La subversion (des images) : la culture en grève

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Dans la peau de Germaine Krull (Hommage à Eli Lotar), 2009

La subversion des images : les images peuvent-elles être subversives ? L’art est-il dangereux ? « Changer la vue » (A. Breton) pour changer la vie. La révolution surréaliste – concept au centre de l’exposition au Centre Pompidou – s’est frayée un chemin, de la vue à la vie, de l’art à la réalité et est rentrée de force dans l’actualité, a contaminé le centre Pompidou, se propageant dans les musées parisiens et français. Un mouvement de protestation sans précédent dans la culture contre la suppression de postes et les restrictions budgétaires, pour la sauvegarde de la culture et du service public. Touchés le musée du Louvre, musée d’Orsay, château de Versailles, le centre Pompidou… Un tsunami subversif, un tsunami esthétique : « c’est beau la culture en grève » (citation du blog Louvre pour tous).

La sovversione delle immagini: le immagini possono essere sovversive? L’arte è pericolosa? “Cambiare la vista” (A. Breton) per cambiare la vita. La rivoluzione surrealista – concetto al centro dell’esposizione del Centre Pompidou – ha aperto un passaggio dalla vista alla vita, dall’arte alla realtà ed è entrata di forza nell’attualità, ha contagiato il Centre Pompidou, propagandosi ai musei parigini e francesi. Un movimento di protesta senza precedenti nella cultura contro la soppressione di posti e la restrizione nei finanziamenti per la salvaguardia della cultura e del servizio pubblico. Sono coinvolti il museo del Louvre, il museo d’Orsay, la reggia di Versailles, il Centre Pompidou… Uno tsunami sovversivo, uno tsunami estetico: “la cultura in sciopero è bella” (citazione del blog Louvre pour tous).

La subversion est aussi virtuelle : La grève s’expose, Louvre pour tous sur Flickr; Beaubourg-en-grève sur Facebook… à suivre.

La subversion des images. Surréalisme, photographie, film

La Subversion des images, commissaires d’exposition Quentin Bajac et Clément Chéroux. Exposition inaccessible au Centre Pompidou depuis le 23 novembre 2009…

No limits, no control: Jim Jarmusch

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Jim Jarmusch, serata di presentazione in anteprima del suo nuovo film The Limits of Control, entra nella sala accolto da un’ovazione. La sua introduzione al film è un invito a cancellare ogni aspettativa e a vivere il film come in un sogno o come in preda a un fungo allucinogeno. Il film termina e l’impressione viva è quella di avere preso parte ad un’allucinazione: un elegante sciamano africano dalla tenuta sempre impeccabile, dall’espressività contenuta e rigida di una maschera, guida il film attraverso un periplo dai toni dell’intrigo di spie e traffici internazionali, tra personaggi onirici, frasi e gesti ripetuti come ritornelli ossessivi, come arcane parole d’ordine, gesti criptici, sospende lo spettatore nella ricerca di un senso per quel viaggio, nella sensazione sempre presente di essere ad un passo dalla verità, dalla scoperta di quel senso che tuttavia rimane celato. Concatenazioni improbabili, coincidenze, impressioni di déjà-vu. Elementi legati uno all’altro, in un’apparente percezione di logicità. Ogni passo e ogni gesto sono necessari al successivo. Ogni gesto sembra rivelatore di un disegno più grande, tra predizioni che si avverano e giochi di specchi. Ma nulla è logico. Come in un sogno. Un film strano. Il film che non ti aspetteresti mai da Jim Jarmusch. Un film surrealista, un film europeo. Un film astratto, concettualmente. Ma un film profondamente visivo. Con immagini forti, di una grande potenza evocativa. Un omaggio alla spiritualità e alla creazione nella sua accezione più astratta e immateriale. Non una vendetta ma una rivincita che si consuma, attraverso le mani assassine dello sciamano, sacerdote celebrante di questa allucinazione, dello spirito sopra il potere e il cinismo della necessità materiale.

