À l’époque de la fertilité apprivoisée, où le secret de la vie semble dévoilé et maîtrisé, où la nature est droguée, violée, bridée, stérile, fertile ou sur-fertile à plaisir, les grossesses pilotées, les enfants crées à la commande, les brebis clonées, l’art envahissant, hypertrophié et les artistes prolifèrent, la création enchaine la destruction : comment rester fertiles, malgré tout ? Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger construisent un univers éphémère fait d’une nature métamorphique, polymorphe, où les formes jaillissent, se croisent donnant naissance à des êtres hybrides sortis d’une fantaisie à la vigueur spontanée d’une forêt tropicale.
All’epoca della fertilità addomesticata, in cui il segreto della vita sembra svelato e padroneggiato, la natura è drogata, imbrigliata, sterile, fertile o iperfertile a piacimento, le gravidanze pilotate, i bambini creati alla domanda, le pecore clonate, l’arte invadente, ipertrofica e gli artisti proliferano, la creazione porta in sé la distruzione: come rimanere fertili, malgrado tutto? Gerda Steiner & Jörg Lenzlingercostruiscono un universo effimero composto da una natura metamorfica, polimorfa, in cui le forme scaturiscono, si incrociano facendo nascere degli esseri ibridi usciti da una fantasia dal vigore spontaneo di foresta tropicale.
Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, un film d’Apichatpong Weerasethakul, Thaïlande, 2010 (1 h 54) avec Thanapat Saisaymar, Jenjira Pongpas, Sakda Kaewbuadee. Palme d’or au Festival de Cannes 2010.
Il y parfois des beautés qui nous laissent muets. Il n’y pas forcément des raisons pour les aimer, pas d’espace pour la raison. Davantage de l’art vidéo que du cinéma. Se laisser emporter par la beauté des images. C’est juste beau.
Ci sono a volte bellezze che lasciano muti. Non ci sono per forza delle ragioni per amarle, uno spazio per la ragione. Più video art che cinema. Lasciarsi trasportare dalla bellezza delle immagini. È semplicemente bello.
Le rythme serré, cadenzato de baguettes qui frappent sur des stores baissés, instrument musical improvisé. Stores qui s’entrouvrent, laissant percer des bribes de lumière. L’intérieur d’une maison. Les reflets sur le plafond d’une maison inondée. En dehors, les eaux du Mississippi. Musique et silence. Lumière et obscurité. Extérieur, intérieur. Une narration rythmée sur les contrastes qui raconte la dévastation dans la Nouvelle Orléans après le passage de Katrina (A Man Screaming is not a Dancing Bear, 2008). … continue
Abstraction géométrique povera. Formes construites par un procès de « paupérisation » du processus artistique : de la peinture en spray, de la vidéo low-tech. Simplification qui entraîne la désagrégation des utopies avant-gardistes véhiculées auparavant par l’abstraction géométrique. Humanisation de la parfaite rigueur, réduction de l’élan révolutionnaire, idéaliste, comme dans un mouvement de repliement sur soi-même, vers une mystique plus intimiste.
Astrazione geometrica povera. Forme costruite attraverso un processo di pauperizzazione del processus artistico: della pittura spray, del video low-tech. Semplificazione che comporta lo sgretolamento delle utopie avanguardiste veicolate in passato dall’astrazione geometrica. Umanizzazione del rigore perfetto, riduzione dello slancio rivoluzionario, idealista, come in un movimento di ripiegamento interiore, verso una mistica più intimista.
Florian & Michaël Quistrebert, Mary-u-wanna, Galerie Crèvecœur, 4 rue Jouye-Rouve, Paris 20e jusqu’au 31 juillet 2010
An unscientific point of view on the beginning and evolution of life … and how it could probably end.
Une vie naturelle des formes, images qui donnent naissance à d’autres images, images qui contiennent d’autres images. Images vivantes qui arpentent les murs, les parcourent. Les murs deviennent écran.
Una vita naturale delle forme, immagini che partoriscono altre immagini, immagini che contengono altre immagini. Immagini viventi che camminano sui muri, li percorrono. I muri diventano schermo.
Il y a d’abord cette atmosphère raréfiée, pure – comme dans un tableau flamand – à travers laquelle les détails se détachent, les physionomies, les couleurs émergent avec force, dans les œuvres de Rineke Dijkstra. … continue
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