Yvon Lambert quitte New York

J’apprends, par le blog d’Élisabeth Lebovici, de la décision de Yvon Lambert de « prendre plus de distance avec la vie de galeriste ». C’est ainsi qu’en juin la galerie de New York fermera ses portes. Je profite pour la célébrer avec des photos prises au mois de janvier, lors de mon séjour new-yorkais, au moment de l’exposition L’insoutenable légèreté de l’être.

Vengo a sapere, attraverso il blog di Élisabeth Lebovici, della decisione di Yvon Lambert di “prendere della distanza dalla mia vita di gallerista”. Chiuderà così all’inizio del mese di giugno la galleria di New York. Ne approfitto per celebrarla, con delle fotografie scattate a gennaio, durante il mio soggiorno newyorkese, al momento dell’esposizione L’insostenibile leggerezza dell’essere.

L’insoutenable légèreté de l’être, Galerie Yvon Lambert, 550 West 21st Street, New York

Rodrigo Garcia solipsiste. C’est comme ça, et me faites pas chier

© Christian Berthellot / Théâtre de Gennevilliers

L’univers de Rodrigo Garcia est contradictoire, mon opinion sur son œuvre est aussi contradictoire. Rodrigo Garcia estime que le théâtre est mort, qu’il est un « congrès de morts » et que le public qui le compose (des professionnels, des amateurs d’art ou des bourgeois) « c’est de la merde ». J’estime rentrer dans la catégorie. Cependant. Rien de personnel. Rien de bien choquant non plus, ça rentre dans le genre « boutades que j’aime », d’habitude. J’aime le trash. Rodrigo Garcia n’aime pas son public. Il assume que les chauffeurs de taxi ni les maçons irons voir ses spectacles et ainsi, ne sachant pas travailler dans la rue, la contradiction devient inconciliable. Ça se trouve que paradoxalement l’« édifice théâtre » lui plaît. Il fait donc du théâtre, au théâtre. Malgré tout. Il fait du théâtre parce qu’il garde tout de même un certain espoir dans l’art. Parce qu’il lui est arrivé de s’émouvoir au théâtre. N’aimant pas son public, son théâtre n’a pas de véritable destinataire, son moteur étant uniquement le personnel désir d’expression de l’auteur. Ça va de soi, Rodrigo Garcia n’aime pas les critiques, ni ce qu’on écrit lui intéresse, et ne les lit pas. Je me plie donc au paradoxe et à la contradiction : je suis allée voir un spectacle d’un auteur qui me déteste à priori et maintenant je me livre à un exercice interprétatif qui l’indiffère : aller au théâtre devient une expérience de pure autisme. Rodrigo Garcia est l’art du solipsisme. Sa nouvelle pièce C’est comme ça, et me faites pas chier en est un condensé. Un monologue infini, un acteur aveugle sur scène qui parle des mots, de leur importance, d’images qu’il ne peut plus voir, qui se meut avec incertitude sur un plateau disséminé d’instruments. Il y a le rejet de la modernité, de la domination de la communication, de la rapidité de la communication qui annule toute humanité, tout vrai contact, et la noie dans le vide, la condamnant à la solitude. Un refus, parmi des propos embrouillés, confus, un cri enfantin « C’est comme ça, et me faites pas chier ! ». Il y a des éclats d’agressivité qui s’alternent à la narration, d’une révolte non intériorisée, non rationalisée, qui sort tout droit de l’estomac et heurte le spectateur en plein visage. Du bruit, de la musique, des crabes, des jouets pour enfants, des livres utilisés comme un canapé, des acteurs-ombre entourent le protagoniste sur scène, muets ils se meuvent avec délicatesse, en silence, se transforment en des personnages étranges, déclenchent des mécanismes scénographiques, font de la musique. Comme des acteurs-techniciens de plateau, obéissant aux ordres capricieux de l’invisible régisseur despotique. Il y a des images très belles (belles de façon convulsive). Un théâtre qui joue sur l’impression de glisser progressivement dans la dimension du réel (la performance) mais qui reste du théâtre, une re-présentation. Aucune confusion, malgré la confusion gribouillante sur scène (même si on aime dire que le théâtre de Rodrigo Garcia s’approche à l’art de la performance, je partage l’opinion de Marina Abramovic : il y a un abîme entre performance et théâtre, le réel). Et un doute : et si c’était vrai, comme le dit Rodrigo Garcia, que le désespoir exhibé par Adam et Ève chassés du paradis (comme dans la fresque de Masaccio de la Cappella Brancacci à Florence) n’était que du pur théâtre, qu’en fait ils sont contents de quitter le paradis (en réalité le vrai enfer), que le désert qui les attend est la liberté ? Le spectacle est un fascinant cri de révolte, mais une révolte stérile, un cri qui reste enfermé sur soi-même comme un exercice vaniteux, enfantin, un caprice égocentrique, un vomissement. Du théâtre solipsiste.

