The Afterlife of the Mysterious Mr. B

Scènes de l’après-vie du « mystérieux Mr. B », mort mystérieusement dans la piscine de sa luxueuse maison (installation The Collectors par Elmgreen & Dragset au Pavillon des Pays Nordiques à la Biennale de Venise 2009). Des détails, des flash-back de sa vie : un enfant recroquevillé sous une cheminée dans une maison bourgeoise, un message cryptique inscrit sur un miroir « I will never see you again », un bébé fixé au porte-bagage d’une Vespa à l’intérieur d’un garage fermé, le corps de Mr. B dans la morgue. L’art se fait expérience de narration, façonne l’espace, le transforme en une scénographie de lieux intimes et artificiels : le spectateur pénètre en pointe des pieds dans un territoire inconnu, interdit, comme un visiteur importun. Piégé, il se livre à un exercice d’interprétation, il essaye de s’orienter parmi les signes, reconstruire une histoire, une personnalité, retrouver le fil de la narration.

Scene del post-vita del “misterioso Mr. B”, morto misteriosamente nella piscina della sua lussuosa casa (istallazione The Collectors di Elmgreen & Dragset al Padiglione dei paesi nordici alla Biennale di Venezia 2009). Dei dettagli, dei flash-backs della sua vita: un bambino rannicchiato nel caminetto di una casa borghese, un messaggio criptico scritto su uno specchio “I will never see you again”, un neonato fissato al portabagagli di una Vespa all’interno di un garage chiuso, il corpo di Mr. B nell’obitorio. L’arte si fa esperienza della narrazione, modella lo spazio, lo trasforma in una scenografia di luoghi intimi e artificiali: lo spettare penetra in punta dei piedi in un territorio sconosciuto, vietato, come un visitatore importuno. Intrappolato, si piega ad un esercizio di interpretazione, prova ad orientarsi tra i segni, ricostruire una storia, una personalità, ritrovare il filo della narrazione.

Elmgreen & Dragset, The Afterlife of the Mysterious Mr. B, Galerie Emmanuel Perrotin, 10 Impasse Saint-Claude, Paris 3e du 7 mai au 18 juin 2011

Yvon Lambert quitte New York

J’apprends, par le blog d’Élisabeth Lebovici, de la décision de Yvon Lambert de « prendre plus de distance avec la vie de galeriste ». C’est ainsi qu’en juin la galerie de New York fermera ses portes. Je profite pour la célébrer avec des photos prises au mois de janvier, lors de mon séjour new-yorkais, au moment de l’exposition L’insoutenable légèreté de l’être.

Vengo a sapere, attraverso il blog di Élisabeth Lebovici, della decisione di Yvon Lambert di “prendere della distanza dalla mia vita di gallerista”. Chiuderà così all’inizio del mese di giugno la galleria di New York. Ne approfitto per celebrarla, con delle fotografie scattate a gennaio, durante il mio soggiorno newyorkese, al momento dell’esposizione L’insostenibile leggerezza dell’essere.

L’insoutenable légèreté de l’être, Galerie Yvon Lambert, 550 West 21st Street, New York

Le cerveau, la partie la plus sexy

La partie la plus sexy du corps humain, selon Jan Fabre. Cerveaux métamorphiques en plein goût flamand (grotesque, monstrueux, macabre, hyperréaliste et fantastique).

(Il cervello) la parte più sexy del corpo umano, secondo Jan Fabre. Cervelli metamorfici in pieno gusto fiammingo (grottesco, mostruoso, macabro, iperrealista e fantastico).

Jan Fabre, Chimères, du 14 avril au 21 mai 2011 à la Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, Paris, 3e arr.

Art ré(c)tinal revisité : Joseph Nechvatal

Ressemblance informe, ambigüité fluide d’extrêmes dont l’image fusionne : rétine et rectum, orifices du corps aux antipodes. Comme marguerites qui s’ouvrent et se referment dans un mouvement de réception et expulsion.

Ressemblance informe, ambiguità fluida di estremi la cui immagine si fonde: retina e retto, orifici del corpo agli antipodi. Come margherite che si aprono e si richiudono in un movimento di ricezione ed espulsione.

Joseph Nechvatal, Art rétinal revisité : l’histoire de l’œil, Galerie Jean-Luc & Takako Richard, 3 impasse Saint-Claude – 74 rue de Turenne, Paris 3e du 4 au 29 septembre 2010

Emmanuel Perrotin. Art e(s)t argent.

