Délires esthétiques d’été

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Rue Saint-Martin, Paris 4ème

Il limite tra l’arte e la realtà si assottiglia paurosamente, da quando l’arte ha abbandonato il suo white cube. Nasce la difficoltà della scelta interpretativa sul mondo verso uno dei due sensi, dalla parte del reale o dell’arte, una scelta sempre più difficile per l’occhio addomesticato esteticamente. Perversità dello « sguardo estetico » (che interpreta esteticamente il mondo) o ambiguità del reale? La scelta è ambigua e necessaria al tempo stesso e l’interpretazione fondamentale per il senso delle cose: perché lo sguardo estetico sul mondo ne stravolge il senso e ne sconvolge i rapporti. L’arte riproduce gli schemi e i meccanismi del mondo contemporaneo o il mondo contemporaneo ha assunto modelli e schemi delle arti e dello spettacolo? Per l’occhio estetico tutte le immagini si presentano come costruzioni problematiche da analizzare e le situazioni vissute (con distacco) come performances.

Queste riflessioni sorgono di fronte all’affichage ripetuto e ossessivo di una foto (fotocopia? sticker?), il volto di un ragazzo, nelle strade del Marais. La prima reazione, d’istinto, è quella di una spettatrice di fronte ad un gesto dalla volontà artistica. Ma il dubbio s’insinua l’attimo dopo. Il medium e la forma scelti sono ambigui. Potrebbe benissimo trattarsi di una persona scomparsa che qualcuno sta cercando o di una qualsiasi altra situazione drammatica o di uno scherzo tra amici. O è un’artista o è un gesto inconsapevolmente artistico. O è il segno di una tragedia in atto. Forse il mio sguardo esageratamente estetico è ormai giunto a livelli di perversità massima. Tutto sta nell’interpretazione. Duro challenge della contemporaneità.

La limite entre l’art et la realité s’effile terriblement, depuis que l’art a quitté son white cube. La conséquence est la naissance d’une difficulté du choix interprétatif sur le monde entre un des deux sens, du côté du réel ou de l’art, un choix encore plus difficile pour l’œil esthétiquement apprivoisé. Perversité du « regard esthétique » (qui interprète esthétiquement le monde) ou ambiguïté du réel ? Le choix est ambigu et nécessaire en même temps et interprétation fondamentale dans le sens des choses : parce que le regard esthétique du monde en bouleverse le sens et les rapports. L’art reproduit les schémas et les mécanismes du monde contemporain ou le monde contemporain a assumé les modèles et les schémas des arts et du spectacle ? Selon l’œil esthétique, toutes les images se présentent comme des constructions problématiques à analyser et les situations vécues (de façon détachée) comme performances.

Ces réflexions surgissent face à l’affichage répété et obsessif d’une photo (photocopie ? sticker ?), le visage d’un jeune, dans les rues du Marais. La première réaction, instinctive, est celle d’une spectatrice face à un geste d’une volonté artistique. Mais le doute s’insinue un instant après. Le médium et la forme choisis sont ambigus. Il pourrait s’agir parfaitement d’une personne disparue que quelqu’un est un train de chercher ou de n’importe quelle autre situation dramatique ou d’une blague entre amis. Sois c’est un artiste, sois c’est un geste inconsciemment artistique. Sois c’est le signe d’une tragédie en acte. Peut-être mon regard excessivement esthétique a atteint désormais le summum de la perversité. Tout est dans l’interprétation. Le dure challenge de la contemporanéité.

Il bimbo fenice

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Rue Colbert, Paris 2ème

Un bimbo sorge come un fantasma dal fondo di una nicchia della rue Colbert e fissa i passanti con uno sguardo triste. L’arco inquadrava una finestra su strada. La finestra è oramai chiusa con un pannello di legno, conserva le tracce di un incendio: la finestra murata è diventata nicchia, cornice in cui ci si aspetterebbe un’immagine votiva, tipo una Madonna con bambino, un qualsiasi santo, qualche fiore, forse un cero. E invece, questo bimbo benvestito di bianco, un bimbo di inizio secolo scorso, la posa classica da fotografia ufficiale, questa sagoma di carta, immagine pixelata, figura che potrebbe sparire da un momento all’altro. Il bimbo fenice, è una sorta di spirito che sembra risorgere dalle ceneri. Lo sguardo di rimprovero non smette di interrogare, non ci lascia tranquilli e insinua una sottile inquietudine. E una sensazione di déjà-vu, sono sicura di conoscere già quel bambino, di averlo già visto. Ma non so chi è. La street art e le immagini ossessive. Wanted, ditemi chi è.

