L’utopie d’Albert Kahn, banquier éclairé

Une utopie de paix universelle style vingtième siècle dessinée à travers une mosaïque botanique, juxtaposition surréaliste de différents styles de l’art des jardins : un voyage irréel – sur place et les yeux bien ouverts – du Japon à la France, à l’Angleterre, à la forêt canadienne. À Boulogne-Billancourt. Par Albert Kahn, un banquier éclairé.

Un’utopia di pace universale stile ventesimo secolo disegnata attraverso un mosaico botanico, giustapposizione surrealista di stili differenti dell’arte dei giardini: un viaggio irreale – sul posto e con gli occhi ben aperti – dal Giappone alla Francia, all’Inghilterra, alla foresta canadese. A Boulogne-Billancourt. Di Albert Kahn, un banchiere illuminato. … continue

Beat Takeshi Kitano Gosse de peintre

Takeshi Kitano ha un genio proteiforme, libero da complessi. Non si dà e non ha limiti, segue l’istinto, senza timori riverenziali, crea e tocca tutto, insaziabile. … continue

Tadashi Kawamata vs Renzo Piano

Un fantasme d’enfance brouillé à l’art contemporain : une cabane en bois sur la façade du Pompidou. … continue

Achille et la tortue de Takeshi Kitano


Achille et la tortue, un film de Takeshi Kitano, Japon, 2008 (1h59) avec Takeshi Kitano, Kanako Higuchi, Yurei Yanagi…

Hilarant et touchant, entre fable et réalité. Takeshi Kitano, dans la peau d’un artiste raté, livre une réflexion – hyperbolique et paradoxale – sur le monde de l’art. Il pousse à la limite les mécanismes de l’art contemporain, ses excès, ses recherches à tâtons, ses évolutions sans fin et sans but apparent. Surtout, sa futilité. Une image féroce. L’art n’est un univers organique et valide que si on y plonge complètement, on y adhère entièrement, on en fait sa propre foi, sa propre obsession, si on reste replié sur soi-même ensemble avec sa propre passion, en laissant le monde dehors. L’art est un jeu sérieux. Une percée de la réalité peut détruire sa logique et sa validité. Le combat éternel avec l’éthique, le concret ronge l’esprit. Les sempiternels doutes sur l’utilité de consacrer sa vie à l’art. Takeshi Kitano provoque cette percée sur la non-logique de l’art. Avec une simple phrase. « En Afrique, entre une boulette de riz et un Picasso, l’on choisirait la boulette de riz. L’art est une illusion ». Je ne sais pas si je vais m’en remettre. Au fond. L’art est un jeu, un enfantillage sans doute par conséquent, tautologiquement. Le jeu est un truc d’enfant. Je ne veux pas grandir.

Esilarante e toccante, tra favola e realtà. Takeshi Kitano, nei panni di un artista fallito, consegna una riflessione – iperbolica e paradossale – sul mondo dell’arte. Spinge ai limiti i meccanismi dell’arte contemporanea, i suoi eccessi, le sue ricerche a tentoni, le sue evoluzioni senza fine e senza obiettivo apparente. Soprattutto, la sua futilità. Un’immagine feroce. L’arte è un universo organico e valido solamente se vi si immerge completamente, vi si aderisce interamente, facendone la propria fede, se si resta ripiegati su se stessi insieme alla propria passione, lasciando il mondo fuori. L’arte è un gioco serio. Uno squarcio sulla realtà può distruggere la sua logica e la sua validità. L’eterno combattimento con l’etica, il concreto, rode la mente. I dubbi sempiterni sull’utilità del consacrare la propria vita all’arte. Takeshi Kitano provoca questo squarcio nella non-logica dell’arte. Con una semplice frase. “In Africa, tra una palla di riso e un Picasso, sceglierebbero la palla di riso. L’arte è un’illusione”. Non so se potrò rimettermi. In fondo. L’arte è un gioco, un infantilismo senza dubbio, di conseguenza, tautologicamente. Il gioco è una cosa da bambini. Non voglio crescere.

