A Berlino, omaggio a Valeska Gert (1892-1978)

All’Hamburger Bahnhof di Berlino – dopo sale e sale feutrées di Joseph Beuys – la gradita scoperta è stata la mostra-omaggio a Valeska Gert. Artista, ballerina e attrice berlinese celebre negli anni venti per le sue performances a teatro e al cinema, in opere espressioniste e dada. Performer avant la lettre, ebrea, costretta a partire nel 1938 a causa dell’ascesa del nazional-socialismo, ritornata in Germania alla fine degli anni quaranta, caduta nell’oblio, ha incrociato vita e carriera di Eisenstein, Oskar Kokoschka, Pabst, Tennessee Williams, Jackson Pollock, Federico Fellini, Werner Herzog, Klaus Kinski. Sul video la sua presenza è potente, rivoluzionaria e conturbante, cattura lo spettatore con una forza quasi ipnotica. Androgina, estranea ad ogni categoria o genere, creatura aliena, cangiante, espressione e grazia pura, dura, attraente e repellente al tempo stesso.

À l’Hamburger Bahnhof de Berlin – après des salles et des salles feutrées de Joseph Beuys – quelle agréable surprise l’exposition-hommage à Valeska Gert, danseuse et actrice berlinoise célèbre dans les années vingt pour ses performances à théâtre et au cinéma, dans des œuvres expressionnistes et dada. Performeuse avant la lettre, juive, contrainte à partir en 1938 à cause de la montée du national-socialisme, revenue en Allemagne à la fin des années quarante, oubliée, elle a croisé la vie et la carrière de Eisenstein, Oskar Kokoschka, Pabst, Tennessee Williams, Jackson Pollock, Federico Fellini, Werner Herzog, Klaus Kinski. En vidéo sa présence est puissante, révolutionnaire et troublante, capture le spectateur avec une force presque hypnotique. Androgyne, étrangère à toute catégorie ou genre, créature aliène, changeante, expression et grâce pure, dure, attrayante et repoussante en même temps.

Valeska Gert, Baby, 1969

Valeska Gert in Giulietta degli spiriti, di Federico Fellini (1965) con Giulietta Masina

Pause. Valeska Gert: Moving Fragments, Hamburger Bahnhof, Berlin fino al 10 aprile 2011.

L’Hamburger Bahnhof di Berlino: Joseph Beuys

Berlin, une ancienne gare transformée en musée et à son intérieur, Joseph Beuys, feutré, s’échappe de toute tentative de définition. Ses sculptures restent ouvertes comme autant de questions.

Hamburger Bahnhof, Invaliden Straße 50-51, Berlin

El Peine del viento et la Victoire de Samothrace (Chillida et la sculpture grecque)

Une partie, un fragment (une mutilation) qui finit par incarner une totalité, devient un tout, œuvre à part entière. La main de la Victoire de Samothrace. Une hypothèse lyrique personnelle sur la genèse du Peine del viento (Peigne du vent) d’Eduardo Chillida, qui s’est dessinée dans mon esprit lors de la lecture d’une conversation entre l’artiste et Martin de Ugalde. Une main qui caresse le vent, comme un peigne, et effleure la mer.

EC. : (…) Un jour, soudainement, que j’arrivais au Louvre et je passais par les salles égyptiennes afin de monter ensuite à celles dédiées à la peinture par les escaliers où est la Victoire de Samothrace, je me trouvais vers les salles à droite où se trouvent les fresques de la Renaissance et, en passant, je suis tombé tout d’un coup sur une vitrine dans laquelle il y avait une main mutilée qui venait d’apparaître, que je n’avais jamais vu parce que c’était une pièce nouvelle, là-bas ils disaient qu’elle avait été découverte récemment et qu’on croyait qu’elle appartenait à la Victoire de Samothrace… Je suis resté paralysé, parce que ça c’était la Grèce, n’est-ce pas ? C’était une rencontre inattendue avec la Grèce et en plus les mains m’intéressent beaucoup, comme tu sais, je dessine beaucoup la main ; ainsi, je me rendis compte, en ce moment, que la Grèce n’était plus dangereuse, comme elle l’avait été pour moi, qu’elle n’avait plus ce pouvoir, dans le mauvais sens du terme, sur moi, de me dérouter, parce que j’étais très consolidé dans ma ligne fondamentale… Je me rendis compte de ça quand je vis cette main et j’eus en plus l’impression que le grec pouvait en cette étape, à la place de me soustraire, m’apporter des choses…

MdU : Seulement à travers de cette main.

