Le quattro volte di Michelangelo Frammartino

Le quattro volte di Michelangelo Frammartino, Italia-Svizzera-Germania, 2010 (1h28) > sortie en France le 29 décembre 2010

Un film senza dialoghi: le cose prendono il sopravvento con il loro linguaggio, la loro vita, il loro soffio, la loro voce impercettibile, si impongono come protagoniste: il predominio storico dell’uomo annullato, la sua presenza ritrova una giusta misura. Cosa tra le cose in una storia millenaria di capre, di alberi, di carbone. Armonia, equilibrio idilliaco della Calabria animista/pitagorica, come l’ha definita Michelangelo Frammartino. Poesia in immagini che fa a meno delle parole. Leggerezza priva di retorica che non è mai naïveté ma una spiritualità profonda, uno sguardo (un linguaggio) capace di creare una narrazione (un artificio) che si fonda sul ritmo, la cadenza della natura. Che si misura sul passo di un pastore, sul suo andare e venire per le montagne giorno dopo giorno, il lento avanzare di un gregge, il fruscio degli alberi, lo scorrere delle nuvole, il rumore cadenzato delle pale dei carbonai: una narrazione capace di far vibrare lo spettatore allo spettacolo della lentezza, della ciclicità della natura, della vita e della morte. E quando l’artificio si fa naturale, si chiama grazia (o sprezzatura), la qualità per eccellenza dell’arte (e non solo).

Un film sans dialogues : les choses prennent le dessus avec leur langage, leur vie, leur souffle, leur voix imperceptible, elles s’imposent comme les protagonistes : la prédominance historique de l’homme est annulée, sa présence retrouve la juste mesure. Chose parmi les choses dans une histoire millénaire de chèvres, d’arbres, de charbon. Harmonie, équilibre idyllique de la Calabre animiste/pythagorique, selon la définition de Michelangelo Frammartino. Poésie en images qui se passe des mots. Légèreté sans rhétorique qui n’est pas de la naïveté mais une spiritualité profonde, un regard (un langage) capable de créer une narration (un artifice) qui se fond avec le rythme, la cadence de la nature. Qui se mesure sur le pas d’un berger, son aller et son revenir par les montagnes tous les jours jour après jour, l’avancement nonchalant d’un troupeau, le bruissement des arbres, le défilement des nuages, le bruit saccadé des pelles des charbonniers : une narration capable de faire vibrer le spectateur face à la lenteur, au spectacle cyclique de la nature, de la vie et de la mort. Et quand l’artifice se fait naturel, il s’appelle grâce (ou sprezzatura), la qualité par excellence de l’art (et pas seulement).

>> Une Gradiva demi-mondaine (accompagnée par une Nandina et une très mondaine Zazie) à l’avant-première du film en présence du réalisateur, le mardi 7 décembre au Centre Pompidou, soirée organisée par Les Films du Losange en partenariat avec les Inrockuptibles.

Revoir Tania Bruguera au Centre Pompidou

Un minuto frente a un micrófono, performance de Tania Bruguera, lors de la Xe Biennal de La Habana, Cuba, mars 2009

>> IP Détournement, projection d’une sélection de vidéos issues de la Collection nouveaux médias choisies par Tania Bruguera : travail autour de la question du copyright et de la proprieté intellectuelle, dans le cadre de Voir/Revoir 2, Centre Pompidou, du 8 au 13 septembre 2010

Lady Gaga en chair (sous une robe de viande crue)

Couverture de Vogue Hommes Japan, septembre 2010 : Lady Gaga photographiée par Terry Richardson nue sous une robe-bikini en viande crue. The Naked Truth. Mise en scène inspirée à l’art contemporain ? Clin d’oeil (involontaire?) à Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique, 1987 de Jana Sterbak, dans les collections du Centre Pompidou (ci-dessus). En ces temps de polémiques autour de l’art et du plagiat. Une suggestion. L’art est l’art de voler (appropriation savante). Et du plaisir d’être volé, pourquoi pas.

Copertina di Vogue Hommes Japan, settembre 2010: Lady Gaga fotografata da Terry Richardson nuda sotto un vestito-bikini di carne cruda. The Naked Truth. Mise en scène ispirata all’arte contemporanea? Strizzatina d’occhio (involontaria?) à Vanitas: Flesh Dress for an Albino Anorectic, 1987 di Jana Sterbak, nelle collezioni del Centre Pompidou (quassù). In questi tempi di polemiche in Francia sull’arte e il plagio. Una suggestione. L’arte è l’arte di rubare (appropriazione sapiente). E del piacere di farsi rubare, perché no.

