Parlons Révolution

Ainsi André Breton, révolutionnaire désenchanté :

Le 4 octobre dernier [1926 N. d. A], à la fin d’un de ces après-midi tout à fait désœuvrés et très mornes, comme j’ai le secret d’en passer, je me trouvais rue Lafayette : après m’être arrêté quelques minutes devant la librairie de L’Humanité et avoir fait l’acquisition du dernier ouvrage de Trotsky, sans but je poursuivais ma route dans la direction de l’Opéra. Les bureaux, les ateliers commençaient à se vider, du haut en bas des maisons des portes se fermaient, des gens sur le trottoir se serraient la main, il commençait tout de même à y avoir plus de monde. J’observais sans le vouloir des visages, des accoutrements, des allures. Allons, ce n’étaient pas encore ceux-là qu’on trouverait prêts à faire la Révolution. André Breton, Nadja (1928), 1962

… continue

« La très belle et très inutile Porte Saint-Denis »

On peut, en attendant, être sûr de me rencontrer dans Paris, de ne pas passer plus de trois jours sans me voir aller et venir, vers la fin de l’après-midi, boulevard Bonne Nouvelle entre l’imprimerie du Matin et le boulevard de Strasbourg. Je ne sais pas pourquoi c’est là, en effet, que mes pas me portent, que je me rends presque toujours sans but déterminé, sans rien de décidant que cette donnée obscure, à savoir que c’est là que se passera cela (?) Je ne vois guère, sur ce rapide parcours, ce qui pourrait, même à mon insu, constituer pour moi un pôle d’attraction, ni dans l’espace ni dans le temps. Non : pas même la très belle et très inutile Porte Saint-Denis.

“Si può, nell’attesa, essere sicuri d’incontrarmi per Parigi, di non trascorrere più di tre giorni senza vedermi andare e venire, verso la fine del pomeriggio, per il viale Bonne Nouvelle tra la tipografia del Mattino e il viale di Strasburgo. Non so perché è qui, in effetti, che i miei passi mi portano, che quasi sempre mi reco senza un obiettivo preciso, senza nulla di decisivo se non questo dato oscuro e cioè che è qui che ciò succederà (?) Non vedo proprio, nel corso di questo veloce percorso, ciò che potrebbe costituire per me, persino a mia insaputa, un polo d’attrazione, né nello spazio né nel tempo. No: nemmeno la bellissima e inutilissima Porta San Denis.” [traduzione mia]

André Breton, Nadja (1928), 1962

Été

cutme

Cut (Nadja), 2009

Quand une envolée lyrique nous prend. Avec le désir de légèreté, de défier la loi biblique de Samson, de sentir la brise qui nous caresse la tête, de nous tourner punk. Et quand, il n’y a personne pour nous dissuader et nous le faisons vraiment.

Quando ci prende un’envolée lyrique. Insieme al desiderio di leggerezza, di sfidare la legge biblica di Sansone, di sentire la brezza carezzarci la testa, di sentirci punk. E quando, non c’è nessuno a dissuaderci e lo facciamo su serio.