La dama di Carpaccio alla stazione di Trouville

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Ci sono persone che sembrano portare dentro di sé più tempi, più epoche. Come la signora alla stazione di Trouville, l’attesa nello sguardo, fisso e in viaggio al tempo stesso, proiettato verso il futuro, il viso immobile. La stessa attesa, lo stesso tempo sospeso del quadro di Carpaccio conservato al Museo Correr di Venezia, dipinto verso il 1490: due dame attendono gli sposi a caccia (secondo la lettura di Augusto Gentili). Stesso profilo, stessa capigliatura. Stessa solitudine. Ma. Un’altra epoca. Un’altra moda. Un’altra dimensione, la modernità: lo spazio dell’attesa non è più uno spazio interiore, intimo, la casa, ma uno spazio pubblico, impersonale e transitorio. Un nonluogo: la stazione. Nello sguardo la stessa noia, la stessa attesa immota.

Il y a des personnes qui semblent porter en elles plusieurs temps, plusieurs époques. Comme la dame de la gare de Trouville, l’attente dans le regard, figé et en route en même temps, projeté vers l’avenir, le visage immobile. La même attente, le même temps suspendu du tableau de Carpaccio conservé au Musée Correr de Venise, peint vers 1490 : deux dames, assises, attendent leurs époux partis à la chasse (selon la lecture qui nous donne Augusto Gentili). Le même profil, la même coiffure. La même solitude. Mais. Une autre époque. Une autre mode. Une autre dimension, la modernité : l’espace de l’attente n’est plus l’espace intérieur, intime de la maison, mais l’espace public, impersonnel et transitoire. Un non-lieu : la gare. Dans le regard, le même ennui, la même attente immobile.

Trous normands 4 (et fin). Honfleur

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Honfleur, porto di mare. Volto le spalle al centro storico, esempio post-moderno di conservazione architettonica soprendente quanto artificiale, fragile perché di facciata, svuotata di senso (e di poesia) dal sur-consumo turistico. Anima del luogo smarrita nel flusso ininterrotto di gente. Voltate le spalle, voltato lo sguardo con l’aiuto miracoloso del Passocéan, rotta verso l’oceano: si offre agli occhi uno squarcio di poesia inaspettato. Paesaggio commovente nella sua semplicità, bellezza intaccata. Il faro, i riflessi sull’acqua, una piccola casa, gli alberi, le nuvole più pittoriche che reali: visione fuori dal tempo, come in un quadro olandese di Van Goyen. Impressione di vivere, con gli occhi del passato, un momento di tregua, come se il tempo si fosse fermato a Jongkind.

Honfleur, port de mer. Je tourne le dos au centre historique, exemple post-moderne de conservation architectonique aussi surprenante qu’artificielle, fragile parce que de façade, vidée de sens (et de poésie) par la surconsommation touristique. L’âme du lieu égarée dans le flux ininterrompu de gens. Tourné le dos, tourné le regard avec l’aide miraculeux du Passocéan, route vers l’océan : un moment de poésie inattendu s’offre aux yeux. Un paysage émouvant dans sa simplicité, beauté sans tache. Le phare, les réflexes sur l’eau, une petite maison, les arbres, les nuages plus picturales que réelles : vision hors du temps, comme dans un tableau hollandais de Van Goyen. Impression de vivre, avec les yeux du passé, un moment de trêve, comme si le temps s’était arrêté à Jongkind.

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Trous normands 3. Trouville

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Maree. Mare che fugge all’orizzonte, spiaggia, sabbia abbandonata. Tracce effimere di pneumatici e passi d’uomo disegnano percorsi sulla sabbia bagnata, terra riemersa alla luce. Fino alla prossima marea. Creazione e distruzione. Farsi e disfarsi di cammini. Farsi e disfarsi di linee, creazioni del caso. Tracce volubili della ciclicità della natura. Land art, con-fusione di segni dell’uomo e della natura.