Beat Takeshi Kitano Gosse de peintre

Takeshi Kitano ha un genio proteiforme, libero da complessi. Non si dà e non ha limiti, segue l’istinto, senza timori riverenziali, crea e tocca tutto, insaziabile. … continue

Tadashi Kawamata vs Renzo Piano

Un fantasme d’enfance brouillé à l’art contemporain : une cabane en bois sur la façade du Pompidou. … continue

Lucian Freud au Centre Pompidou

Exposition Lucian Freud, L’atelier au Centre Pompidou

Exposition qui soulève la polémique au sein de la critique, celle de Lucian Freud. Artiste obscène, surestimé pour certains, académique pour d’autres. J’écarte décidément l’accuse d’académisme : tout dépend de ce qu’on entend pour « académisme ». Si on prend parti pour la notion classique d’académisme, il me semble que Lucian Freud casse bien de nombreuses règles de la peinture académique (dessin, perspective, harmonie des couleurs, noblesse et vraisemblance du sujet). Il ne resterait comme possibilité que considérer l’utilisation du pinceau tout court comme une marque d’académisme pour étiqueter ses œuvres d’académiques. Ou considérer la peinture en soi comme un exercice académique. Bref, Lucien Freud n’est pas un peintre académique. Quant à la surestimation de sa peinture, la vente chez Christie’s de sa « Sue Tilley » remonte à l’époque de la bulle spéculative du marché de l’art en 2008, quand tous les records ont été atteints, quand l’argent des oligarques russes coulait sur le marché en le dopant. Cette vente n’est pas représentative de la valeur de la peinture de Freud, elle est représentative d’un moment précis dans l’histoire du collectionnisme d’avant la crise. Ceci dit. La peinture de Lucian Freud n’est pas une peinture facile, agréable, paisible. La nudité, la chair est montrée presque comme une pourriture qui sort de la toile par des accumulations de matière, de pâte, de couleur. La chair n’est pas simplement représentée, la couleur se fait chair : elle n’est pas une image, un signe, c’est de la chair tout court. Un empâtement qui fonctionne comme si c’était de la chair. Les sujets sont repoussants. Les perspectives fuyantes en verticale augmentent le malaise du spectateur qui se sent dominé par l’énormité de la masse – molle, nue, pourrie – de corps sans pudeur, débout ou détendus. J’aime Lucian Freud. C’est une beauté convulsive, troublante. Ce n’est pas une peinture apaisante. Ce n’est pas joli. C’est difficile de rester débout en face d’une toile sans sentir le malaise. Ce qui éloigne définitivement de moi l’idée de tout académisme. Mais. Le choix et la qualité des œuvres présentes dans l’exposition n’est pas excellente. J’avais été éblouie par l’exposition présentée à Venise au Musée Correr en 2005. Au Pompidou je retrouve le peintre en certains morceaux de beauté violente. En général l’exposition est faible en concept (« l’atelier », mais bon, pas si développé) et en contenu (très peu d’œuvres d’haute qualité). L’exposition sent légèrement l’opération attrape-public, tout en donnant la possibilité d’un retour du peintre dans un musée français, absent depuis sa rétrospective au Pompidou en 1987.

Un’esposizione che solleva la polemica tra i critici, quella di Lucian Freud. Artista osceno, sovrastimato per alcuni, accademico per altri. Scarto decisamente l’accusa d’accademismo: tutto dipende da cosa si intende per “accademismo”. Se si prende come riferimento la nozione classica di accademismo, mi sembra che Lucian Freud rompa numerose regole della pittura accademica (disegno, prospettiva, armonia dei colori, nobiltà e verosimiglianza del soggetto). Non resterebbe come possibilità che considerare l’utilizzo del pennello tout court come un segno d’accademismo per etichettare le sue opere di accademiche. O considerare la pittura in sé come un esercizio accademico. Lucian Freud non è un pittore accademico. Per quanto riguarda invece la sovraestimazione della sua pittura, la vendita di Christie’s della sua “Sue Tilley” risale all’epoca della bolla speculativa del mercato dell’arte nel 2008, a quando i soldi degli oligarchi russi scorrevano sul mercato, dopandolo. Questa vendita non è rappresentativa del valore della pittura di Freud, è rappresentativa di un momento preciso della storia del collezionismo prima della crisi. Ciò detto. La pittura di Lucian Freud non è una pittura facile, gradevole, piacevole. La nudità, la carne è mostrata quasi come una putrefazione che fuoriesce dalla tela tramite un’accumulazione di materia, di pasta di colore. La carne non è rappresentata, il colore si fa carne: non è più immagine, segno, è carne tout court. Un impasto che funziona come se fosse carne. I soggetti sono respingenti. Le prospettive sfuggenti in verticale aumentano il malessere dello spettatore che si sente sopraffatto dall’enormità della massa – molle, nuda, putrida – di corpi senza pudore, in piedi o distesi. Amo Lucien Freud. È una bellezza convulsiva, troublante. Non è una pittura piacevole. Non è bella nel senso più banale. È difficile rimanere in piedi di fronte ad una tela senza provare malessere. Ciò che allontana da me definitivamente ogni idea di accademismo. Ma. La scelta e la qualità delle opere presenti nella mostra non è eccellente. Ero rimasta stupefatta dalla mostra presentata a Venezia al Museo Correr nel 2005. Al Pompidou ritrovo il pittore in certi pezzi di bellezza violenta. In generale l’esposizione è debole in quanto a concetto (“l’atelier”, va bene, ma non abbastanza sviluppato) e a contenuto (poche opere di grande qualità). La mostra sa leggermente di operazione attira-pubblico, pur dando la possibilità di un ritorno del pittore in un museo francese, assente dalla retrospettiva del Pompidou nel 1987.

Lucian Freud. L’atelier, Centre Pompidou, du 10 mars au 19 juillet 2010