Emmanuel Perrotin a inauguré son nouvel espace : un premier étage au 76 rue de Turenne (qui va se rajouter au rez-de-chaussée) plus le passage pour accéder directement à la « dépendance » située derrière au 10 impasse Saint Claude (plus besoin de sortir et contourner le bâtiment). Le résultat est impressionnant, démesuré presque, en plein style Perrotin : frôlant le kitsch, sachant humer à la perfection l’air du temps. Ainsi dans le choix de ses artistes. Interprète et précurseur « éclairé » de l’art contemporain qui flirte avec l’argent et le pouvoir.

Emmanuel Perrotin ha inaugurato il suo nuovo spazio espositivo: un primo piano al 76 della rue de Turenne (che si aggiunge al piano terra) più il passaggio per accedere direttamente alla “dépendance” retrostante al 10 impasse Saint Claude (non è più necessario uscire e aggirare l’edificio). Il risultato è impressionante, smisurato quasi, in pieno stile Perrotin: ammiccante/tendente al kitsch, sapendo annusare alla perfezione l’air du temps. Come nella scelta dei suoi artisti. Interprete e precursore “illuminato” dell’arte contemporanea che flirta con il denaro e il potere.

… continue

Roman Opalka, poétique de la disparition

L’art comme un rite quotidien, exercice de patience et précision monacales. L’acheminement d’une œuvre et d’une vie vers la lumière, le blanc absolu.

Le temps dans sa durée et dans sa création et le temps de notre effacement, être à la fois vivant et toujours devant la mort, c’est cela le vrai “suspense” de tout être vivant, présence d’une conscience, d’un raccourci, d’être déjà là en traçant cette seule réalité. Cette perception est un prolongement, une ouverture qui s’élargit sur le monde sans écarter la jouissance, mais toujours avec l’idée omniprésente de la nature propre à la vie, à son écoulement, à son émiettement comme et avec chacun, afin que les questions sur le vécu puissent donner une concordance lisible de la même réalité, de sorte que la pensée ne soit pas seulement mienne et que l’on puisse se rencontrer dans notre unus mundus.

Le gris est le noir et le blanc. Il exprime l’unité du mouvement des couleurs. Il exclut le dualisme et manifeste le tout. Le gris est universel. Il porte toutes les couleurs, à l’image du spectre des couleurs en mouvement. Mais le gris est neutre : je le remplis avec le vécu de ma vie. Le gris n’est pas une couleur symbolique, il est devenu pour moi celle du mouvement non visible. Sur ce fond gris, il y a ma vie : le contraire d’une couleur froide, indifférente ; il est la couleur de mon sacrifice pictural, étalé par la conduite du concept, son mouvement et son temps. Aux grands pôles, aux extrêmes du noir du premier Détail et du blanc sur blanc, le sfumato d’une existence : la couleur peut devenir mortellement émotionnelle. Roman Opalka

L’arte come un rito quotidiano, esercizio di pazienza e precisione monacale. La traiettoria di un’opera e di una vita verso la luce, il bianco assoluto.

Il tempo nella sua durata e nella sua creazione e il tempo del nostro cancellarsi, essere allo stesso tempo vivente e sempre davanti alla morte, è questa la vera “suspense” di ogni essere vivente, presenza di una coscienza, di un collegamento, di essere già lì tracciando questa sola realtà. Questa percezione è un prolungamento, un’apertura che si allarga sul mondo senza scartare la gioia ma sempre con l’idea onnipresente della natura vera della vita, del suo scorrere, del suo sbriciolamento con chiunque e come per chiunque, affinché le domande sul vissuto possano dare una concordanza leggibile della stessa realtà, in mondo che il pensiero non sia solo mio e che ci si possa incontrare nel nostro unus mundus.

Il grigio è il nero e il bianco. Esprime l’unità del movimento dei colori. Esclude il dualismo e manifesta il tutto. Il grigio è universale. Porta tutti ii colori, all’immagine dello spettro dei colori in movimento. Ma il grigio è neutro: lo riempio con il vissuto della mia vita. Il grigio non è un colore simbolico, è diventato per me il colore del movimento non visibile. Su questo fondo grigio, c’è la mia vita: il contrario di un colore freddo, indifferente; è il colore del mio sacrificio pittorico, steso attraverso la condotta del concetto, il suo movimento e il suo tempo. Ai grandi poli, agli estremi del nero del primo Dettaglio e del bianco su bianco, lo sfumato di un’esistenza: il colore può diventare mortalmente emozionale. Roman Opalka

Roman Opalka, Passages, Galerie Yvon Lambert, 108 rue Vieille-du-Temple, Paris 3e, du 4 septembre au 9 octobre 2010