Jim Jarmusch, soirée de présentation de l’avant-première de son nouveau film The Limits of Control, rentre dans la salle, accueilli par une ovation. En introduisant le film, il invite à effacer toute attente et à vivre le film comme s’il se passait dans un rêve ou sous les effets d’un champignon hallucinogène. Le film termine et la vive impression est celle d’avoir pris part à une hallucination : un élégant chaman africain à la tenue toujours impeccable, à l’expressivité contrôlée et figée comme un masque, guide le film à travers un périple aux tonalités de l’intrigue d’espions et de trafiques internationales, entre des personnages oniriques, des phrases et des gestes répétés comme des refrains obsessifs, comme des mots d’ordre arcanes, des gestes cryptiques. Il suspend le spectateur en une quête du sens de ce voyage, dans la sensation toujours présente d’être près de la vérité, de la découverte de sens qui demeure malgré tout caché. Des concaténations improbables, des coïncidences, des impressions de déjà-vu. Des éléments liés les uns aux autres, dans une apparente perception de logicité. Chaque pas et chaque geste est nécessaire au successif. Chaque geste semble une révélation d’un dessein plus grand, entre des prédictions qui s’avèrent et des jeux de miroirs. Mais rien n’est logique. Comme dans un rêve. Un film étrange. Le film qu’on ne s’attendrait pas de Jim Jarmusch. Un film surréaliste, un film européen. Un film abstrait, conceptuellement. Mais un film profondément visuel. Avec des images puissantes, d’une grande force évocatrice. Un hommage à la spiritualité et à la création dans son aspect le plus abstrait et immatériel. Pas de vengeance, mais une revanche à travers les mains assassines du chaman, prêtre officiant de cette hallucination, de l’esprit sur le pouvoir et le cynisme de la nécessité matérielle.

The Limits of Control, 2009, un film de Jim Jarmusch, avec Isaac de Bankolé, Tilda Swinton, Bill Murray, Paz de la Huerta… Sortie le 3 décembre 2009

La Poupée

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C’è qualcosa d’inquietante, un sentimento tenero e insano al tempo stesso, che mi attira nei vide-grenier: spoglie esibizioni di oggetti nella loro cruda verità, senza nessun orpello decorativo né mise en scène ma solo montagne di oggetti, oggetti en vrac. Cose a cui viene data un’ennesima possibilità, una seconda vita che sembra un’eterna condanna all’inferno, dopo il loro primo vissuto. È, da una parte, un sentimento di repulsione misto ad attrazione per la bellezza ambigua di questi spettacoli di un dépouillement quasi osceno (molto vicino a quello che si prova per certe immagini di cui vorremmo liberarci ma che al tempo stesso non possiamo evitare di guardare e che sbirciamo, pur coprendoci lo sguardo, tra le dita della mano) che mi attira in questi mercatini. In cui s’incontrano oggetti di un’altra epoca, che mi rimandano indietro nel tempo, oggetti che per dei destini tortuosi si ritrovano lì, su un marciapiede, alla mercé del passante, oggetti ormai inservibili, spesso ridotti a frammento. Album di famiglia, collezioni di cartoline, libri, dischi, vestiti, accessori, scarpe scalcagnate e sovente spaiate. Mi spinge al tempo stesso una sorta d’impulsiva pietà nei confronti di quello scempio, quel disfarsi quasi ingrato di oggetti carichi di tempo e memoria, una sorta di volontà filantropica a salvarne almeno alcuni dall’oblio. Nei vide-grenier tutto è coperto da uno strato di polvere uniforme, che impone la ricerca nel mucchio del tempo, il frugare sporcandosi le mani, in un esercizio di scavo d’archeologia urbana.

