Yvon Lambert quitte New York

J’apprends, par le blog d’Élisabeth Lebovici, de la décision de Yvon Lambert de « prendre plus de distance avec la vie de galeriste ». C’est ainsi qu’en juin la galerie de New York fermera ses portes. Je profite pour la célébrer avec des photos prises au mois de janvier, lors de mon séjour new-yorkais, au moment de l’exposition L’insoutenable légèreté de l’être.

Vengo a sapere, attraverso il blog di Élisabeth Lebovici, della decisione di Yvon Lambert di “prendere della distanza dalla mia vita di gallerista”. Chiuderà così all’inizio del mese di giugno la galleria di New York. Ne approfitto per celebrarla, con delle fotografie scattate a gennaio, durante il mio soggiorno newyorkese, al momento dell’esposizione L’insostenibile leggerezza dell’essere.

L’insoutenable légèreté de l’être, Galerie Yvon Lambert, 550 West 21st Street, New York

Roman Opalka, poétique de la disparition

L’art comme un rite quotidien, exercice de patience et précision monacales. L’acheminement d’une œuvre et d’une vie vers la lumière, le blanc absolu.

Le temps dans sa durée et dans sa création et le temps de notre effacement, être à la fois vivant et toujours devant la mort, c’est cela le vrai “suspense” de tout être vivant, présence d’une conscience, d’un raccourci, d’être déjà là en traçant cette seule réalité. Cette perception est un prolongement, une ouverture qui s’élargit sur le monde sans écarter la jouissance, mais toujours avec l’idée omniprésente de la nature propre à la vie, à son écoulement, à son émiettement comme et avec chacun, afin que les questions sur le vécu puissent donner une concordance lisible de la même réalité, de sorte que la pensée ne soit pas seulement mienne et que l’on puisse se rencontrer dans notre unus mundus.

Le gris est le noir et le blanc. Il exprime l’unité du mouvement des couleurs. Il exclut le dualisme et manifeste le tout. Le gris est universel. Il porte toutes les couleurs, à l’image du spectre des couleurs en mouvement. Mais le gris est neutre : je le remplis avec le vécu de ma vie. Le gris n’est pas une couleur symbolique, il est devenu pour moi celle du mouvement non visible. Sur ce fond gris, il y a ma vie : le contraire d’une couleur froide, indifférente ; il est la couleur de mon sacrifice pictural, étalé par la conduite du concept, son mouvement et son temps. Aux grands pôles, aux extrêmes du noir du premier Détail et du blanc sur blanc, le sfumato d’une existence : la couleur peut devenir mortellement émotionnelle. Roman Opalka

L’arte come un rito quotidiano, esercizio di pazienza e precisione monacale. La traiettoria di un’opera e di una vita verso la luce, il bianco assoluto.

Il tempo nella sua durata e nella sua creazione e il tempo del nostro cancellarsi, essere allo stesso tempo vivente e sempre davanti alla morte, è questa la vera “suspense” di ogni essere vivente, presenza di una coscienza, di un collegamento, di essere già lì tracciando questa sola realtà. Questa percezione è un prolungamento, un’apertura che si allarga sul mondo senza scartare la gioia ma sempre con l’idea onnipresente della natura vera della vita, del suo scorrere, del suo sbriciolamento con chiunque e come per chiunque, affinché le domande sul vissuto possano dare una concordanza leggibile della stessa realtà, in mondo che il pensiero non sia solo mio e che ci si possa incontrare nel nostro unus mundus.

