Beat Takeshi Kitano Gosse de peintre

Takeshi Kitano ha un genio proteiforme, libero da complessi. Non si dà e non ha limiti, segue l’istinto, senza timori riverenziali, crea e tocca tutto, insaziabile. … continue

Achille et la tortue de Takeshi Kitano


Achille et la tortue, un film de Takeshi Kitano, Japon, 2008 (1h59) avec Takeshi Kitano, Kanako Higuchi, Yurei Yanagi…

Hilarant et touchant, entre fable et réalité. Takeshi Kitano, dans la peau d’un artiste raté, livre une réflexion – hyperbolique et paradoxale – sur le monde de l’art. Il pousse à la limite les mécanismes de l’art contemporain, ses excès, ses recherches à tâtons, ses évolutions sans fin et sans but apparent. Surtout, sa futilité. Une image féroce. L’art n’est un univers organique et valide que si on y plonge complètement, on y adhère entièrement, on en fait sa propre foi, sa propre obsession, si on reste replié sur soi-même ensemble avec sa propre passion, en laissant le monde dehors. L’art est un jeu sérieux. Une percée de la réalité peut détruire sa logique et sa validité. Le combat éternel avec l’éthique, le concret ronge l’esprit. Les sempiternels doutes sur l’utilité de consacrer sa vie à l’art. Takeshi Kitano provoque cette percée sur la non-logique de l’art. Avec une simple phrase. « En Afrique, entre une boulette de riz et un Picasso, l’on choisirait la boulette de riz. L’art est une illusion ». Je ne sais pas si je vais m’en remettre. Au fond. L’art est un jeu, un enfantillage sans doute par conséquent, tautologiquement. Le jeu est un truc d’enfant. Je ne veux pas grandir.

Esilarante e toccante, tra favola e realtà. Takeshi Kitano, nei panni di un artista fallito, consegna una riflessione – iperbolica e paradossale – sul mondo dell’arte. Spinge ai limiti i meccanismi dell’arte contemporanea, i suoi eccessi, le sue ricerche a tentoni, le sue evoluzioni senza fine e senza obiettivo apparente. Soprattutto, la sua futilità. Un’immagine feroce. L’arte è un universo organico e valido solamente se vi si immerge completamente, vi si aderisce interamente, facendone la propria fede, se si resta ripiegati su se stessi insieme alla propria passione, lasciando il mondo fuori. L’arte è un gioco serio. Uno squarcio sulla realtà può distruggere la sua logica e la sua validità. L’eterno combattimento con l’etica, il concreto, rode la mente. I dubbi sempiterni sull’utilità del consacrare la propria vita all’arte. Takeshi Kitano provoca questo squarcio nella non-logica dell’arte. Con una semplice frase. “In Africa, tra una palla di riso e un Picasso, sceglierebbero la palla di riso. L’arte è un’illusione”. Non so se potrò rimettermi. In fondo. L’arte è un gioco, un infantilismo senza dubbio, di conseguenza, tautologicamente. Il gioco è una cosa da bambini. Non voglio crescere.

Takeshi Kitano l’iconoclaste, Retrospective au Centre Pompidou du 11 mars au 26 juin 2010 / Beat Takeshi Kitano, Gosse de peintre, Fondation Cartier, du 11 mars au 12 septembre 2010