La vie des formes

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Si j’étais Picasso. Cups 4 me (Hommage à Jasper Johns), 2009

Une image peut en cacher une autre ou la vie des formes. Les images sont des formes vivantes, complexes. Elles abritent la complexité de la réalité tout en la problématisant, en l’enrichissant de nouvelles problématiques (Escher, Hockney). Les images s’inspirent de la nature et la fusion entre éléments naturels et humains est tellement dense que la frontière entre les deux univers demeure difficile à tracer, les objets nous confondent : les veines d’un marbre rassemblent à des corps humains mettant en scène des représentations, les œuvres des hommes recréent les formes de la nature. Pas rassurantes, leur sens n’est jamais univoque, souvent équivoque. Des formes peuvent en abriter des autres. Les formes naturelles prennent des apparences humaines dans les tableaux et des visages humains peuvent être composés par des éléments végétales (Arcimboldo). Les images peuvent être tout et leur contraire. Elles ne sont jamais ce que l’on croit voir. Peuvent cacher leurs intentions entre les plis, elles nous demandent un effort. Elles nous bouleversent, en nous permettant de regarder aux choses d’un point de vue inédit. Un changement de perspective suffit à en bouleverser la vision et la signification (Dalì, Raetz). Les images sont un jeu, demandent à être découvertes et décodées. Jean-Hubert Martin invite le spectateur à jouer et à se laisser ensorceler, les yeux bien ouverts.

Un’immagine ne può nascondere un’altra ovvero la vita delle forme. Le immagini sono delle forme viventi, complesse. Esse custodiscono la complessità della realtà problematizzandola al tempo stesso, arricchendola di nuove problematiche (Escher, Hockney). Le immagini si ispirano alla natura e la fusione tra gli elementi naturali e umani è talmente densa che il confine tra i due universi rimane difficile da tracciare, gli oggetti ci confondono: le vene del marmo assomigliano a dei corpi umani mettendo in scena delle rappresentazioni, le opere degli uomini ricreano le forme della natura. Per nulla rassicuranti, il loro senso non è mai univoco e spesso equivoco. Delle forme possono custodirne delle altre. Le forme naturali prendono delle sembianze umane nelle pitture e i volti umani possono essere composti di elementi vegetali (Arcimboldo). Le immagini possono essere tutto e il suo contrario. Non sono mai quello che sembrano. Possono nascondere le loro intenzioni tra les pieghe, ci chiedono uno sforzo. Ci sconvolgono, permettendoci di guardare alle cose da un punto di vista inedito. Un cambiamento di prospettiva è sufficiente per rivoluzionare la visione e il suo significato (Dalì, Raetz). Le immagini sono un gioco, chiedono di essere scoperte e decodificate. Jean-Hubert Martin invita lo spettatore a giocare e a lasciarsi ammaliare, ad occhi ben aperti.

Une image peut en cacher une autre, Grand Palais, Paris 8ème du 8 avril au 6 juillet 2009

Sur-reality Show

Un chien andalou, un film de Luis Bunuel, scénario Luis Bunuel et Salvador Dali, Espagne,1929

Spellbound (La maison du Docteur Edwardes), un film de Alfred Hitchcock, États-Unis, 1945 (séquence du rêve dessinée par Salvador Dali)

Occhi, occhi ma per non vedere, una nuvola rasoio su questa vista, sulle immagini che si accavvallano impazzite. L’imperatore, le ancelle vergini date in pasto al drago-imperatore, nani ministro, mignottocrazia, l’imperatrice sovversiva esposta al pubblico ludibrio prima pagina seno nudo, l’imperatore nudo in lifting-tacchi-abbronzatura-toupet, i deputati giullari unghie e denti affilati difendono il loro sacro imperatore, le ministro zinne e sorrisi, deputate veline senza veli. Il pubblico anestetizzato. È il Satyricon, è un film di Fellini. No, è un incubo, è un delirio onirico disegnato da Dali. È un film di Hitchcock. È il più sur-realista dei reality show. Voglio svegliarmi.

Des yeux, des yeux mais pour ne pas voir, un nuage rasoir sur cette vue, sur les images qui se chevauchent. L’empereur, les vierges sacrifiées au dragon-empereur, les ministres nains, mignottocrazia, l’emperatrice subversive exposée en première page les seins nus, l’empereur nu en lifting-talons-bronzage-postiche sur la tête, les députés bouffons ongles et dents tranchants en défense de leur empereur sacré, les ministres nichons et sourires, les députées veline sans voiles. Le public anesthésié. C’est le Satyricon, c’est un film de Fellini. Non, c’est un cauchemar, un délire onyrique dessiné par Dali. C’est un film d’Hitchcock. C’est le plus sur-réaliste des reality shows. Je veux me reveiller.