EC : Seulement à travers de cette main. Ensuite, je retournais à l’hôtel, je rencontrais Pili (sa femme n.d.t) et je lui dis : hé, j’ai vu ça, viens voir cette merveille… (extrait de Hablando con Chillida de Martin de Ugalde, la traduction est la mienne).

Una parte, un frammento (una mutilazione) che finisce per incarnare una totalità, diventa un tutto, opera a sè. Un’ipotesi lirica personale sulla genesi del Peine del viento (Pettine del vento) di Eduardo Chillida che si è disegnata nella mia mente durante la lettura di una conversazione tra l’autore e Martin de Ugalde. Una mano che accarezza il vento, come un pettine, e sfiora il mare.

EC: (…) Un giorno, all’improvviso, arrivavo al Louvre e passavo per le sale egiziane per salire poi a quelle della pittura per le scale dove c’è la Vittoria di Samotracia, mi misi verso le sale a destra, dove si trovano gli affreschi del Rinascimento e, passando, mi sono imbattuto in una vetrina in cui c’era mano mutilata, appena apparsa, che non avevo mai visto perché era un reperto nuovo, lì dicevano che era stata scoperta recentemente e che credevano fosse della Vittoria di Samotracia… Rimasi paralizzato, perché questo era la Grecia, no? Era un incontro inatteso con la Grecia e, per di più, le mani mi interessano molto, come sai, disegno molto la mano; così, mi resi conto, in quel momento, che la Grecia non mi era più pericolosa, come lo era stata, che non aveva più potere su di me, nel senso cattivo della parola, di farmi deviare, perché ero consolidato sulla mia linea fondamentale… Mi resi conto di questo quando vidi questa mano ed ebbi l’impressione che il greco in questa tappa poteva non più sottrarmi ma apportarmi delle cose…

MdU: Solo attraverso questa mano.

EC: Solamente attraverso questa mano. In seguito, sono tornato all’hotel, vi incontrai Pili (sua moglie n.d.t) e le dissi: hey, ho visto questo, vieni a vedere questa meraviglia… (estratto da Hablando con Chillida di Martin de Ugalde, traduzione mia).

Impression, soleil tombé (j’irai pas voir Monet)

Je suis snob, extrêmement, insupportablement snob. J’ai une idée très (trop) haute de l’art et de sa fonction pour aimer sa marchandisation. Je ne peux donc que viscéralement ne pas aimer les opérations du genre expos blockbusters. Je n’irai donc pas voir l’exposition de Monet au Grand Palais – bien sûr, on ne peut pas juger sans avoir vu, oui, c’est snob (je viens de le dire, je suis snob), oui c’est superficiel (non, ce n’est pas superficiel c’est intransigeant et je suis intransigeante), oui c’est prétentieux, tout à fait, je suis tout ça, mais je n’irai quand même pas voir l’exposition de Monet. Je ne suis pas masochiste, d’ailleurs. Je ne peux pas songer sans effroi à aller me fourrer dans un espace clos avec des milliers de personnes pour voir une exposition, faire une queue interminable (encore que je trouverais certainement un escamotage élégant, quelque carte magique pour ne pas faire la queue, oui, je suis assez débrouillarde et avec raison, étant snob) pour après me retrouver serrée parmi des malheureux entassés comme des sardines à essayer de contempler (entrevoir en état extatique obligé) des bouts de bonne vieille peinture entre les têtes des visiteurs. Et ça je ne le pourrais pas éviter. J’ai une très haute considération de l’art et de sa fonction. Mais là ça virerait à l’autopunition. Et n’étant pas masochiste… Une moyenne de 6 300 personnes par jour. On pourrait atteindre le chiffre record de 800 000 visiteurs. C’est dément. Le plaisir, où est-il passé ? Je continue tout de même à demeurer surprise par la transformation de la consommation culturelle en industrie du loisir, par sa capacité de faire tourner l’art en un besoin répandu à consommer absolument, avidement, comme un Coca. Faire devenir une expo un événement incontournable. C’est un tour de force de la pensée extraordinaire. Je veux dire, c’est de la peinture, ça peut être ennuyeux, ça peut ne pas plaire ni intéresser à tout le monde, ce serait même légitime, ça touche à une sphère du plaisir très particulière. Et payer, supporter la queue, la foule, s’infliger du mal pour ça. C’est un peu comme si on arrivait à me convaincre de l’absolue nécessité, pour mon bonheur, de payer 10 euros pour aller visiter une exposition de crapauds australiens de compétition mais non sans avoir d’abord attendu débout des heures avant d’entrer et puis déambuler dans la foule au risque de ne rien voir. Ce serait aussi fou que cela. Je m’interroge sur le sens scientifique de l’exposition (y avait-t-il besoin d’une rétrospective de Monet ou pouvait-on passer outre ?), je m’interroge sur les querelles et les mesquineries qui font surface sur un fond de chocs d’égos, sur la confusion qui règne désormais entre art et commerce, culture, communication et buzz. Impression d’une drôle d’époque de l’art à l’époque de sa marchandisation.