Il grigio è il nero e il bianco. Esprime l’unità del movimento dei colori. Esclude il dualismo e manifesta il tutto. Il grigio è universale. Porta tutti ii colori, all’immagine dello spettro dei colori in movimento. Ma il grigio è neutro: lo riempio con il vissuto della mia vita. Il grigio non è un colore simbolico, è diventato per me il colore del movimento non visibile. Su questo fondo grigio, c’è la mia vita: il contrario di un colore freddo, indifferente; è il colore del mio sacrificio pittorico, steso attraverso la condotta del concetto, il suo movimento e il suo tempo. Ai grandi poli, agli estremi del nero del primo Dettaglio e del bianco su bianco, lo sfumato di un’esistenza: il colore può diventare mortalmente emozionale. Roman Opalka

Roman Opalka, Passages, Galerie Yvon Lambert, 108 rue Vieille-du-Temple, Paris 3e, du 4 septembre au 9 octobre 2010

Vincent Ganivet, maîtriser le déséquilibre

Trajectoire impossible, elle dessine le cou d’un dinosaure. Construction pliée dans une courbe innaturelle, poussée au bout, et arrêtée un instant avant la chute, figée dans une pérenne tension.

Traiettoria impossibile, disegna il collo di un dinosauro. Costruzione piegata in una curva innaturale, spinta fino in fondo, fermata un momento prima della caduta, fissata in una tensione perenne.

Vincent Ganivet, galerie Yvon Lambert (espace librairie), 108 rue Vieille-du-Temple, Paris 3e

Unfruchtbare Landschaften : Anselm Kiefer à la galerie Yvon Lambert

La vision tragique de paysages monochromes, anesthésiés, stériles (Unfruchtbare Landschaften). … continue

Jason Dodge chez Yvon Lambert

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Des objets du quotidien, isolés ou mis en relation entre eux, créent un nouveau langage, contradictoire, énigmatique : deux ampoules dialoguent, face à face, … continue

Michael Brown chez Yvon Lambert

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Brouillement du sens, du statut des objets : Michael Brown crée des installations, recrée des environnements à travers la composition d’objets issus de la vie quotidienne, de la société de consommation, façonne des objets. Le brouillement du sens vient de l’inversement significatif du geste artistique : l’artiste n’emprunte pas l’objet en soi, pour le décontextualiser, le déplacer et à travers ce geste lui conférer le statut d’objet artistique – ready made. Michael Brown emprunte à la fois l’objet et le concept et le transforme avec des matériaux reproduisant l’apparence de l’originel. Il le transfigure, en fait un double, ressemblant mais pas interchangeable. Dépouillé du vécu, de toute utilité, « poli », cet objet nouveau, conceptualisé, a le pouvoir d’une idole, d’un totem. Il catalyse l’idée, devient image métaphorique, miroir qui désigne l’objet et la société qu’il représente. Une chaise pliante de jardin entourée par des canettes vides, polies : reconstruction aseptique d’une scène triviale, de post-consommation, de loisir à bas prix, elle reproduit une image désolante de vanitas, une représentation poignante de la société de consommation.

Offuscamento del senso, dello statuto degli oggetti: Michael Brown crea delle installazioni, ricrea degli ambienti attraverso la composizione di oggetti provenienti dalla vita quotidiana, della società dei consumi, modella degli oggetti. L’offuscamento del senso deriva dall’inversione significativa del gesto artistico: l’artista non prende a prestito l’oggetto in sé, per decontestualizzarlo, spostarlo e attraverso questo gesto conferirgli lo statuto di oggetto artistico – ready made. Michael Brown si appropria al tempo stesso dell’oggetto e del suo concetto e lo trasforma con dei materiali che riproducono l’apparenza dell’originale. Lo trasfigura, ne fa un doppio, simile ma non intercambiabile. Spogliato del vissuto, d’ogni utilità, lucidato, quest’oggetto nuovo, concettualizzato, ha il potere di un idolo, di un totem. Catalizza l’idea, diventa immagine metaforica, specchio che designa l’oggetto e la società che esso rappresenta. Una sedia pieghevole da giardino attorniata da delle lattine vuote, lucidate: ricostruzione asettica di una scena triviale, di una post-consumazione, di piacere a basso costo, essa riproduce un’immagine desolante di vanitas, una rappresentazione feroce della società dei consumi.

Michael Brown, Galerie Yvon Lambert, 108, rue Vieille du Temple, Paris 3ème du 13 février au 27 mars 2010