L’universo di Rodrigo Garcia è contraddittorio, la mia opinione sulla sua opera è anche contraddittoria. Rodrigo Garcia afferma che il teatro è morto, un “congresso di morti” e che il pubblico che lo compone (di professionisti, amatori d’arte o borghesi) “è tutta merda”. Credo di rientrare nella categoria. Ciononostante. Niente di personale. Nemmeno di scioccante, rientra nel genere di boutades che amo, di solito. Amo il trash. Rodrigo Garcia non ama il suo pubblico. Ammette anche che né dei tassisti né dei muratori andranno a vedere i suoi spettacoli e, non essendo capace di lavorare in strada, la contraddizione diventa inconciliabile. Accade che paradossalmente l’edificio “teatro” gli piace. Fa quindi teatro, a teatro. Malgrado tutto. Fa teatro perché ha mantenuto comunque una qualche speranza nell’arte. Perché gli è successo di commuoversi a teatro. Non amando il suo pubblico, il suo teatro non ha un vero destinatario, il suo motore è unicamente il personale desiderio dell’autore di esprimersi. Come pare ormai evidente, Rodrigo Garcia non ama le recensioni, né ciò che si scrive su di lui gli interessa, non le legge. Mi piego quindi al paradosso e alla contraddizione: sono andata ad assistere allo spettacolo di un autore che mi detesta a priori e ora mi cimento in un esercizio interpretativo che gli è completamente indifferente: andare a teatro diventa un’esperienza di puro autismo. Rodrigo Garcia è l’arte del solipsismo. Il suo nuovo spettacolo C’est comme ça, et me faites pas chier (È così e non rompetemi le palle) ne è un condensato. Un monologo infinito, un attore cieco in scena che parla delle parole, della loro importanza, di immagini che non può più vedere, che si muove con incertezza su una scena disseminata di strumenti. C’è il rifiuto della modernità, del dominio della comunicazione, della rapidità della comunicazione che annulla ogni umanità, ogni vero contatto, e la scioglie nel vuoto, condannandola alla solitudine. Un rifiuto, tra dei propositi confusi, un grido infantile : “È così e non rompetemi le palle!”. Ci sono degli scoppi di aggressività che si alternano alla narrazione, di una rivolta non interiorizzata, non razionalizzata, che esce fuori diritto dallo stomaco e colpisce lo spettatore in pieno volto. Del rumore, della musica, dei granchi, dei giochi per bambini, dei libri usati come poltrona, degli attori-ombra attorniano il protagonista in scena, muti, si muovono con delicatezza, in silenzio, si trasformano in personaggi bizzarri, fanno scattare dei meccanismi scenografici, fanno musica. Come degli attori-tecnici di scena, obbediscono agli ordini capricciosi dell’invisibile, dispotico regista. Ci sono delle immagini molto belle (belle di maniera convulsiva). Un teatro che gioca sull’impressione di scivolare progressivamente nella dimensione del reale (la performance) ma che resta teatro, una rappresentazione. Nessuna confusione, malgrado la confusione formicolante sulla scena (anche se alla critica piace dire che il teatro di Rodrigo Garcia si avvicina all’arte della performance, io condivido l’opinione di Marina Abramovic: c’è un abisso tra performance e teatro: il reale). E un dubbio: e se fosse vero, come dice Rodrigo Garcia, che la disperazione esibita da Adamo ed Eva cacciati dal paradiso (come nell’affresco di Masaccio della cappella Brancacci a Firenze) non fosse altro che puro teatro, che sono invece contenti di lasciare il paradiso (in verità il vero inferno), che il deserto che li attende è la libertà? Lo spettacolo è un affascinante grido di rivolta, ma una rivolta sterile, un grido che rimane chiuso in se stesso come un esercizio vanitoso, infantile, un capriccio egocentrico, un conato di vomito. Del teatro solipsista.