Questo spettacolo non è certo privo di un certo estetismo e il mio gusto per le associazioni surrealiste vi trova le sue gioie più alte nelle sovrapposizioni incoerenti (ma solo apparentemente) di oggetti che escono trasformati da queste vicinanze elettive, entrano in una dimensione « altra » che trascende la loro realtà di oggetto con una propria funzione ed una propria storia. L’oggetto surrealista per eccellenza, quello che più d’ogni altro condensa quest’ambiguità, con un misto di innocenza, orrore e perversione inquietante è la bambola. Corpo plastico antropomorfo, oggetto che esce dall’universo infantile e ci perseguita con il suo sguardo immoto, corpo ricomponibile e coniugabile, secondo un’infinità di variabili, in un’anatomia soggettiva ed erotica come nelle poupées, oggetti scultorei di Hans Bellmer.

Il y a quelque chose d’inquiétant, un sentiment tendre et malsain en même temps qui m’attire dans les vide-greniers : exhibitions dépouillées d’objets dans leur crue vérité, sans aucune décoration ni mise en scène mais juste des montagnes d’objets, des objets en vrac. Choses auxquelles on donne une énième possibilité, une deuxième vie qui semble une éternelle condamnation aux enfers après leur premier vécu. D’un côté, c’est un sentiment de répulsion mixte à attraction envers la beauté ambiguë de ces spectacles d’un dépouillement quasi obscène (très proche à ce qu’on éprouve pour certaines images dont on voudrait se libérer mais que l’on ne peut pas éviter de regarder, en nous couvrant les yeux, d’entre les doigts de la main) qui m’attire dans ces petits marchés. Où l’on rencontre des objets d’autres époques, qui me repoussent en arrière dans le temps, des objets que pour des destins tortueux se trouvent là-bas sur le trottoir, à la merci des passants, des objets désormais inutiles, souvent réduits à fragment. Des albums de famille, des collections de cartes postales, de livres, de disques, des robes, des accessoires, des chaussures éclaboussées et dépareillées. Aussi, je suis poussée par une sorte de pitié impulsive envers ce massacre, cette « délivrance » presque ingrate d’objets chargés de temps et de mémoire, par une sorte de volonté philanthropique d’en sauver au moins quelques-uns de l’oubli. Dans les vide-greniers, tout est couvert par une couche uniforme de poussière qui impose une recherche dans le cumulus du temps, de fouiller en se souillant les mains dans un exercice de fouille archéologique urbaine.

Ce spectacle n’est pas dépourvu d’un certain esthétisme et mon goût pour les associations surréalistes y trouve ses plus profondes jouissances dans les superpositions incohérentes (mais seulement en apparence) d’objets qui sortent transformés par ces voisinages électifs, et rentrent dans une autre dimension, au-delà de leur réalité d’objet avec une fonction et une histoire. L’objet surréaliste par excellence, celui qui condense le plus en soi cette ambiguïté avec un mélange d’innocence, horreur et inquiétante perversion est la poupée. Corps plastique anthropomorphe, objet qui sort de l’univers enfantin et nous poursuit avec son regard immobile, corps recomposable et conjugable, selon une infinité de variables, en une anatomie subjective et érotique comme dans les poupées, les objets-sculptures de Hans Bellmer.

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Cindy Sherman, Doll Clothes, 1975

éPHéMères

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ÉPHÉMÈRE
F. M. R.
(folie-mort-rêverie)
Les faits, m’errent
LES FAIX, MÈRES
Fernande aime Robert
pour la vie !
ÉPHÈMÈRe
ÉPHÉMÈRES

Louis Aragon, Le paysan de Paris, 1926

« Car c’est aujourd’hui seulement que la pioche les menace, qu’ils (les passages) sont effectivement devenus les sanctuaires d’un culte de l’éphémère, qu’ils sont devenus le paysage fantomatique des plaisirs et des professions maudites, incompréhensibles hier et que demain ne connaîtra jamais. » (Louis Aragon, Le paysan de Paris, 1926 cité par Walter Benjamin dans Le livre des passages).