Marées. Mer qui s’enfuit à l’horizon, plage, sable abandonné. Traces éphémères de pneus et de pas humains dessinant des parcours sur le sable mouillé, terre émergée à nouveau à la lumière. Jusqu’à la prochaine marée. Création et destruction. Faire et défaire de chemins. Faire et défaire de lignes, créations du hasard. Traces volubiles des cycles naturels. Land art, con-fusion de signes de l’homme et de la nature.

Trous normands 2. Villerville

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Villerville. Ruelle qui descend paisible vers la mer, au croisement je suis foudroyée par une espèce de vision, de madeleine proustienne : le Cabaret Normand. Je plonge dans l’atmosphère fumeuse et pluvieuse d’Un singe en hiver. Le français maché râleur de Jean Gabin et le flamenco de Jean-Paul Belmondo.

Villerville. Strada che scende verso il mare, all’incrocio vengo fulminata da una specie di visione, di madeleine proustiana : il Cabaret Normand. Mi immergo nell’atmosfera fumosa e piovosa di Un singe en hiver. Il francese masticato râleur di Jean Gabin e il flamenco di Jean-Paul Belmondo.

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extraits d’Un singe en hiver, un film de Henri Verneuil, 1962.

Trous normands * 1. Cricqueboeuf

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Cricquebœuf, commune française situé dans le département du Calvados et la région Basse-Normandie. De source scientifique (Wikipédia) : nom d’origine scandinave sans rapport avec « bœuf », devrait s’écrire Cri(c)quebeuf comme les lieux analogues de Seine-Maritime et de l’Eure. Du scandinave kirkja = église et du scandinave both/buth = baraque. Conflit inconciliable entre la science (étymologique dans ce cas) et les légendes populaires (mixte de bon sens et d’analyse et synthèse d’une expérience de la réalité). La narration change drastiquement de signe quand l’explication vient d’une indigène : sur la côte il y avait anciennement (« c’est les anciens qui nous racontent… ») une crique où l’on élevait des bœufs. La mer ayant emporté le pré, il n’y a plus ni de crique ni de bœufs. Ainsi, la mer est en train d’emporter avec soi, patiemment, les blocus nazis, présences lugubres d’un proche passé, aujourd’hui refuge de jeunes noctambules et fêtards locaux. Partagée entre cartésianisme et religiosité naïve, je reste du côté de l’imagination, c’est-à-dire des bœufs.

Cricquebœuf, comune francese situato nel dipartimento del Calvados e nella regione della Basse-Normandie. Da fonte scientifica (Wikipedia France): l’origine del nome è scandinava, senza nessun rapporto con « bœuf » (bue), dovrebbe scriversi Cri(c)quebeuf come le località analoghe della Seine-Maritime e dell’Eure. Dallo scandinavo Kirkja = chiesa et dallo scandinavo both/buth = baracca. Conflitto inconciliabile tra scienza (in questo caso etimologica) e leggende popolari (misto di buon senso, analisi e sintesi di un’esperienza della realtà). La narrazione cambia drasticamente di segno quando la spiegazione viene da un’indigena: sulla costa c’era anticamente (« sono gli avi che lo raccontano… « ) una cala (crique) dove si allevavano dei buoi (bœufs). Il mare ha portato via il prato e non ci sono più né la cala ne i buoi. Così, il mare sta portando via con sé, pazientemente, i blocchi (bunker) nazisti, presenze lugubri di un vicino passato, oggi rifugio di giovani nottambuli e di festaioli locali. Divisa tra cartesianismo e religiosità naïve, resto dalla parte dell’immaginazione, ovvero dalla parte dei buoi.

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Tapis de moules sur la plage de Cricquebœuf, un tableau à la Damien Hirst (Infanticide, 2006. Mouches et résine sur toile).

Tappeto di cozze sulla spiaggia di Cricquebœuf, un quadro alla Damien Hirst (Infanticide, 2006. Mosche e resina su tela).

* trous normands: gioco di parole tra trou normand (digestivo a base di calvados) e trou (buco, a indicare anche delle piccole località) normands (in Normandia, per l’appunto)…