Sono snob, estremamente, insopportabilmente snob. Ho un’idea molto (troppo) alta dell’arte e della sua funzione per amare la sua mercificazione. Non posso che visceralmente non amare le operazioni genere mostre blockbuster. Non andrò quindi a vedere la mostra di Monet al Grand Palais – certo, non si può giudicare senza avere visto, sì, tutto ciò è snob (l’ho appena detto, sono snob), sì tutto ciò è superficiale (no, non è superficiale è intransigente ed io sono intransigente), sì tutto ciò è pretenzioso, esattamente, io sono tutto ciò ma non andrò comunque a vedere l’esposizione di Monet. Non sono masochista, tra l’altro. Non posso, senza un certo timore, pensare di andare ad infilarmi in uno spazio chiuso con altre migliaia di persone per vedere una mostra, fare una coda interminabile (anche se troverei certamente un escamotage elegante, qualche carta magica per non fare la coda, sì, sono abile nell’aggirare queste situazioni, e a ragione, essendo una snob) per poi ritrovarmi stretta in mezzo ad un mucchio di sventurati pressati come sardine a cercare di contemplare (intravedere in stato estatico obbligato) dei pezzi di buona vecchia pittura tra le teste dei visitatori. E questo non potrei evitarlo. Ho una considerazione molto alta dell’arte e della sua funzione. Ma qui volgerebbe all’autopunizione. E non essendo masochista… Una media di 6 300 persone al giorno. Si potrebbe raggiungere e oltrepassare la cifra record di 800 000 visitatori. È pazzesco. Il piacere dove è finito? Continuo a rimanere sorpresa dalla trasformazione della consumazione culturale in industria dell’intrattenimento, della sua capacità di far diventare l’arte un bisogno diffuso da consumare assolutamente, avidamente, come una Coca-Cola. Far diventare una mostra, un avvenimento imperdibile. È un tour de force straordinario del pensiero. Voglio dire, si tratta di pittura, può essere noioso, può non piacere né interessare a tutti, e sarebbe legittimo, tocca una sfera del piacere molto particolare. E per questo pagare, sopportare la coda, la folla, infliggersi del male. È un po’ come se riuscissero a convincermi dell’assoluta necessità, per la mia felicità, di pagare 10 euro per andare a visitare una mostra di rospi australiani da competizione ma non senza prima aver atteso in piedi per delle ore prima di entrare e poi deambulare nella folla col rischio di non vedere nulla. Sarebbe altrettanto folle. Mi interrogo sul senso scientifico della mostra (ce n’era veramente bisogno di una retrospettiva Monet o si poteva passare oltre?), mi interrogo sulle querelles e le meschinerie che affiorano in superficie sullo sfondo di scontri di ego, sulla confusione che regna ormai tra arte e commercio, cultura, comunicazione e buzz. Impressione di una strana epoca dell’arte all’epoca della sua mercificazione.