Takeshi Kitano l’iconoclaste, Retrospective au Centre Pompidou du 11 mars au 26 juin 2010 / Beat Takeshi Kitano, Gosse de peintre, Fondation Cartier, du 11 mars au 12 septembre 2010

Still Walking (Parenti serpenti)


Still Walking, un film de Kore-Eda Hirokazu, Japon, 2009 (1h55) avec Hiroshi Abe, Yoshio Harada, Kirin Kiki…

“I ravanelli bianchi sono fantastici!”. Una conversazione tra madre e figlia apre il film, facendoci subito immergere nella calda intimità di una famiglia che si ritrova per onorare l’occorrenza della tragica morte del figlio maggiore. In una cucina in piena estate, in cui si mescolano suoni cha sanno di casa, colori di verdure e pesci di cui si può persino sentire l’odore. Cucinare come se fosse una danza di cui la madre è il coreografo. I gesti sono rituali ormai consolidati, esperti ed antichi che vengono ripetuti ad ogni occasione. Il modo giusto di sgranare il mais ed il piacere ogni volta rinnovato di vederlo friggere, sentirne il crepitio e provare uno stupore sempre nuovo nel vederlo saltare, farsi prendere sempre e ancora di sorpresa. Una preparazione durante la quale, come in un rituale sacro, ogni gesto è accompagnato da parole, aneddoti, anch’essi ripetuti ogni anno. Aneddoti compiacenti che già si allontanano dalla realtà per diventare ricordi, ormai rimodellati dal tempo e dai sentimenti. I ricordi sono più forti del presente e il dolore divide definitivamente. Le cose non dette. La famiglia come un microcosmo in cui la comunicazione è fatta di gesti e consuetudini, senza nessuno spazio per le parole. Ognuno rinchiuso nel proprio ruolo, prigioniero, incapace di fare un passo oltre, per spiegarsi, per mostrarsi veramente all’altro. La conoscenza dell’altro è costruita da un insieme di pregiudizi, d’occasioni mancate, di desideri riposti e delusi. Il dolore e le piccole meschinerie, crudeltà inflitte alle persone più care che sono anche le più estranee, incapaci di vedere realmente, accecate da speranze disattese. Le occasioni di ritrovo vengono brandite come uno strumento deliberato di tortura, per alimentare con crudele voluttà i rancori. I giudizi implacabili che nemmeno l’amore può superare. Still walking, malgrado tutto.

« Les radis blancs, c’est génial ! ». Une conversation entre mère et fille ouvre le film, en nous faisant toute suite plonger dans la chaleur intime d’une famille qui se retrouve pour honorer l’anniversaire de la mort tragique du fils aîné. Dans une cuisine en plein été où des sons familiers se mélangent aux couleurs des légumes et des poissons dont on peut sentir l’odeur. Cuisiner comme si c’était une danse dont la mère est le chorégraphe. Les gestes, ce sont des rituels désormais consolidés, experts, ils viennent de loin et se répètent à chaque occasion. La façon correcte d’écosser le maïs et le plaisir à chaque fois renouvelé de le voir frire, l’entendre crépiter et se faire encore surprendre avec étonnement à le voir sauter. Une préparation durant laquelle, comme dans un rituel sacré, chaque geste est accompagné par des paroles, des anecdotes, eux aussi répétés chaque année. Des anecdotes complaisants déjà éloignées de la réalité pour devenir souvenirs, savamment remodelés par le temps et les sentiments. Les souvenirs sont plus forts que le présent et la douleur divise définitivement. Les choses non dites. La famille comme un microcosme où la communication est faite par des gestes et des habitudes, sans aucun espace pour les mots. Chacun enfermé dans son propre rôle, prisonnier, incapable de faire un pas au-delà, de s’expliquer et de se montrer vraiment à l’autre. La connaissance de l’autre est construite sur un ensemble de préjugés, d’occasions ratées, de désirs placés et déçus. La douleur et les petites mesquineries, les cruautés infligées aux personnes les plus chères qui sont en même temps les plus étrangères, incapables de voir réellement, aveuglées par leurs espoirs brisés. Les occasions de retrouvailles utilisées comme un instrument délibéré de torture afin d’alimenter les rancœurs, avec une cruelle volupté. Les jugements implacables que même pas l’amour ne peut franchir. Still walking, malgré tout.

Blue Light Yokohama, extrait de la bande sonore