Bande annonce du film Looking For Eric de Ken Loach, 2009, 1h59, Grande-Bretagne-Italie-France-Belgique, avec Eric Cantona, Steve Evets, Stephanie Bishop…

Tante le forme che può assumere il daimon greco, il « demone » di Socrate, la guida personale, la voce interiore che ci consiglia. Penso all’angelo custode cristiano, al Grillo Parlante di Pinocchio. Ken Loach sbaraglia ogni attesa dandogli le sembianze d’Eric Cantona, giocatore venerato del Manchester United portando così a compimento il processo di divinizzazione della sua figura di calciatore. Cantona diventa il nume tutelare, il personal trainer di un postino, tifoso del Manchester United, in piena crisi personale e familiare all’interno di un quadro sociale di violenza e povertà. Cantona incarna un daimon dalla moralità discutibile, dal carattere irascibile (vedi l’episodio di « kung-fu » nei confronti di un tifoso a causa del quale venne sospeso per nove mesi) che si esprime in un inglese farcito di accenti francesi, con improponibili motti, banalità sconcertanti, proverbi insopportabili e oscuri. Tutto ciò che caratterizza il linguaggio del calcio, un sistema a parte, con le sue verità assiomatiche. Un genio personale che fuma canne con il suo protetto.

Per Ken Loach una commedia drammatica che non abbandona le tematiche sociali, affrontando la crisi della classe operaia inglese, del declino dell’istituzione familiare, dello sfaldamento del tessuto sociale, privo di guide e punti di riferimento, e dell’importanza che in questo vuoto assume la fede calcistica. Attorno al calcio ruotano l’amicizia, la solidarietà tra compagni. Il calcio è la fede, il sacro, esempio e guida. Come si dice nel film, si può cambiare idea su tutto, si possono cambiare moglie e religione ma non la squadra del cuore.

Le daïmôn grec (le « démon » de Socrate, le guide personnel, la voix intérieure qui nous conseille) peut prendre beaucoup de formes. Je pense à l’ange gardien chrétien, au Grillon parlant de Pinocchio. Ken Loach bouleverse toute attente en lui donnant les apparences d’Eric Cantona, le joueur vénéré du Manchester United, en accomplissant ainsi le processus de divinisation de sa figure de footballeur. Cantona devient le génie tutélaire, le personal trainer d’un facteur, un supporter du Manchester United en pleine crise personnelle et familière à l’intérieur d’un cadre sociale de violence et pauvreté. Cantona personnifie un daïmôn à la moralité discutable, au caractère irascible (voir l’épisode de « kung-fu » à l’encontre d’un supporter à cause duquel il fut suspendu pendant neuf mois) qui s’exprime en un anglais fourré d’accents français, avec des maximes improbables, des banalités déconcertantes, des proverbes insupportables et obscurs. Tout ce qui caractérise le langage du football, un système à part, avec ses vérités axiomatiques. Un génie particulier qui fume des pétards avec son protégé.

Pour Ken Loach une comédie dramatique qui n’abandonne pas les thématiques sociales, en abordant la crise de la classe ouvrière anglaise, le déclin de l’institution familiale,  la désagrégation du tissu sociale dépourvu de guides et points de repères, et l’importance que la foi du football assume dans ce vide. Autour du football tournent les amitiés, la solidarité entre compagnons. Le football est la foi, le sacré, l’exemple et le guide. Comme on dit dans le film, on peut changer d’idée sur tout, on peut changer de femme et de religion, mais on ne peut pas changer son équipe du cœur.

Conférence de presse après l’épisode de « kung-fu », 1995. Traduction:  » Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est parce qu’elles pensent que des sardines seront jetées à la mer. «