Royaume de la flâneuse, les passages. La rue sensuelle du commerce, construite exclusivement afin de réveiller le désir (Walter Benjamin). Un lieu qui exerce sur moi une fascination particulière. Mélange de rêverie, signe, mémoire du Paris du XIXe siècle, la capitale déchue, lieu de l’ambigu et de la surprise. Très Dada, les passages. Le surréalisme est né dans un passage. Sur une chose Aragon se trompait, l’éphémère n’est pas disparu et est devenu le signe même, le culte de notre époque. Les passages qui ont survécu restent les sanctuaires de l’éphémère. Au Passage du Grand Cerf, le passage est devenu berceau et vitrine du design et de la communication, l’éphémère par excellence, création immaterielle au pouvoir.

Regno della flâneuse, i passages. Strada sensuale del commercio, fatta solo per risvegliare il desiderio (Walter Benjamin). Un luogo che esercita su di me un fascino particolare. Un misto di rêverie, di segno, memoria della Parigi del XIX secolo, la capitale caduta, luogo dell’ambiguo e della sorpresa. Molto Dada, i passages. Il surrealismo è nato in un passage. Su di una cosa Aragon si sbagliava, l’effimero non è scomparso ed è diventato il segno stesso, il culto della nostra epoca. Ed i passages che sono sopravvissuti continuano ad essere i santuari dell’effimero. Al Passage du Grand Cerf, il passage è diventato culla e vetrina del design e della comunicazione, l’effimero per eccellenza, creazione immateriale al potere.

[I passages di Parigi sono dei "corridoi ricoperti di vetro e dalle pareti rivestite di marmo, che attraversano interi caseggiati, i cui proprietari si sono uniti per queste speculazioni. Sui due lati di questi corridoi, che ricevono luce dall'alto, si succedono i più eleganti negozi, sicché un passage del genere è una città, un mondo in miniatura, nel quale chi ha voglia di fare acquisti può trovare tutto ciò di cui ha bisogno. Durante i rovesci di pioggia improvvisi, i passages diventano il rifugio di tutti i passanti colti di sorpresa, e consentono una passeggiata sicura, benché circoscritta, da cui traggono profitto anche i commercianti" (dalla Guida illustrata di Parigi del 1852 citata in Walter Benjamin, I "passages" di Parigi, ed. it. 2000).]

Sur-reality Show

Un chien andalou, un film de Luis Bunuel, scénario Luis Bunuel et Salvador Dali, Espagne,1929

Spellbound (La maison du Docteur Edwardes), un film de Alfred Hitchcock, États-Unis, 1945 (séquence du rêve dessinée par Salvador Dali)

Occhi, occhi ma per non vedere, una nuvola rasoio su questa vista, sulle immagini che si accavvallano impazzite. L’imperatore, le ancelle vergini date in pasto al drago-imperatore, nani ministro, mignottocrazia, l’imperatrice sovversiva esposta al pubblico ludibrio prima pagina seno nudo, l’imperatore nudo in lifting-tacchi-abbronzatura-toupet, i deputati giullari unghie e denti affilati difendono il loro sacro imperatore, le ministro zinne e sorrisi, deputate veline senza veli. Il pubblico anestetizzato. È il Satyricon, è un film di Fellini. No, è un incubo, è un delirio onirico disegnato da Dali. È un film di Hitchcock. È il più sur-realista dei reality show. Voglio svegliarmi.

Des yeux, des yeux mais pour ne pas voir, un nuage rasoir sur cette vue, sur les images qui se chevauchent. L’empereur, les vierges sacrifiées au dragon-empereur, les ministres nains, mignottocrazia, l’emperatrice subversive exposée en première page les seins nus, l’empereur nu en lifting-talons-bronzage-postiche sur la tête, les députés bouffons ongles et dents tranchants en défense de leur empereur sacré, les ministres nichons et sourires, les députées veline sans voiles. Le public anesthésié. C’est le Satyricon, c’est un film de Fellini. Non, c’est un cauchemar, un délire onyrique dessiné par Dali. C’est un film d’Hitchcock. C’est le plus sur-réaliste des reality shows. Je veux me reveiller.