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C’è qualcosa d’inquietante, un sentimento tenero e insano al tempo stesso, che mi attira nei vide-grenier: spoglie esibizioni di oggetti nella loro cruda verità, senza nessun orpello decorativo né mise en scène ma solo montagne di oggetti, oggetti en vrac. Cose a cui viene data un’ennesima possibilità, una seconda vita che sembra un’eterna condanna all’inferno, dopo il loro primo vissuto. È, da una parte, un sentimento di repulsione misto ad attrazione per la bellezza ambigua di questi spettacoli di un dépouillement quasi osceno (molto vicino a quello che si prova per certe immagini di cui vorremmo liberarci ma che al tempo stesso non possiamo evitare di guardare e che sbirciamo, pur coprendoci lo sguardo, tra le dita della mano) che mi attira in questi mercatini. In cui s’incontrano oggetti di un’altra epoca, che mi rimandano indietro nel tempo, oggetti che per dei destini tortuosi si ritrovano lì, su un marciapiede, alla mercé del passante, oggetti ormai inservibili, spesso ridotti a frammento. Album di famiglia, collezioni di cartoline, libri, dischi, vestiti, accessori, scarpe scalcagnate e sovente spaiate. Mi spinge al tempo stesso una sorta d’impulsiva pietà nei confronti di quello scempio, quel disfarsi quasi ingrato di oggetti carichi di tempo e memoria, una sorta di volontà filantropica a salvarne almeno alcuni dall’oblio. Nei vide-grenier tutto è coperto da uno strato di polvere uniforme, che impone la ricerca nel mucchio del tempo, il frugare sporcandosi le mani, in un esercizio di scavo d’archeologia urbana.

Questo spettacolo non è certo privo di un certo estetismo e il mio gusto per le associazioni surrealiste vi trova le sue gioie più alte nelle sovrapposizioni incoerenti (ma solo apparentemente) di oggetti che escono trasformati da queste vicinanze elettive, entrano in una dimensione « altra » che trascende la loro realtà di oggetto con una propria funzione ed una propria storia. L’oggetto surrealista per eccellenza, quello che più d’ogni altro condensa quest’ambiguità, con un misto di innocenza, orrore e perversione inquietante è la bambola. Corpo plastico antropomorfo, oggetto che esce dall’universo infantile e ci perseguita con il suo sguardo immoto, corpo ricomponibile e coniugabile, secondo un’infinità di variabili, in un’anatomia soggettiva ed erotica come nelle poupées, oggetti scultorei di Hans Bellmer.

Il y a quelque chose d’inquiétant, un sentiment tendre et malsain en même temps qui m’attire dans les vide-greniers : exhibitions dépouillées d’objets dans leur crue vérité, sans aucune décoration ni mise en scène mais juste des montagnes d’objets, des objets en vrac. Choses auxquelles on donne une énième possibilité, une deuxième vie qui semble une éternelle condamnation aux enfers après leur premier vécu. D’un côté, c’est un sentiment de répulsion mixte à attraction envers la beauté ambiguë de ces spectacles d’un dépouillement quasi obscène (très proche à ce qu’on éprouve pour certaines images dont on voudrait se libérer mais que l’on ne peut pas éviter de regarder, en nous couvrant les yeux, d’entre les doigts de la main) qui m’attire dans ces petits marchés. Où l’on rencontre des objets d’autres époques, qui me repoussent en arrière dans le temps, des objets que pour des destins tortueux se trouvent là-bas sur le trottoir, à la merci des passants, des objets désormais inutiles, souvent réduits à fragment. Des albums de famille, des collections de cartes postales, de livres, de disques, des robes, des accessoires, des chaussures éclaboussées et dépareillées. Aussi, je suis poussée par une sorte de pitié impulsive envers ce massacre, cette « délivrance » presque ingrate d’objets chargés de temps et de mémoire, par une sorte de volonté philanthropique d’en sauver au moins quelques-uns de l’oubli. Dans les vide-greniers, tout est couvert par une couche uniforme de poussière qui impose une recherche dans le cumulus du temps, de fouiller en se souillant les mains dans un exercice de fouille archéologique urbaine.

Ce spectacle n’est pas dépourvu d’un certain esthétisme et mon goût pour les associations surréalistes y trouve ses plus profondes jouissances dans les superpositions incohérentes (mais seulement en apparence) d’objets qui sortent transformés par ces voisinages électifs, et rentrent dans une autre dimension, au-delà de leur réalité d’objet avec une fonction et une histoire. L’objet surréaliste par excellence, celui qui condense le plus en soi cette ambiguïté avec un mélange d’innocence, horreur et inquiétante perversion est la poupée. Corps plastique anthropomorphe, objet qui sort de l’univers enfantin et nous poursuit avec son regard immobile, corps recomposable et conjugable, selon une infinité de variables, en une anatomie subjective et érotique comme dans les poupées, les objets-sculptures de Hans Bellmer.

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Cindy Sherman, Doll Clothes, 1975