pleines aux as qui admirent le « génie ». Ça valait le coup de venir, rien que pour voir pourquoi l’Europe est en train de pourrir sur pied et pourquoi ces gens sont la cause de tous les Hitler et Mussolini. Frida Kahlo dans une lettre, lors de son séjour à Paris en 1939

L’arte di Frida Kahlo è un nastro attorno a una bomba! André Breton, 1939

Preferirei stare seduta per terra a vendere delle tortillas al mercato di Toluca piuttosto che dover stare insieme con quei cazzo di ”artisti” parigini. Passano delle ore a scaldare i loro preziosi fondoschiena ai tavoli dei caffè, parlano senza interruzione della cultura, dell’arte, della Rivoluzione, prendendosi per gli dei del mondo e infettando l’atmosfera con delle teorie che non diventano mai realtà. Il giorno seguente, non hanno nulla da mangiare, visto che nemmeno uno di loro lavora. Vivono come dei parassiti, alle spalle di un mucchio di vecchie decrepite piene di soldi che ammirano il “genio”. Valeva la pena venire, non fosse che per vedere perché l’Europa sta marcendo e perché questa gente è la causa di tutti gli Hitler e Mussolini. Frida Kahlo, in una lettera in occasione del suo soggiorno a Parigi nel 1939 (la traduzione dal francese è mia).

via Libération. Le Mag, « Frida Kahlo, le temps retrouvé », samedi 11 et dimanche 12 septembre 2010

Parlons Révolution

Ainsi André Breton, révolutionnaire désenchanté :

Le 4 octobre dernier [1926 N. d. A], à la fin d’un de ces après-midi tout à fait désœuvrés et très mornes, comme j’ai le secret d’en passer, je me trouvais rue Lafayette : après m’être arrêté quelques minutes devant la librairie de L’Humanité et avoir fait l’acquisition du dernier ouvrage de Trotsky, sans but je poursuivais ma route dans la direction de l’Opéra. Les bureaux, les ateliers commençaient à se vider, du haut en bas des maisons des portes se fermaient, des gens sur le trottoir se serraient la main, il commençait tout de même à y avoir plus de monde. J’observais sans le vouloir des visages, des accoutrements, des allures. Allons, ce n’étaient pas encore ceux-là qu’on trouverait prêts à faire la Révolution. André Breton, Nadja (1928), 1962

… continue

« La très belle et très inutile Porte Saint-Denis »

On peut, en attendant, être sûr de me rencontrer dans Paris, de ne pas passer plus de trois jours sans me voir aller et venir, vers la fin de l’après-midi, boulevard Bonne Nouvelle entre l’imprimerie du Matin et le boulevard de Strasbourg. Je ne sais pas pourquoi c’est là, en effet, que mes pas me portent, que je me rends presque toujours sans but déterminé, sans rien de décidant que cette donnée obscure, à savoir que c’est là que se passera cela (?) Je ne vois guère, sur ce rapide parcours, ce qui pourrait, même à mon insu, constituer pour moi un pôle d’attraction, ni dans l’espace ni dans le temps. Non : pas même la très belle et très inutile Porte Saint-Denis.

“Si può, nell’attesa, essere sicuri d’incontrarmi per Parigi, di non trascorrere più di tre giorni senza vedermi andare e venire, verso la fine del pomeriggio, per il viale Bonne Nouvelle tra la tipografia del Mattino e il viale di Strasburgo. Non so perché è qui, in effetti, che i miei passi mi portano, che quasi sempre mi reco senza un obiettivo preciso, senza nulla di decisivo se non questo dato oscuro e cioè che è qui che ciò succederà (?) Non vedo proprio, nel corso di questo veloce percorso, ciò che potrebbe costituire per me, persino a mia insaputa, un polo d’attrazione, né nello spazio né nel tempo. No: nemmeno la bellissima e inutilissima Porta San Denis.” [traduzione mia]

André Breton, Nadja (1928), 1962

La subversion (des images) : la culture en grève

subversionexposé

Dans la peau de Germaine Krull (Hommage à Eli Lotar), 2009

La subversion des images : les images peuvent-elles être subversives ? L’art est-il dangereux ? « Changer la vue » (A. Breton) pour changer la vie. La révolution surréaliste – concept au centre de l’exposition au Centre Pompidou – s’est frayée un chemin, de la vue à la vie, de l’art à la réalité et est rentrée de force dans l’actualité, a contaminé le centre Pompidou, se propageant dans les musées parisiens et français. Un mouvement de protestation sans précédent dans la culture contre la suppression de postes et les restrictions budgétaires, pour la sauvegarde de la culture et du service public. Touchés le musée du Louvre, musée d’Orsay, château de Versailles, le centre Pompidou… Un tsunami subversif, un tsunami esthétique : « c’est beau la culture en grève » (citation du blog Louvre pour tous).

La sovversione delle immagini: le immagini possono essere sovversive? L’arte è pericolosa? “Cambiare la vista” (A. Breton) per cambiare la vita. La rivoluzione surrealista – concetto al centro dell’esposizione del Centre Pompidou – ha aperto un passaggio dalla vista alla vita, dall’arte alla realtà ed è entrata di forza nell’attualità, ha contagiato il Centre Pompidou, propagandosi ai musei parigini e francesi. Un movimento di protesta senza precedenti nella cultura contro la soppressione di posti e la restrizione nei finanziamenti per la salvaguardia della cultura e del servizio pubblico. Sono coinvolti il museo del Louvre, il museo d’Orsay, la reggia di Versailles, il Centre Pompidou… Uno tsunami sovversivo, uno tsunami estetico: “la cultura in sciopero è bella” (citazione del blog Louvre pour tous).

La subversion est aussi virtuelle : La grève s’expose, Louvre pour tous sur Flickr; Beaubourg-en-grève sur Facebook… à suivre.

La subversion des images. Surréalisme, photographie, film

La Subversion des images, commissaires d’exposition Quentin Bajac et Clément Chéroux. Exposition inaccessible au Centre Pompidou depuis le 23 novembre 2009…

Été

cutme

Cut (Nadja), 2009

Quand une envolée lyrique nous prend. Avec le désir de légèreté, de défier la loi biblique de Samson, de sentir la brise qui nous caresse la tête, de nous tourner punk. Et quand, il n’y a personne pour nous dissuader et nous le faisons vraiment.

Quando ci prende un’envolée lyrique. Insieme al desiderio di leggerezza, di sfidare la legge biblica di Sansone, di sentire la brezza carezzarci la testa, di sentirci punk. E quando, non c’è nessuno a dissuaderci e lo facciamo su serio.