François-Marie Banier, chaque homme est un artiste

Finalement une affaire franco-française qui sent l’Italie, une bouffée d’air frais en cette grise rentrée parisienne qui me fait sentir un peu plus chez moi et me réchauffe comme le soleil de la Méditerranée. Une affaire qui sent le conflit d’intérêts, l’arrogance, l’hypocrisie du monde de l’art qui se mêle au pouvoir. Cet air vicié qui me manque tant et que j’essaie de flairer de loin. L’histoire de François-Marie Banier, photographe protégé par la « mécène » Liliane Bettencourt. Artiste dont l’œuvre possède une valeur proche du zéro sur le marché, d’après une enquête menée par Beaux-Arts Magazine. Grâce à la générosité de l’impératrice des crèmes, il aurait ressemblé une collection qui est un « véritable petit musée ». Avec un petit Picasso, un petit Léger, un petit Munch. En novembre 2010 il aurait dû aussi faire l’objet d’une exposition personnelle à la Maison Européenne de la Photographie à Paris. Le vacarme du scandale Bettencourt pourrait pourtant causer son annulation et repousser ainsi la consécration définitive de l’artiste « cote zéro ». François-Marie Banier incarnation de la pensée de Joseph Beuys « Chaque homme est un artiste » ?

Finalmente un affaire franco-francese che sa d’Italia, una buffata d’aria fresca che mi fa sentire un po’ più a casa in questo grigio rientro dalle vacanze parigino, portandomi il sole del Mediterraneo. Una storia che sa di conflitto d’interessi, di arroganza, d’ipocrisia del mondo dell’arte che si mescola al potere. Quest’aria viziata che mi manca tanto e che cerco di annusare da lontano. La storia di François-Marie Banier, fotografo protetto dalla “mecenate” Liliane Bettencourt (erede ottantenne dell’impero L’Oréal). Artista la cui opera possiede sul mercato un valore vicino allo zero, secondo un’inchiesta di Beaux-Arts Magazine. Grazie alla generosità dell’imperatrice delle creme, l’artista avrebbe messo insieme una collezione paragonabile ad “un piccolo, vero museo”. Con un piccolo Picasso, un piccolo Léger, un piccolo Munch. Come se non bastasse, a novembre la sua opera avrebbe dovuto essere l’oggetto di una mostra personale alla Maison Européenne de la Photographie di Parigi. Il polverone sollevato dallo scandalo Bettencourt potrebbe purtroppo causare il suo annullamento e rinviare di fatto la consacrazione definitiva dell’artista “zero valore”. François-Marie Banier, incarnazione del pensiero di Joseph Beuys “Ogni uomo è un artista”?

Tauromachie

Contrastes inconciliables : ceux entre art, mythe et écologie. Contrasti insanabili: quelli tra arte, mito e ecologia.

Vidéo extrait de >> Le mystère Picasso de Henri-Georges Clouzot (1956) avec Pablo Picasso, Henri-Georges Clouzot.

Rineke Dijkstra chez Marian Goodman

Il y a d’abord cette atmosphère raréfiée, pure – comme dans un tableau flamand – à travers laquelle les détails se détachent, les physionomies, les couleurs émergent avec force, dans les œuvres de Rineke Dijkstra. … continue

Le mystère Picasso par Henri-Georges Clouzot

Henri-Georges Clouzot, Le mystère Picasso (1956) avec Pablo Picasso, Henri-Georges Clouzot. Reprise à la Filmothèque du Quartier Latin 9, rue Champollion 5ème arrondissement

La vie mystérieuse des formes reconstruite à travers la caméra : hasard et volonté artistique se mêlent, un défi à chaque fois renouvelé, au résultat toujours incertain. Le défi entre un réalisateur, Henri-Georges Clouzot et l’artiste du vingtième siècle par excellence, Picasso. Face à une toile vide, le mystère prend forme. La forme se dessine, elle parcourt des chemins tortueux pour après revenir en arrière, avançant par tentatives, à la recherche de quelque chose d’insaisissable qui paraît être déjà présent, à l’état gazeux, dans la toile et que l’artiste essaye de faire revenir à la surface. Plusieurs tableaux dans un seul tableau. L’artiste, qui avance comme « un aveugle, en tâtonnant dans l’obscurité » (H.-G. Clouzot), entre sûreté de soi et doute. Close la phrase de Picasso, directe au réalisateur, la sort du dernier tableau semble indécise : « ça va très très mal, mais tu as tort d’être inquiet, car ça pourrait terminer encore plus mal ».

