Les gars de Ménilmontant

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Au Pavillon Carré Baudoin, la mairie du 20ème arrondissement de Paris rend hommage à ses artistes de rue et leur consacre une expo : Nemo, Jérôme Mesnager (déjà rencontré ici au Canal Saint-Martin), Mosko et associés (Michel Allemand et Gérard Laux) et Gérard Faure, photographe de leurs errances. Témoignage touchant, exemple d’intégration entre les artistes, le quartier et ses habitants. Réelle affection, tendre gratitude envers une forme de street art certes très lyrique. Poésie visuelle qui s’empare des quartiers afin de surmonter la grisaille, les bâtiments délabrés, les murs crevés. En une opération quasi filantro-humanitaire. Artistes comme anges gardiens qui sèment de grains de poésie sur les murs, pour rendre moins pénible, plus humain le quotidien. Arracher un sourire dans le passant, activer l’imagination. Jusqu’à devenir une présence amicale, créer un rapport de muette complicité avec le publique. Nemo, Chagall parisien au pochoir, avec sa silhouette noire énigmatique du Monsieur au chapeau, voyageur onirique qui arpente les murs, prêt à s’envoler au premier souffle de vent avec son parapluie et sa valise. Jérôme Mesnager avec ses corps blancs, purs squelettes acrobates, peintre métaphysique descendu à la rue. Mosko et associés avec leurs animaux d’une savane multicolore. Quand l’art contemporain peut encore être politique et populaire.

Al Pavillon Carré Baudoin, il comune del ventesimo arrondissement di Parigi rende omaggio ai suoi artisti di strada e consacra loro una mostra: Nemo, Jérome Mesnager (già incontrato qui, sulle rive del Canal Saint-Martin), Mosko et associés (Michel Allemand et Gérard Laux) e Gérard Faure, fotografo delle loro erranze. Testimonianza toccante, esempio di integrazione tra gli artisti, il quartiere e i suoi abitanti. Reale affetto, tenera gratitudine verso una forma di street art certo particolarmente “lirica”. Poesia visiva che s’impossessa dei quartieri per sormontare il grigio, gli edifici devastati, i muri cadenti. In un’operazione quasi filantropico-umanitaria. Artisti come angeli custodi che seminano granelli di poesia sui muri, per rendere meno penoso, più umano il quotidiano. Strappare un sorriso ai passanti, attivare l’immaginazione. Fino a diventare una presenza amica, a creare un rapporto di tacita complicità con il pubblico. Nemo, Chagall parigino, con la silhouette nera enigmatica dell’Uomo col cappello, viaggiatore onirico che percorre i muri, pronto a spiccare il volo col suo ombrello e la valigia. Jérôme Mesnager con i suoi corpi bianchi, puri scheletri acrobati, pittore metafisico sceso per strada. Mosko et associés con i loro animali di una savana multicolore. Quando l’arte contemporanea può ancora essere politica e popolare.

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Art urbain. Mesnager, Mosko et associés, Nemo et Gérard Faure photographe, Pavillon Carré de Baudoin du 15 mai au 29 août 2009, 121 rue de Ménilmontant, Paris, 20ème

Louvre underground

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Rue de Lancry, Paris 10ème

Quand l’art urbain défie l’art officiel, quand le musée débarque dans la rue, une galerie du Louvre peut s’improviser sur un pan de mur du Canal Saint-Martin. Le jeu du street art entre l’artiste, le support et le temps, se complique ultérieurement : la confrontation avec le modèle est obligatoire (et quasi toujours sanglante) et l’environnement rentre avec force dans l’œuvre. L’approche avec les maîtres officiels de l’histoire de l’art est souvent irrévérencieuse, l’esprit est celui de la dérision et de l’ironie : sorte de tentative d’assassinat de l’aura de ces œuvres-icônes masquée en hommage artistique. L’environnement complique ensuite la signification et la perception de l’image. Ainsi, Le Radeau de la Méduse de Géricault re-vu par par Jérôme Mesnager glisse doucement sur la rive du canal, transporté par les eaux placides et son drame touche à sa fin. À ses côtés la Joconde siège, imperturbable comme d’habitude, insaisissable mais équipée à toute éventualité, même à l’exondation : l’artiste l’hommageant élégamment d’un tube pour respirer dans l’eau et l’échelle étant à portée de main pour s’envoler soudainement.

Quando l’arte urbana sfida l’arte ufficiale, quando il museo approda sulla strada, una galleria del Louvre può essere improvvisata su un pezzo di muro del Canal Saint-Martin. Il gioco della street art tra l’artista, il supporto e il tempo, si complica ulteriormente: il confronto con il modello è obbligatorio (e quasi sempre sanguinoso) e l’environnement entra con forza nell’opera. L’approccio con i maestri ufficiali della storia dell’arte è spesso irriverente, lo spirito è quello della derisione e dell’ironia: sorta di tentativo di omicidio dell’aura di opere-icone mascherata da omaggio artistico. L’environnement complica in seguito il significato e la percezione dell’immagine. Così, La zattera della Medusa di Géricault rivista da Jérôme Mesnager scivola dolcemente sulla riva del canale, trasportata dalle acque placide e il suo dramma giunge così alla fine. Accanto, la Gioconda campeggia, imperturbabile come al solito, misteriosa ma equipaggiata per ogni eventualità, anche all’esondazione: l’artista omaggiandola elegantemente di un boccaglio per respirare sott’acqua e la scala a portata di mano per fuggire improvvisamente.

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