Marina Abramovic, Art must be beautiful… Artist must be beautiful…, 1975 (extrait)

« Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroirs, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l’homme deux fois plus grande que nature. Sans ce pouvoir la terre serait probablement encore marécage et jungle. Les gloires de nos guerres seraient inconnues. Nous en serions encore à graver sur des os de moutons de maladroites silhouettes de cerfs et à troquer des morceaux de silex contre des peaux de brebis ou contre quelque ornement simple qui satisferait notre goût encore vierge. Les surhommes et les Doigts du Destin n’auraient jamais porté de couronnes, ou ne les auraient jamais perdues. »

Virginia Woolf, Une chambre à soi, 1929

Nouvel accrochage temporaire des collections permanentes du Centre Pompidou, cette fois-ci sous le signe du féminin. Protagonistes, les femmes artistes. L’exposition restitue toute la complexité de l’être femme et artiste en équilibre précaire entre la revendication de son propre rôle dans la société et dans l’art et une tension plus universelle, la participation à la construction d’une vision plus ample d’une pensée sur le monde. Un hommage légitime, juste, dû. Des confirmations, des découvertes, beaucoup de matériel (voir le site dédié à l’expo). Et un constat. Cette manifestation se constitue comme un territoire neutre, une oasis dans l’histoire de l’art et dans l’art tout court, un cadre où les femmes sont finalement au centre. Elle rappelle vaguement une sorte de zone protégée, de réserve éphémère dédiée à la protection et à l’observation d’une espèce rare. Une réserve éphémère au caractère manifestement exceptionnel et transitoire. Elles vs eux?

Nuovo accrochage temporaneo delle collezioni permanenti del Centre Pompidou, questa volta nel segno del femminile. Protagoniste, le donne artista. La mostra restituisce tutta la complessità dell’essere donna e artista in equilibrio precario tra la rivendicazione del proprio ruolo nella sociétà e nell’arte e una tensione più universale, la partecipazione alla costruzione d’una visione più ampia d’un pensiero sul mondo. Un omaggio legittimo, giusto, dovuto. Delle conferme, delle scoperte, molto materiale (vedi il sito dedicato alla mostra). E una constatazione. Questa manifestazione si costituisce come un territorio neutro, un’oasi nella storia dell’arte e nell’arte tout court, una zona in cui le donne sono finalmente al centro. Ricorda vagamente una sorta di area protetta o di effimera riserva dedicata alla protezione e all’osservazione d’una specie rara. Una riserva effimera, di carattere chiaramente eccezionale e transitorio. Elle contro loro?

elles@centrepompidou, Centre Pompidou, Paris 4ème