L’art comme un rite quotidien, exercice de patience et précision monacales. L’acheminement d’une œuvre et d’une vie vers la lumière, le blanc absolu.
Le temps dans sa durée et dans sa création et le temps de notre effacement, être à la fois vivant et toujours devant la mort, c’est cela le vrai “suspense” de tout être vivant, présence d’une conscience, d’un raccourci, d’être déjà là en traçant cette seule réalité. Cette perception est un prolongement, une ouverture qui s’élargit sur le monde sans écarter la jouissance, mais toujours avec l’idée omniprésente de la nature propre à la vie, à son écoulement, à son émiettement comme et avec chacun, afin que les questions sur le vécu puissent donner une concordance lisible de la même réalité, de sorte que la pensée ne soit pas seulement mienne et que l’on puisse se rencontrer dans notre unus mundus.
Le gris est le noir et le blanc. Il exprime l’unité du mouvement des couleurs. Il exclut le dualisme et manifeste le tout. Le gris est universel. Il porte toutes les couleurs, à l’image du spectre des couleurs en mouvement. Mais le gris est neutre : je le remplis avec le vécu de ma vie. Le gris n’est pas une couleur symbolique, il est devenu pour moi celle du mouvement non visible. Sur ce fond gris, il y a ma vie : le contraire d’une couleur froide, indifférente ; il est la couleur de mon sacrifice pictural, étalé par la conduite du concept, son mouvement et son temps. Aux grands pôles, aux extrêmes du noir du premier Détail et du blanc sur blanc, le sfumato d’une existence : la couleur peut devenir mortellement émotionnelle. Roman Opalka
L’arte come un rito quotidiano, esercizio di pazienza e precisione monacale. La traiettoria di un’opera e di una vita verso la luce, il bianco assoluto.
Il tempo nella sua durata e nella sua creazione e il tempo del nostro cancellarsi, essere allo stesso tempo vivente e sempre davanti alla morte, è questa la vera “suspense” di ogni essere vivente, presenza di una coscienza, di un collegamento, di essere già lì tracciando questa sola realtà. Questa percezione è un prolungamento, un’apertura che si allarga sul mondo senza scartare la gioia ma sempre con l’idea onnipresente della natura vera della vita, del suo scorrere, del suo sbriciolamento con chiunque e come per chiunque, affinché le domande sul vissuto possano dare una concordanza leggibile della stessa realtà, in mondo che il pensiero non sia solo mio e che ci si possa incontrare nel nostro unus mundus.
Il grigio è il nero e il bianco. Esprime l’unità del movimento dei colori. Esclude il dualismo e manifesta il tutto. Il grigio è universale. Porta tutti ii colori, all’immagine dello spettro dei colori in movimento. Ma il grigio è neutro: lo riempio con il vissuto della mia vita. Il grigio non è un colore simbolico, è diventato per me il colore del movimento non visibile. Su questo fondo grigio, c’è la mia vita: il contrario di un colore freddo, indifferente; è il colore del mio sacrificio pittorico, steso attraverso la condotta del concetto, il suo movimento e il suo tempo. Ai grandi poli, agli estremi del nero del primo Dettaglio e del bianco su bianco, lo sfumato di un’esistenza: il colore può diventare mortalmente emozionale. Roman Opalka
Roman Opalka, Passages, Galerie Yvon Lambert, 108 rue Vieille-du-Temple, Paris 3e, du 4 septembre au 9 octobre 2010

















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