Le rythme serré, cadenzato de baguettes qui frappent sur des stores baissés, instrument musical improvisé. Stores qui s’entrouvrent, laissant percer des bribes de lumière. L’intérieur d’une maison. Les reflets sur le plafond d’une maison inondée. En dehors, les eaux du Mississippi. Musique et silence. Lumière et obscurité. Extérieur, intérieur. Une narration rythmée sur les contrastes qui raconte la dévastation dans la Nouvelle Orléans après le passage de Katrina (A Man Screaming is not a Dancing Bear, 2008). … continue
Rirkrit Tiravanija réalise, en échelle 1 : 2, l’Asile flottant, une péniche dessinée par Le Corbusier pour l’Armée du Salut qui devait servir à accueillir à Paris les sans-abri. La relecture du projet, sa reconstruction par Tiravanija sont ambitieux, visionnaires : la péniche rentre avec difficulté (et pas entièrement) dans la galerie et la remplit presque totalement. L’effet spectaculaire provoqué par la taille du bateau et sa mise en relation avec l’espace étroit de la galerie crée en même temps un sentiment de constriction, renvoie à l’image d’un bateau qui aurait échoué sur un territoire hostile. … continue





Les œuvres récentes de Mona Hatoum, présentées en 2008 à la Fondation Khalid Shoman à Amman et l’été dernier à la Fondazione Querini Stampalia de Venise, sont exposées à la galerie Chantal Crousel. Un travail sur ses racines culturelles, une réflexion sur des objets et des lieux symboliques de la culture musulmane, objets quotidiens et lieux sacrés. La réflexion se fonde sur le détournement de la perception de ces objets et ces lieux. Elle fonctionne par contraste, jaillissant du heurtement provoqué par l’artiste entre l’idée commune de l’objet – née de l’expérience quotidienne, de la connaissance dérivée de la tradition, de la sphère spirituelle – et la déformation qu’elle lui impose en le façonnant, à travers l’altération de la taille ou l’utilisation de matériaux porteurs d’un message souvent provocateur. Worry Beads représente un rosaire musulman monumentale en bronze où chaque grain est composé par des boulets de canon : la préciosité de l’objet, sa fonctionnalité spirituelle sont en contraste ouvert avec le message meurtrier, la lourdeur physique des boulets. Impénétrable, un cube de fils barbelés suspendu, renvoie à l’image de la Kaaba de La Mecque, un espace sacré dont l’apparence légère, aérienne se heurte à la menace des fils barbelés qui la compose. Réflexion sur les contrastes inconciliables de la culture, l’artiste fait monter à la surface les contradictions, elle les rend visibles, donnant une image patente de la nature schizophrénique de la culture, où des pulsions de signe opposé, seulement en apparence inconciliables, cohabitent. « Tout document de culture est aussi un document de barbarie » écrivait Walter Benjamin (Sur le concept d’histoire). Mona Hatoum nous en livre l’image.
Le opere recenti di Mona Hatoum, presentate nel 2008 alla Fondazione Khalid Shoman ad Amman e l’estate scorsa alla Fondazione Querini Stampalia a Venezia, sono esposte alla galleria Chantal Crousel. Un lavoro sulle proprie radici culturali, una riflessione su degli oggetti e dei luoghi simbolici della cultura musulmana. La riflessione si fonda sul dirottamento della percezione di quegli oggetti e di quei luoghi. Funziona per contrasto, sorgendo dallo scontro provocato dall’artista tra l’idea comune dell’oggetto – nata dall’esperienza quotidiana, dalla conoscenza che deriva dalla tradizione, dalla sfera spirituale – e la deformazione che ella gli impone modellandolo, attraverso l’alteramento della taglia o l’utilizzo di materiali portatori di un messaggio spesso provocatorio. Worry Beads rappresenta un rosario musulmano monumentale di bronzo in cui ogni grano è composto da delle palle di cannone: la preziosità dell’oggetto, la sua funzionalità spirituale sono in contrasto aperto con il messaggio di morte, la pesantezza fisica dei proiettili. Impenetrabile, un cubo di filo spinato sospeso, richiama alla mente l’immagine della Kaaba de La Mecca, uno spazio sacro la cui apparenza leggera, aerea si scontra con la minaccia del filo spinato che la compone. Riflessione sui contrasti inconciliabili della cultura, l’artista fa risalire in superficie le contraddizioni, le rende visibili, palpabili, dando un’immagine patente della natura schizofrenica della cultura, dove delle pulsioni di segno opposto, solo in apparenza inconciliabili, convivono. “Ogni documento di cultura è un documento di barbarie” scriveva Walter Benjamin (Sul concetto di storia). Mona Hatoum ci consegna l’immagine.
Impénétrable, 2009, acier vernis noir, fil de pêche 300 x 300 x 300 cm ; Worry Beads, 2009 bronze patiné, acier doux, dimensions variables ; A Bigger Splash, 2009 verre de Murano, 6 éléments, dimensions variables
Mona Hatoum, Galerie Chantal Crousel 10 rue Charlot, Paris 3ème du 13 mars au 24 avril 2010
« Au fond de la source, il y a l’écho. / L’écho est l’image de ton image. / La voix de ta voix. / L’écho est une eau lourde qui s’obscurcit avec le temps. » José María Sicilia
“In fondo alla sorgente c’è l’eco. / L’eco è l’immagine della tua immagine. / La voce della tua voce. / L’eco è un’acqua pesante che si scurisce con il tempo.” José María Sicilia

Eco (Miroirs), 2009, bronze, 200 x 100 cm
« Les dimensions des bronzes sont les dimensions d’une porte. Le texte a été mordu à l’acide comme pour une eau-forte. Ensuite, il a été travaillé légèrement, effacé à peu près comme lorsque l’on écrit sur le sable d’une plage et que les vagues font disparaître le tracé petit à petit. J’ai voulu qu’on se lise à travers le texte. Les phrases sont des questions de tous les jours. Le miroir nous absorbe. Il devient Vanité à notre image. » José María Sicilia
Eco (Specchi), 2009, bronzo, 200 x 100 cm
“Le dimensioni dei bronzi sono le dimensioni di una porta. Il testo è stato corroso con l’acido come per un’acquaforte. Poi è stato lavorato leggermente, cancellato un po’ come quando si scrive sulla sabbia in spiaggia e che le onde fanno scomparire il tratto poco a poco. Ho voluto che si leggesse attraverso il testo. Le frasi sono domande di tutti i giorni. Lo specchio ci assorbe. Diventa Vanità a immagine di noi stessi”. José María Sicilia

Cecilia (Constellations), 2009, marbre, 200 x 90 cm
« Le pays du ciel dans le pays de l’eau. / Les étoiles sont – aussi – des îles. / Toute l’eau vivante est une eau sur le point de mourir. / Cet univers est un écho. Il parle de la mère. » José María Sicilia
Cecilia (Costellazioni), 2009, marmo, 200 x 90 cm
“Il paese del cielo nel paese dell’acqua. / Le stelle sono – anche – delle isole. / Ogni acqua vivente è un’acqua sul punto di morire. / Quest’universo è un eco. Parla della madre.” José María Sicilia
José María Sicilia, Eco, Galerie Chantal Crousel, 10 rue Charlot, Paris 3ème, du 30 janvier au 5 mars 2010







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