La vita misteriosa delle forme ricostruita attraverso la cinepresa: caso e volontà artistica si mescolano, una sfida rinnovata ad ogni volta, dal risultato sempre insicuro. La sfida tra un regista, Henri-Georges Clouzot e l’artista del ventesimo secolo per eccellenza, Picasso. Davanti ad una tela bianca, il mistero prende forma. La forma si delinea, percorre dei sentieri tortuosi per poi arretrare e ritornare indietro, avanzando per tentativi, alla ricerca di qualcosa d’imprendibile che sembra essere già presente, allo stato gasoso, nella tela e che l’artista prova a far venire di nuovo alla superficie. Più quadri dentro un unico quadro. L’artista che procede “come un cieco, a tentoni nel buio” (H.-G. Clouzot), tra sicurezza di sé e dubbio. Chiude la frase di Picasso, diretta al regista, la sorte dell’ultima tela pare indecisa: “va molto molto male ma hai torto a preoccuparti, perché potrebbe finire ancora peggio”.

Vanitas urbaine

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Una carcassa gigante sanguinolenta, una smorfia, un grido di d’orrore firmato Bonom. Il realismo di una natura morta di Rembrandt e lo stile deconstruito (e vicino al grottesco) di una creatura di Picasso. Gli scalini metallici salgono verso il tetto dell’edificio e si offrono come ossatura, colonna vertebrale dell’animale, sulla quale si aggrappa la costruzione della figura. Ma sono al tempo stesso punte feroci infilate nel corpo del toro, martoriato. E l’antenna in cima, come una sorta di scarica elettrica, che fa vibrare l’immagine. Squarcio di cruda vanitas nel Marais, tra boutiques e gallerie chic d’arte contemporanea, irrompe nell’atmosfera irreale come un pugno nello stomaco.

Une carcasse géante sanguinolente, une grimace, un cri d’horreur signé Bonom. Le réalisme d’une nature morte de Rembrandt et le style déconstruit (proche du grotesque) d’une créature de Picasso. Les marches métalliques montent vers le toit de l’édifice et s’offrent en ossature, colonne vertébrale de l’animal, sur laquelle la construction de la figure s’appuie avec force. Mais elles sont en même temps des pointes féroces implantées dans le corps du taureau, souffrant. Et l’antenne au dessus, comme une sorte de secousse électrique, fait vibrer l’image. Un aperçu cru d’une vanitas dans le Marais, parmi des boutiques et de galeries chic d’art contemporain, perce l’atmosphère irréelle comme un coup de poing à l’estomac.

Des petits pains picassiens à la Mouffetard

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Les petits pains de Picasso_Doisneau

© Robert Doisneau, Les petits pains de Picasso, 1952

Rester assise à une terrasse, par un jour de grand soleil, et observer les gens passer, discuter, lire, passer ainsi le temps, c’est une des activités que je préfère. J’aime regarder les gens autour de moi et déceler des signes, des particularités : un sourire, un regard, une façon de marcher, de se tenir à table, de garder un livre entre les mains. Dénicher dans le quotidien des détails rayonnants de beauté. Bribes de beauté dans le banal. Hier, attelée à la tâche, confortablement assise au soleil à côté de la rue Mouffetard, j’ai sursauté de joie en découvrant, deux tables plus loin, une main quasi géante, une forme si puissante, un volume si rare. On aurait dit une main de ces personnages de Picasso. En faire la correspondance avec le portrait du peintre pris par Doisneau où ses doigts sont ironiquement suggérés par des petits pains était bien trop tentant.

Restare seduta ad una terrazza, in un giorno di sole e osservare la gente passare, chiacchierare, leggere, passare il tempo, è una delle attività che preferisco. Mi piace guardare la gente attorno a me e raccogliere dei segni, delle particolarità : un sorriso, uno sguardo, un modo di camminare, di stare a tavola, di tenere un libro tra le mani. Scovare nel quotidiano dei dettagli raggianti di bellezza. Frammenti di bellezza nel banale. Ieri, intenta in questa occupazione, confortevolmente seduta al sole vicino alla rue Mouffetard, ho sussultato di gioia scoprendo a due tavolini da me una mano quasi  gigante, une forma così potente, un volume così raro. Sembrava una mano di quei personaggi di Picasso. Farne la corrispondenza con il ritratto del pittore preso da Doisneau in cui le dita sono ironicamente suggerite da dei piccoli pani era fin troppo invitante.