La photo : Impression, soleil tombé, ou bien Notre-Dame pendant la Nuit blanche (l’illumination est une installation de Thierry Dreyfus, Offrez-moi votre silence – n°5………..41398, 2010, parvis de Notre-Dame, Paris 1er, la nuit du 2 octobre 2010)

Monet, Grand Palais, Paris 8e du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011

Mani pulite (ovvero sporche): Gianni Motti

Gianni Motti, Mani pulite, 2005 (idrossido di sodio, grasso di Silvio Berlusconi)

La capacità dell’arte d’incarnare le contraddizioni attraverso l’associazione ironica di concetti e idee apparentemente lontane: il cortocircuito virtuoso al contatto con l’attualità storica provoca una scintilla feconda che illumina il contemporaneo. L’arte opera spesso come una sintesi immaginativa che restituisce la complessità del mondo trasfigurandola in un linguaggio simbolico, sintesi non realizzabile nel discorso e nella logica del linguaggio non-immaginifico.

Così, nel 2005, Gianni Motti produce un sapone con gli scarti di grasso derivanti da un’operazione di liposuzione di Silvio Berlusconi e lo chiama Mani pulite. Rimando alla stagione giudiziaria anti-corruzione che ha spazzato via all’inizio degli anni novanta i partiti ‘storici’ dalla scena politica italiana, aprendo una breccia, il vuoto di potere in cui Silvio Berlusconi si è inserito e nel quale ha monopolizzato (e continua a monopolizzare) la politica italiana durante gli ultimi sedici anni. L’Italia pre-Berlusconi e l’Italia plastica di Berlusconi, dell’immagine frontale, levigata, televisiva e della giovinezza ad ogni costo, all’inseguimento di una patetica eterna giovinezza attraverso infinite operazioni chirurgiche. Uno slancio ‘idealistico’ (quasi rivoluzionario) di pulizia della politica che spalanca paradossalmente le porte ad un imbarbarimento, una bruttezza e una sporcizia, ancora peggiori. Ossimoro volutamente raccapricciante della cosa e il suo nome, il paradosso evidente tra la funzione dell’oggetto e la sua composizione materica: l’idea di lavare (sporcare) le proprie mani con un sapone fatto di grasso umano fa arricciare il naso. Mani pulite (ovvero sporche) evoca tutta la contraddittorietà della recente storia italiana, perfino nella reazione, la più appropriata, il disgusto.

Mani pulite è attualmente esposto al Migros Museum di Zurigo in occasione della mostra Une Idée, une Forme, un Être. Poésie/Politique du corporel fino al 28 novembre 2010.

La capacité de l’art d’incarner les contradictions à travers l’association ironique de concepts et idées apparemment lointaines : le court-circuit vertueux au contact avec l’actualité historique provoque une étincelle féconde qui illumine le contemporain. L’art œuvre souvent comme une synthèse imaginative qui restitue la complexité du monde en le transfigurant en un langage symbolique, synthèse non réalisable dans le discours et dans la logique du langage non-imaginifique.

Ainsi, en 2005, Gianni Motti produit un savon avec les déchets graisseux dérivants d’une opération de liposuccion de Silvio Berlusconi et l’appelle Mani pulite (mains propres). Renvoi à la saison judiciaire anti-corruption ainsi dite (Mani pulite) qui a balayé, au début des années quatre-vingt-dix les partis ‘historiques’ de la scène politique italienne, en ouvrant une faille, le vide de pouvoir dans lequel Silvio Berlusconi s’est inséré et à partir du quel a pu monopoliser (et continue à monopoliser) la politique italienne pendant les seize dernières années. L’Italie pré-Berlusconi et l’Italie plastique de Berlusconi, de l’image frontale, patinée, télévisée et de la jeunesse à tout prix, de la poursuite d’une pathétique éternelle jeunesse à travers une série infinie d’opérations chirurgicales. Un élan ‘idéaliste’ (presque révolutionnaire) de nettoyage de la politique qui ouvre paradoxalement les portes à une barbarie, une laideur et une saleté encore pires. Oxymoron qui se veut dégoutant entre la chose et son nom, le paradoxe évident entre la fonction de l’objet et sa composition matérielle : l’idée de se laver (salir) les mains avec un savon fait de graisse humaine fait tordre le nez. Mains propres (c’est à dire sales) évoque tout le caractère contradictoire de l’histoire récente italienne, jusqu’à dans la réaction la plus appropriée, le dégoût.

Mani pulite est actuellement exposé au Migros Museum de Zurich dans le cadre de l’exposition Une Idée, une Forme, un Être. Poésie/Politique du corporel jusqu’au 28 novembre 2010.

Frammenti