C’est comme ça et me faites pas chier, de Rodrigo Garcia avec Melchior Derouet, Núria Lloansi Rotlan, Daniel Romero Calderón, au Théâtre de Gennevilliers, jusqu’au 14 novembre dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

L’urlo (Yoko Ono)

Performance come oggetto effimero da museo: dal silenzio di Marina Abramović, all’urlo di Yoko Ono.

Performance comme objet éphémère de musée : du silence de Marina Abramović au cri de Yoko Ono.

Yoko Ono, Voice Piece for Soprano & Wish Tree, MoMA, New York (presented through November 28, 2010 in conjunction with the exhibition Contemporary Art from the Collection) >> From a Whisper to a Scream, in INSIDE/OUT blog

Marina Abramović Is Present

La performance, forma artistica effimera per eccellenza, volatile, diventa un oggetto da museo nell’esposizione temporanea di Marina Abramović al MoMa, un tassello all’interno della retrospettiva che il museo dedica all’artista. … continue

I’ll Be Your Mirror

Marina Abramovic, Art must be beautiful… Artist must be beautiful…, 1975 (extrait)

« Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroirs, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l’homme deux fois plus grande que nature. Sans ce pouvoir la terre serait probablement encore marécage et jungle. Les gloires de nos guerres seraient inconnues. Nous en serions encore à graver sur des os de moutons de maladroites silhouettes de cerfs et à troquer des morceaux de silex contre des peaux de brebis ou contre quelque ornement simple qui satisferait notre goût encore vierge. Les surhommes et les Doigts du Destin n’auraient jamais porté de couronnes, ou ne les auraient jamais perdues. »

Virginia Woolf, Une chambre à soi, 1929

Nouvel accrochage temporaire des collections permanentes du Centre Pompidou, cette fois-ci sous le signe du féminin. Protagonistes, les femmes artistes. L’exposition restitue toute la complexité de l’être femme et artiste en équilibre précaire entre la revendication de son propre rôle dans la société et dans l’art et une tension plus universelle, la participation à la construction d’une vision plus ample d’une pensée sur le monde. Un hommage légitime, juste, dû. Des confirmations, des découvertes, beaucoup de matériel (voir le site dédié à l’expo). Et un constat. Cette manifestation se constitue comme un territoire neutre, une oasis dans l’histoire de l’art et dans l’art tout court, un cadre où les femmes sont finalement au centre. Elle rappelle vaguement une sorte de zone protégée, de réserve éphémère dédiée à la protection et à l’observation d’une espèce rare. Une réserve éphémère au caractère manifestement exceptionnel et transitoire. Elles vs eux?

Nuovo accrochage temporaneo delle collezioni permanenti del Centre Pompidou, questa volta nel segno del femminile. Protagoniste, le donne artista. La mostra restituisce tutta la complessità dell’essere donna e artista in equilibrio precario tra la rivendicazione del proprio ruolo nella sociétà e nell’arte e una tensione più universale, la partecipazione alla costruzione d’una visione più ampia d’un pensiero sul mondo. Un omaggio legittimo, giusto, dovuto. Delle conferme, delle scoperte, molto materiale (vedi il sito dedicato alla mostra). E una constatazione. Questa manifestazione si costituisce come un territorio neutro, un’oasi nella storia dell’arte e nell’arte tout court, una zona in cui le donne sono finalmente al centro. Ricorda vagamente una sorta di area protetta o di effimera riserva dedicata alla protezione e all’osservazione d’una specie rara. Una riserva effimera, di carattere chiaramente eccezionale e transitorio. Elle contro loro?

elles@centrepompidou, Centre Pompidou, Paris 4ème