Un enfant ressurgit comme un fantôme du fond d’une niche de la rue Colbert et fixe les passants avec un regard triste. L’arc encadrait une fenêtre sur rue. La fenêtre est désormais fermée par un panel en bois, elle garde les traces d’un incendie : la fenêtre condamnée est devenue une niche, un cadre où on s’attendrait d’y trouver une image sainte, genre une Madone avec l’enfant, un Saint quelconque, quelques fleurs, peut-être un cierge. Et non, on y voit cet enfant bien vêtu, en blanc, un enfant du début du siècle dernier, la pose classique de photographie officielle, cette silhouette de papier, image pixelée, figure qui pourrait s’évanouir d’un moment à l’autre. L’enfant-phœnix est une sorte d’esprit qui semble ressurgir des cendres. Le regard de reproche n’arrête pas d’interroger, il ne  nous laisse pas tranquilles et insinue une subtile inquiétude. Et une sensation de déjà-vu, je suis sûre de connaître déjà cet enfant, de l’avoir déjà vu. Mais je ne sais pas qui est-il. Le street art et les images de hantise. Wanted, dites-moi qui est-il.

Louvre underground

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Rue de Lancry, Paris 10ème

Quand l’art urbain défie l’art officiel, quand le musée débarque dans la rue, une galerie du Louvre peut s’improviser sur un pan de mur du Canal Saint-Martin. Le jeu du street art entre l’artiste, le support et le temps, se complique ultérieurement : la confrontation avec le modèle est obligatoire (et quasi toujours sanglante) et l’environnement rentre avec force dans l’œuvre. L’approche avec les maîtres officiels de l’histoire de l’art est souvent irrévérencieuse, l’esprit est celui de la dérision et de l’ironie : sorte de tentative d’assassinat de l’aura de ces œuvres-icônes masquée en hommage artistique. L’environnement complique ensuite la signification et la perception de l’image. Ainsi, Le Radeau de la Méduse de Géricault re-vu par par Jérôme Mesnager glisse doucement sur la rive du canal, transporté par les eaux placides et son drame touche à sa fin. À ses côtés la Joconde siège, imperturbable comme d’habitude, insaisissable mais équipée à toute éventualité, même à l’exondation : l’artiste l’hommageant élégamment d’un tube pour respirer dans l’eau et l’échelle étant à portée de main pour s’envoler soudainement.

Quando l’arte urbana sfida l’arte ufficiale, quando il museo approda sulla strada, una galleria del Louvre può essere improvvisata su un pezzo di muro del Canal Saint-Martin. Il gioco della street art tra l’artista, il supporto e il tempo, si complica ulteriormente: il confronto con il modello è obbligatorio (e quasi sempre sanguinoso) e l’environnement entra con forza nell’opera. L’approccio con i maestri ufficiali della storia dell’arte è spesso irriverente, lo spirito è quello della derisione e dell’ironia: sorta di tentativo di omicidio dell’aura di opere-icone mascherata da omaggio artistico. L’environnement complica in seguito il significato e la percezione dell’immagine. Così, La zattera della Medusa di Géricault rivista da Jérôme Mesnager scivola dolcemente sulla riva del canale, trasportata dalle acque placide e il suo dramma giunge così alla fine. Accanto, la Gioconda campeggia, imperturbabile come al solito, misteriosa ma equipaggiata per ogni eventualità, anche all’esondazione: l’artista omaggiandola elegantemente di un boccaglio per respirare sott’acqua e la scala a portata di mano per fuggire improvvisamente.

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