Still Walking, un film de Kore-Eda Hirokazu, Japon, 2009 (1h55) avec Hiroshi Abe, Yoshio Harada, Kirin Kiki…
“I ravanelli bianchi sono fantastici!”. Una conversazione tra madre e figlia apre il film, facendoci subito immergere nella calda intimità di una famiglia che si ritrova per onorare l’occorrenza della tragica morte del figlio maggiore. In una cucina in piena estate, in cui si mescolano suoni cha sanno di casa, colori di verdure e pesci di cui si può persino sentire l’odore. Cucinare come se fosse una danza di cui la madre è il coreografo. I gesti sono rituali ormai consolidati, esperti ed antichi che vengono ripetuti ad ogni occasione. Il modo giusto di sgranare il mais ed il piacere ogni volta rinnovato di vederlo friggere, sentirne il crepitio e provare uno stupore sempre nuovo nel vederlo saltare, farsi prendere sempre e ancora di sorpresa. Una preparazione durante la quale, come in un rituale sacro, ogni gesto è accompagnato da parole, aneddoti, anch’essi ripetuti ogni anno. Aneddoti compiacenti che già si allontanano dalla realtà per diventare ricordi, ormai rimodellati dal tempo e dai sentimenti. I ricordi sono più forti del presente e il dolore divide definitivamente. Le cose non dette. La famiglia come un microcosmo in cui la comunicazione è fatta di gesti e consuetudini, senza nessuno spazio per le parole. Ognuno rinchiuso nel proprio ruolo, prigioniero, incapace di fare un passo oltre, per spiegarsi, per mostrarsi veramente all’altro. La conoscenza dell’altro è costruita da un insieme di pregiudizi, d’occasioni mancate, di desideri riposti e delusi. Il dolore e le piccole meschinerie, crudeltà inflitte alle persone più care che sono anche le più estranee, incapaci di vedere realmente, accecate da speranze disattese. Le occasioni di ritrovo vengono brandite come uno strumento deliberato di tortura, per alimentare con crudele voluttà i rancori. I giudizi implacabili che nemmeno l’amore può superare. Still walking, malgrado tutto.
« Les radis blancs, c’est génial ! ». Une conversation entre mère et fille ouvre le film, en nous faisant toute suite plonger dans la chaleur intime d’une famille qui se retrouve pour honorer l’anniversaire de la mort tragique du fils aîné. Dans une cuisine en plein été où des sons familiers se mélangent aux couleurs des légumes et des poissons dont on peut sentir l’odeur. Cuisiner comme si c’était une danse dont la mère est le chorégraphe. Les gestes, ce sont des rituels désormais consolidés, experts, ils viennent de loin et se répètent à chaque occasion. La façon correcte d’écosser le maïs et le plaisir à chaque fois renouvelé de le voir frire, l’entendre crépiter et se faire encore surprendre avec étonnement à le voir sauter. Une préparation durant laquelle, comme dans un rituel sacré, chaque geste est accompagné par des paroles, des anecdotes, eux aussi répétés chaque année. Des anecdotes complaisants déjà éloignées de la réalité pour devenir souvenirs, savamment remodelés par le temps et les sentiments. Les souvenirs sont plus forts que le présent et la douleur divise définitivement. Les choses non dites. La famille comme un microcosme où la communication est faite par des gestes et des habitudes, sans aucun espace pour les mots. Chacun enfermé dans son propre rôle, prisonnier, incapable de faire un pas au-delà, de s’expliquer et de se montrer vraiment à l’autre. La connaissance de l’autre est construite sur un ensemble de préjugés, d’occasions ratées, de désirs placés et déçus. La douleur et les petites mesquineries, les cruautés infligées aux personnes les plus chères qui sont en même temps les plus étrangères, incapables de voir réellement, aveuglées par leurs espoirs brisés. Les occasions de retrouvailles utilisées comme un instrument délibéré de torture afin d’alimenter les rancœurs, avec une cruelle volupté. Les jugements implacables que même pas l’amour ne peut franchir. Still walking, malgré tout.
Blue Light Yokohama, extrait de la bande sonore





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